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Interview : Cachemire à Woodsocx Festival 2025, le 25 juillet 2025 à Socx (59)

Je suis avec Freddy et Farid, ce soir, qui m’ont fait l’honneur d’une interview. Vous voilà revenus au festival Wood Socx, seulement deux ans après votre précédent passage. Avez-vous gardé un bon souvenir de votre dernier concert ici ? 

Fred Bastar : Non ! Non, nous on vient, là où on est payé. Les dates, on s’en fout. Suivant ! (Il plaisante et Farid rit). Non, mais bien sûr ! C’était cool, je m’en souviens. En plus, il y a un mec qui s’est fait tatouer, le lendemain, le logo Cachemire sur son cou. C’est pour ça qu’on se souvient vraiment de cette date ! 

Farid Chanhih : (Il s’adresse à moi) Ouais, et c’était toi-même ! C’était une belle date. De toute façon, quand on vient jouer dans le Nord, c’est hyper accueillant. 

Fred Bastar : Tous les coins de la France sont cool, mais c’est vrai que dans le Nord, il y a un esprit fraternel.

On va justement y venir, parce que, durant cette tournée, vous passez plusieurs fois dans le Nord et le Pas-de-Calais avec Annequin (62), Caudry (59), Socx (59) aujourd’hui, Étaples (62) demain, et Orchies (59) à l’automne. Aimez-vous particulièrement le public du Nord ? 

Fred Bastar : Je crois que c’est le public du Nord qui nous aime bien, en fait. Du coup, il nous accueille. Du coup, on vient. Donc, c’est un échange. Mais c’est vrai que, nous, on va là où on nous appelle, en fait ! On y va avec plaisir.

En juin dernier, vous avez mis le feu devant 25.000 personnes au Hellfest. Comment vit-on cela quand on est un groupe dont le nombre de fans ne cesse de croître ? 

Fred Bastar : Comment vit-on cela ? C’était un vrai exercice, en fait. Parce qu’on n’était pas forcément attendu sur une scène comme le Hellfest. C’était court, que trente minutes. On n’a pas eu le temps d’apprécier toutes les gifles. Le fait qu’il y ait beaucoup de monde, qu’on soit sur une énorme scène… Une des plus grosses qu’on n’ait jamais faite, et peut-être qu’on ne refera jamais. Qu’il y ait 25.000 personnes dès 11 heures du matin. C’est un mélange de plein de trucs. Du stress, parce que c’était un rendez-vous où on nous attendait. Donc cette date a défilé. Franchement, là où vraiment j’en ai profité, c’était quand on a eu l’avancée de scène. Et, à la fin, on a soufflé : “On l’a fait !”. On l’a fait plutôt bien, même si on aurait pu faire mieux parce qu’on n’était pas hyper satisfait de notre prestation. On a flippé. On s’est retrouvé comme lorsque nous avions 18 ans à passer le BAC, quoi. Donc, le profit, c’est lorsque tu vas voir tes résultats. Tu vois ce que je veux dire ?

Depuis le Hellfest, vous vous êtes produits dans d’autres endroits, et devant moins de spectateurs. Aujourd’hui à Socx, par exemple, 3.000 festivaliers sont attendus. N’est-ce pas trop difficile de jouer devant une jauge plus petite ? 

Fred Bastar : Non, c’est l’inverse, même ! C’est plus difficile de jouer dans une jauge plus grande. Même si on doit parler de difficultés. En fait, ça fait partie de la musique, surtout dans le milieu du rock’n’roll. On peut très bien se retrouver dans un café-concert, puis sur une grosse scène. En fait, chaque truc a ses qualités, ses défauts. Mais le Hellfest a la qualité d’avoir un truc énorme et d’avoir beaucoup de gens. Par contre, ça a aussi des inconvénients : On ne joue que trente minutes, on joue le matin, les gens ne sont pas forcément là pour nous. Sauf qu’on était content. Parce que 25.000 personnes à 11 heures, on sentait qu’on était attendu. Aujourd’hui, oui, en effet, il y a moins de monde. Mais le festival est plus familial. C’est complètement différent, en fait. On va se retrouver à 23 heures, avec des gens qui, je pense, viennent aussi pour nous voir. Donc, ça fait plaisir. En fait, on fait de la musique pour le partage. Il y a dix ans, jouer devant 3.000 personnes, être payé pour ce qu’on fait. De la compo. J’en parle, parce qu’être payé pour de la reprise, c’est un peu plus simple. Mais faire de la compo, être payé pour notre métier, arriver à 23 heures, dans le Nord, à sept heures de route de chez nous, avec des gens vont chanter nos titres… Elle est où la difficulté ? C’est juste magique, c’est ce dont on rêvait quand on était môme. Donc oui, il y a le plus qui fait qu’on joue devant 25.000 personnes durant le Hellfest… Mais c’est comme quand tu déballes tes cadeaux de Noël, tu vois ? Tous les cadeaux sont cool. Tu en as un qui est un peu plus gros que les autres, et c’est celui que tu vas retenir. J’entends. Mais le petit, aussi, il est cool. Et les 50 balles de Mamie, c’est pas mal ! 

