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Black Bomb A – Black Bomb A

Black Bomb A aura connu son apogée avec un Speech of Freedom ravageur. Un pavé dans la gueule bien costaud, qui voyait le chanteur Arno, nouveau venu, imposer un contraste vocal intéressant avec son compère Poun. Le groupe aura sans grande surprise présenté quelques difficultés à négocier le virage post-Arno, malgré une réintégration temporaire du hurleur d’origine Djag le temps d’un correct From Chaos. De retour depuis Comfortable Hate, dernier brûlot en date, le chanteur à la voix rocailleuse a permis à Black Bomb de retrouver son explosibilité et sa dynamique. Pour autant, le groupe y faisait preuve de quelques maladresses. Ce septième album éponyme corrige définitivement le tir. Le disque bastonne, point.

Tout groupe affichant un casier déjà bien chargé est amené à un moment à se questionner sur son approche de l’écriture. Rester frais et percutant s’avère forcément moins évident après quelques albums installés en maîtres-étalons dans l’esprit de son public. Certains n’hésitent pas à réinventer leur son, à complexifier la composition ou à se risquer vers des terrains de jeux totalement nouveaux, qu’ils soient mainstream ou non. Black Bomb a de son côté un peu évolué par la force des choses, ses improbables changements de vocalistes – Djag puis Arno, re-Djag, Shauny et enfin re-Arno – ayant conférés à certains albums une touche plus punk-hardcore qu’à d’autres. Avec cet éponyme, le groupe fait la synthèse de son parcours sans jamais se prendre la tête. Le quintet avoue très franchement avoir amorcé les sessions d’écriture avec des idées plus alambiqués avant de se décider à bourrer dans le lard. Tout simplement. Il ressort de tout cela un feeling live bien appuyé, une volonté de déglinguer les tympans et de se faire plaisir. L’album est concis, direct, bardé de morceaux qui ne dépassent même pas la barre des trois minutes mais affichent l’essentiel sans détours. Rythmique mitraillette, riffs incisifs, basse ultra-groovy et mixée bien en avant, Black Bomb A retrouve clairement la fougue de ses débuts. La prod’ monstrueuse en plus.

Les lignes de chant imposent un ping-pong à s’en vriller les cervicales. Le binôme Poun / Arno fonctionne à plein régime, là ou Comfortable Hate souffrait de 2-3 coups de mou, et ne s’impose surtout aucune formule téléphonée du style couplet hurlé / refrain clair. Rassurez-vous, le sautillant Poun se garde quelques envolées mélodiques, mais ne fait pas de la chose un passage obligé – un morceau comme « Wake Up », avec moins de 2 minutes au compteur, en est totalement dépourvu –. Les titres gagnent en spontanéité et les contrastes s’imposent sans jamais être forcés. Assez redoutable, les deux larrons connaissant leur grammaire. La dualité bien marquée entre le timbre rauque d’Arno et les hurlements speed et aiguës de Poun offre plus que jamais à Black Bomb cette étiquette un peu crossover, à mi-chemin entre punk, hardcore et metal.

En onze titres, Black Bomb A livre un album calibré pour la scène. On pourra noter que ce celui-ci n’amène rien de véritablement neuf, c’est un fait. La grande majorité du public du quintet s’en foutra royalement, et appréciera le disque pour ce qu’il est : une bastos d’adrénaline brute et in your face.

.: Tracklist :.

  1. Arrogance
  2. Brand New Pleasure
  3. Civil War
  4. Bulletproof
  5. My Last Resort
  6. Kill Yourself
  7. Greed
  8. Brainwashed
  9. Fight The System
  10. No Time To Say Goodbye
  11. Wake Up

 

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