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Quicksand – Bring On The Psychics

Difficile de surestimer l’empreinte laissée par Quicksand sur la scène hardcore depuis sa formation à New York en 1990. Né des cendres de groupes mythiques de la scène straight edge new-yorkaise (Gorilla Biscuits, Youth of Today…), le trio composé du guitariste-chanteur Walter Schreifels, du bassiste Sergio Vega (qui fera un passage chez Deftones) et du batteur Alan Cage a contribué à l’émergence de la scène post-hardcore. Après deux chefs-d’œuvre publiés sur major dans les années 90, Slip (1993) et Manic Compression (1995), le groupe se sépare au sommet de son art avant de renaître en 2012, donnant naissance aux ambitieux Interiors et Distant Populations. Cinq ans après ce dernier opus, Quicksand revient le 17 juillet via Equal Vision Records avec Bring On The Psychics, leur sixième album studio. Produit en seulement dix jours par Jon Markson (Drug Church, Drain), ce nouvel effort se présente comme un pont sonore entre le Quicksand viscéral des années 90 et le versant plus expérimental de leur période récente. Une ambition périlleuse que nous allons découvrir ensemble.

Les deux premiers singles dévoilés, « Get To It » et « Regenerate », posent immédiatement le ton et marquent un retour aux sources frontal. Quicksand renoue avec une énergie directe, presque cathartique, héritée des disques qui ont nourri Schreifels à ses débuts. Le frontman l’assume volontiers, évoquant le désir de retrouver cet esprit « break down the walls » caractéristique des disques hardcore fondateurs, tout en y greffant l’inévitable « mosh part ». « Get To It » est un manifeste contre la procrastination, un mantra contre l’inertie ; « Regenerate », plus introspectif, parle de se relever après les coups durs que la vie inflige inévitablement. Deux faces d’une même médaille thématique : le mouvement, le refus de l’immobilité, qu’elle soit mentale ou existentielle.

Là où Bring On The Psychics surprend, c’est dans son amplitude stylistique. De l’énergie proche de Snapcase sur « Get To It » au shoegaze planant de « Crystallize », le groupe couvre un spectre étonnamment large sans jamais cesser de sonner comme Quicksand. La virtuosité technique reste évidemment au rendez-vous ; les lignes de basse imparables de Sergio Vega sur « Cool Guy », la batterie dynamique d’Alan Cage sur le morceau qui donne son titre à l’album. Sur « Days You Run To », le groupe ose vraiment s’aventurer en terrain inattendu. Schreifels lui-même évoque une ballade aérienne dans la veine des moments les plus apaisés de Fugazi, révélant ce qu’il appelle joliment « le côté Pink Floydien de Quicksand », une nouveauté qui n’avait jamais été pleinement intégrée à un album studio.

Plus de trente ans après leurs débuts, Quicksand ne se contente ni de capitaliser sur sa légende, ni de chercher à se réinventer artificiellement. Bring On The Psychics tient sa promesse : il rappelle pourquoi le groupe a marqué le post-hardcore tout en confirmant qu’il a encore quelque chose à dire. Un album à attendre fermement le 17 juillet.

quicksand bing on the psychics

.: Tracklist :.

  1. Get To It
  2. Regenerate
  3. Agency
  4. Crystallize
  5. Supercollider
  6. In Full Color
  7. Days You Run To
  8. Cool Guy
  9. Moving Forward
  10. Bring On The Psychics

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