Farid Chanhih : Il n’y a pas de petit. Pour nous, Socx ce soir, je n’estime pas que ce soit un petit festival. Même si, il y deux ans lorsqu’on était venu, la scène était un peu plus petite, ça accueillait autant de personnes, il me semble. Je ne me souviens plus. 

Fred Bastar : Tu sais, chez nous à Nantes, Le Ferrailleur accueille 300 personnes. Je ne vais pas dire que je kiffe autant, mais les petits clubs d’hiver, on kiffe ça ! C’est hyper chaleureux, ça pue la sueur. C’est génial ! Et on adore aller en studio. On fait de la musique, en fait. Tu sais, même brancher la guitare chez moi, dans mon salon, je kiffe aussi. 

Farid Chanhih : Ce sont deux ambiances bien différentes, que ce soit jouer devant 25.000 ou 300 personnes. 

Fred Bastar : Tu sais, tout le temps faire du 25.000, je pense aussi que tu peux oublier d’où tu viens. Il faut un équilibre. 

(S’en suit une note d’humour entre les deux protagonistes. Fred dit que, si Farid venait à monter une boîte de paysagiste, il le suivrait. Farid poursuit l’humour en imitant le bruit d’un camion benne reculant où Fred serait derrière armé de son râteau).

Vous enchainez les dates pour ce Reset_Warm_Up_Tour_25. Quel est votre secret pour dégager autant d’énergie sur scène et garder la forme ? 

Farid Chanhih : La drogue mon pote ! (Il plaisante). 

Fred Bastar : La drogue, c’est le public ! Je t’avoue que j’ai un peu de soucis de cordes vocales en ce moment. J’en chie un peu. Mais on n’est pas là pour se plaindre. Quand le public chante tes titres, qu’il est chaud, c’est ça qui dégage de l’énergie. Bizarrement, même si on est crevé quand on arrive à l’hôtel, tu n’as pas envie de dormir. Tellement on te donne de l’énergie. (Il fait la différence entre son métier et ceux manuels et difficiles où personne n’applaudit les ouvriers après une dure journée, le tout dans la bienveillance). Quand tu fais des grosses scènes où tu n’as personne devant, où même au début, lorsque nous faisions des cafés-concerts avec juste deux personnes devant nous, tu rentres crevé. Même si tu n’as joué qu’une demi-heure. Tu es crevé, parce que, toute l’énergie que tu as dépensé à composer des titres et que tu as envie de les partager, et là tu joues en plein hiver… On en a eu des dates comme ça ! Tu es crevé, et tu te demandes : “Pourquoi je fais ça ? Pourquoi je passe autant de temps à composer des titres, à répéter avec les gars, pour, au final, jouer devant deux pèlerins qui n’en ont rien à foutre de ta gueule ?” C’est dur ! Là (il désigne le festival du soir), on te renvoie de l’énergie. C’est comme quand tu fais l’amour. Si ta femme ou ton mec kiffe l’échange, tu as envie de donner, donner, donner… 

(Ils poursuivent la comparaison avec ceux qui exercent des métiers difficiles. Qui ne sont jamais acclamés pour ce qu’ils font. Alors que, eux sont payés pour faire de la musique et se produire devant leur public. Ils montrent un respect énorme pour eux).

Après le succès de “Pied au plancher”, beaucoup craignaient que vous deviendriez moins accessibles auprès des fans. Comment faites-vous pour continuer à satisfaire chacun d’entre eux ? 

