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All Them Witches – House of Mirrors

Depuis leur formation à Nashville en 2012, All Them Witches ont toujours cultivé une forme d’inclassabilité revendiquée. Ni vraiment stoner, ni complètement psychédéliques, ni purement blues rock, les quatre musiciens, Charles Michael Parks Jr. à la basse et au chant, Ben McLeod à la guitare, Allan Van Cleave aux claviers et Christian Powers désormais à la batterie, ont creusé leur sillon à coups d’albums devenus références dans la scène rock américaine, de Lightning at the Door (2013) à Dying Surfer Meets His Maker (2015), en passant par Sleeping Through the War (2017). Leur consécration critique est venue avec Nothing as the Ideal en 2020, encensé par la presse spécialisée et suivi de tournées mémorables aux côtés de Mastodon, Primus ou Ghost. Mais en 2024, l’aventure a bien failli s’achever brutalement avec le départ du batteur cofondateur Robby Staebler. Le 29 mai prochain, le groupe publiera chez BMG son septième album, House of Mirrors, fruit d’une période trouble dont il ressort transformé.

L’histoire derrière House of Mirrors est celle d’une résurrection. Après le départ de Staebler, Charles Michael Parks Jr. et Ben McLeod s’interrogeaient ouvertement sur la suite à donner au groupe. L’arrivée de Christian Powers à la batterie, initialement pensée comme un dépannage pour honorer quelques dates déjà programmées, a tout changé. Au bout de deux soirs sur scène ensemble, l’évidence s’est imposée : il restait quelque chose à dire, quelque chose à prouver. Cette urgence retrouvée traverse House of Mirrors de part en part. Le single « Starting Line » en livre un aperçu touchant : un enregistrement capté dans une configuration minimaliste, Parks et McLeod partageant un même micro, voix et guitares acoustiques mêlées, sans artifices.

Pour habiller cette énergie nouvelle, le groupe s’est tourné vers Eddie Spear (Zach Bryan, Jesse Welles), retrouvant un complice qui avait déjà œuvré sur Sleeping Through the War. L’enregistrement, réalisé en moins d’une semaine aux célèbres Blackbird Studios de Nashville, contraste avec une phase de pré-production particulièrement approfondie, la plus aboutie de leur carrière selon McLeod. Le choix d’un matériel analogique vintage et d’une approche directe donne au disque un grain organique, presque charnel, qui sied parfaitement à la patte du groupe. La consigne semble avoir été simple : que la guitare cogne, en permanence, sans détour. Une promesse qui transparait dès le titre introductif, « Red Rocking Chair », avec son solo de guitare explosif.

Parks décrit l’album comme une réflexion sur ces rôles que le monde nous attribue dès la naissance, ces attentes qu’il faut apprendre à briser pour suivre sa propre voie. Quitter le foyer, affronter le regard des autres, naviguer dans un monde déboussolé en gardant son cap moral : autant de questionnements qui prennent une résonance particulière à l’écoute de « The Welterweight ». Quelques notes de piano, une mélodie élégante, et cette ligne de chant qui amène à l’introspection ; voilà un titre qui nous rappelle qu’All Them Witches en a encore sous la pédale, un groupe au talent infini.

Plus de cinq ans après leur dernier disque, All Them Witches reviennent avec un album qui n’a rien d’un exercice de style. House of Mirrors sonne comme un album indispensable !

all them witches house of mirrors

.: Tracklist :.

  1. Red Rocking Chair
  2. Culling Line
  3. Aethernet
  4. Hold Up, Say What?
  5. Go-Getter
  6. Starting Line
  7. Turn On the Light
  8. Angel on the Wayside
  9. The Welterweight
  10. Saturn Song

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