Farid Chanhih : On va les saluer, chez eux, tous les jours de la semaine. On loue une bagnole chez “Loc & co.”, d’ailleurs. On les remercie. Et on va les voir, tous les matins. Dans chaque ville. C’est épuisant ! C’est pour ça qu’on est crevé quand on arrive sur scène. (Il plaisante avant de se reprendre). Je vais te dire un truc. On a pris l’habitude, et j’espère que ça arrivera durant toute notre carrière, c’est d’aller, avant chaque festival, à la rencontre des festivaliers. Et les gens sont hyper bienveillants. Ils ne sont pas chiants. Ils ne viennent pas couper la parole quand on est en train de discuter avec quelqu’un. 

Fred Bastar : On a eu l’effet Hellfest qui a été assez chelou. Dans mon bled, une petite soirée a lieu tous les ans. Entre 2 et 300 personnes. Barbecue, des groupes qui jouent. Je vis à la campagne. Des gens, que je connais pourtant depuis que je suis môme, sont venus me prendre en photo à mon insu ! J’étais un peu surpris, voire même gêné. Pourtant, nous sommes toujours les mêmes, on n’a pas bougé. On pue toujours autant la sueur !

À la fin de chaque représentation, vous faites un heureux, souvent parmi les enfants, en lui offrant l’honneur de vous rejoindre sur scène. Comment est née cette idée ? 

Fred Bastar : Je pense qu’on aurait rêvé, à leur âge, de profiter de ça. On voit des gosses qui sont là, jusqu’à minuit, minuit et demi, et qui sont crevés. La musique est un moment de partage qui est énorme, et qui donne une banane énorme. Donc, je pense que les petits doivent voir ce qu’il se passe dans la vraie vie, plutôt que ce qu’on leur apprend à l’école. Je suis anti-école, je suis anti-éducation nationale. Oui, je l’assume. Je pense, sincèrement, que les cours qui devraient y avoir, dès la primaire, c’est : Qu’est-ce qu’être heureux ? Comment faire pour avoir le sourire dès qu’on se lève le matin ? Comment faire pour avoir le sourire quand on se couche le soir ? Avant de leur apprendre ce que sont des problèmes. Les enfants ont 7-8 ans, ils ne savent pas ce que veut dire le mot “problème”. Mais, en mathématiques, on leur apprend : “Alors, on va résoudre des problèmes !”. Sincèrement, je suis vraiment en colère contre ça. Et quand on voit des gamins monter sur scène, je déconne mais il y a toujours une part de vérité dans l’humour, quand je leur dis : “Tu vas quitter l’école”, c’est justement pour leur faire prendre conscience que la vie c’est ça ! La vie, ce n’est pas d’avoir des problèmes pour que derrière tu payes ton crédit quand tu iras à l’usine. J’exagère un peu, mais c’est un peu le cas. La vie, c’est : Regarde ce que te donnent les gens, le bonheur qu’ils te donnent, ils sont contents d’être là. Prends toute cette énergie pour avoir un but dans la vie. C’est une philosophie de vie, mais je pense que c’est assez profond, quand même, de faire monter un enfant sur scène. Et je suis un peu déçu, parfois, quand ils montent à quinze ou vingt. C’est cool, mais ils ne le vivent pas de la même manière. Quand il n’y en a qu’un, il prend, et bizarrement il le transmet aux autres enfants qui rêveraient d’être à sa place. Et ça me fait rebondir sur le prochain titre qui va sortir dans une semaine (annoncé le 1er août sur les réseaux sociaux). On a bossé avec des personnes en situation de handicap pour le clip. Justement, la musique, quel bonheur ! Parce que ça leur donne une joie. Pour nous tous, il y a eu un côté fédérateur. On a oublié les roues de fauteuil. Et c’est pareil pour les gosses car on oublie les âges. On oublie tout. Et on prend de l’énergie en pleine gueule.

C’est vrai que, pour revenir aux personnes en situation de handicap, il existe l’histoire de Cyrielle, liée à la vôtre. C’est un bel exemple de vie. Malgré le poids important de son fauteuil roulant motorisé, vous l’aviez portée pour la faire monter sur scène avec vous. C’était la plus heureuse. Vous ne faites aucune différence pour personne. C’est le pied pour des fans qui vivent votre musique. Pour vous, petit, grand, gros, maigre, tout le monde est pareil. Et ça, c’est génial !

Dans le reportage « Dans la mire de Cachemire », visible sur YouTube, les fans relataient une anecdote en rapport avec vous ou lors d’un concert. Et vous, avez-vous des anecdotes avec eux à nous raconter ? 

Fred Bastar : On ne peut pas dire ça ! Disons que certains risquent de quitter leur femme. Ou leur femme va les quitter. Tu vois ce que je veux dire ? C’est délicat. Je plaisante. On a des gens qu’on retrouve souvent, tu en fais partie. Matthias, qu’on a croisé tout à l’heure, on le voit souvent. Cyrielle, tu en parlais, aussi. Bruno (qui filme l’interview), c’était un fan avant de devenir le roi du merchandising. Ce qui gravite autour de Cachemire, ce sont des gens qui nous suivent et qui deviennent, d’ailleurs je n’aime pas le mot “fan”, des potes. On a de la chance, même quand on joue à Paris, de se retrouver avec des Montpellierains, des Strasbourgeois, des Lillois, des Nantais… Je ne sais même pas pourquoi, mais il y a même, et Bruno en fait partie, des gens qui sont devenus potes entre eux en venant nous voir. Je pense à Rico qui venait souvent aux concerts, Olivier qui est devenu son témoin de mariage ! Ils sont devenus hyper potes, hyper proches. Et ça, c’est en lien avec le groupe. 

Farid Chanhih : Il y a peut-être même des histoires d’amour qui sont nées grâce à Cachemire.

Durant cette tournée, vous jouez plusieurs titres de votre nouvel album, qui sortira le 10 octobre prochain. Vous gardez, toutefois, des morceaux des précédents opus. Comment se fait la sélection de ce que vous proposez ? 

Fred Bastar : Des morceaux sont plus taillés pour les albums. D’autres le sont plus pour les live. Après, on voit la réaction du public. Lors de la date à La Maroquinerie où tu étais présent, on a testé six ou sept titres du nouvel album. On a vu que, pour certains, ça marche direct. Pour d’autres, non. Et ça, on n’arrive pas à le maîtriser. Tu vois, “Pied au plancher”, je le voyais bien en album. Je ne pensais pas que ça allait marcher en live. Il n’était même pas prévu de le jouer en live. Quand on l’a joué à La Maroquinerie, tout le monde nous a parlé de ce titre. Du coup, on l’a joué au Hellfest. Là encore, tout le monde nous en a parlé. On joue ce qui sort de nos mains et de notre bouche, et de notre cerveau surtout. Il y a des titres, on y croit à mort. Le titre le plus écouté de Cachemire, c’est “Moi être roi”. On n’a jamais mis ce titre-là en avant, pourtant. Et d’autres pour lesquels on y croyait, on ne les a jamais joués sur scène. 

Farid Chanhih : D’où ce petit Warm_Up_Tour avant la vraie tournée qui partira dès la sortie de l’album, le 10 octobre. Cela permet de tester pas mal de choses. Avant de refaire ce fameux set ficelé qui sera taillé pour cette nouvelle tournée. Là, on s’amuse. On s’amuse bien, et on va s’amuser aussi après. Mais là, on a une petite liberté qui est cool, parce qu’on teste plein de choses. C’est ça qui est drôle. C’est pour ça qu’on cherche un peu et qu’on testera encore après. On ne se ferme aucune porte. 

Fred Bastar : Bizarrement, l’album précédent ‘Dernier essai’ a un peu moins marché en termes d’écoutes. Mais en live, il marche mieux que les autres. Donc, tu vois, il y a des albums qui sont plus taillés pour le live. Tu vois, un titre comme “Adam”, je pense qu’il est bien de l’écouter au casque ou dans sa chaîne hi-fi, tranquille, et de lire les paroles, quoi. Peut-être qu’il y aura de l’émotion en concert, mais je ne suis pas certain. La même chose pour “Ma gueule”, qui va sortir dans une semaine : je pense que c’est plus un titre d’album que de live. Peut-être que je me plante, on verra ça.

Dans votre répertoire, y a-t-il une chanson que vous souhaitez jouer systématiquement, et pourquoi ? 

Fred Bastar : J’ai envie de dire “Moi être roi”, c’est le rendez-vous de tout le monde, quoi.

Alice vous a rejoint cette année. Vous avez troqué votre bon vieux cuir pour une jolie robe blanche. L’apport d’une touche de féminité dans votre univers testostéroné a-t-il changé vos habitudes de vie au sein du groupe ? 

Fred Bastar : Très souvent, des gens nous disent : “C’est bien, vous avez pris une nana”. Non, ce n’est pas vrai. On a pris une guitariste. En effet, c’est une nana. Mais on n’a pas pris une nana pour une nana. On l’a croisée sur une date dans le Nord, d’ailleurs. À Bergues. Sincèrement, je suis tombé amoureux de son jeu et de sa façon d’être. Ensuite, elle a fait notre première partie au Trianon pour nos dix ans. Mais si Alice Animal s’appelait Aurélien Animal, c’était la même chose. On est dans une ère, où j’ai l’impression que, des fois, on prend des nanas pour des nanas. Ce n’est vraiment pas de l’hypocrisie que je fais. En effet, après, on s’est dit : “En plus, c’est une fille, c’est cool, ça va nous faire du bien”. Mais, à la base, si c’est une nana qui ne joue pas terrible, et qui ne correspond pas à l’esprit du groupe, on ne lui aurait pas proposé. Pour certains, on est des potes d’enfance. Si on commence à se filtrer parce qu’il y a une nana – des fois, on a l’humour graveleux – dans le camion, on est des potes et on va se titiller dans la “bofitude”, mais on est comme ça. On ne va pas se filtrer parce qu’Alice est arrivée. Maintenant, elle nous connait. En effet, ça doit être compliqué pour elle, au début. Mais de toute façon, le naturel revient au galop. Et puis, quand on fait une heure et demie de concert comme ce soir, on a quasiment vingt heures de camion. C’est surtout la vie dans le camion qui compte, et à l’hôtel. On ne va pas arrêter de se marrer. 

Farid Chanhih : De toute façon, c’est toujours compliqué d’intégrer notre groupe, pour une personne qui vient de l’extérieur. Même pour un technicien. Fatalement, nous en plus, on a ce lien d’amitié qui est là depuis X années. Donc, je comprends que, quand elle est arrivée, ça n’a pas dû être facile. Mais, on l’a accueillie dans la bienveillance, en voulant l’intégrer. On n’a pas pris un musicien, tu vois, en se disant : “Il nous faut un musicien”. Non, elle a été choisie. C’est ce que disait Fred. Maintenant, elle arrive dans un truc qui est plus que formé. Elle est arrivée après la composition et l’enregistrement de l’album. 

Fred Bastar : On l’a choisie pour la tournée. On lui a proposé ça, Sven était crevé. On lui a proposé de descendre l’album pour la tournée. Elle a son projet, aussi. Qu’elle va reprendre un jour ou l’autre. Elle ne met pas tout de côté. C’est une histoire, un jour, qui s’arrêtera. Elle est libre, c’est le deal. Là, elle prend l’autoroute avec nous, elle fait un bon bout de chemin avec nous. C’est génial, ça fait aussi partie des échanges dans la vie.

Paradoxalement, 2025 est à retour à vos racines, à la terre nourricière de Cachemire : Vous revenez au rock pur, simple et percutant. Quel(s) message(s) cherchez-vous à faire passer sur scène en jouant ce rock ? 

Farid Chanhih : Il faudrait écouter l’album pour te le dire, mais on ne va pas tout te spoiler. Déjà, les messages que tu as entendus sont fédérateurs. Ce sont plutôt des messages de joie. Ne pas aller trop dans la mélancolie. Tu prends “Pied au plancher”, par exemple, dont on parle depuis tout à l’heure. Nous, ça nous a surpris. Il n’empêche que ça rassemble, ça parle à tout le monde. 

Fred Bastar : Les messages, en tout cas dans les textes que j’ai envie d’écrire, c’est ce qui me touche le plus. Maintenant, il n’y a pas vraiment une ligne directrice. “Adam” parle d’identité sexuelle, dans le milieu de l’enfance. “Pied au plancher” parle aux gens qui ont peur de franchir le pas. Il y a ce qui me vient là, et que j’écris… 

Farid Chanhih : Tu as eu “Reset”, “Suis-moi baby”, pour l’instant. 

Fred Bastar : “Suis-moi baby” parle aux quarantenaires. 

Farid Chanhih : Tant mieux que ça parle. Tant mieux pour le rock français. Et tant mieux qu’il y ait de plus en plus de monde qui viennent nous voir aux concerts. On est hyper reconnaissant. Mais tant mieux que ça plaise à tout le monde.

Un grand grand merci à vous !

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