Puis un jour, le rêve devient réalité. Celui de proposer un concert à La Cigale, dans cette magnifique salle parisienne aux sublimes moulures qui la caractérisent. Celui non pas d’y vendre quelques tickets, mais de voir la jauge des 1.472 spectateurs atteinte et d’être fier d’annoncer une date sold out. Ce rêve de Cachemire, les fans l’ont exaucé en dansant, slamant, et en chantant dans cet espace de 1.200 m².
Il y a 10 ans, Cachemire était invité par le groupe Elmer Food Beat pour assurer sa première partie à La Cigale. Déjà à l’époque, Fred Bastar et sa bande avaient des rêves plein la tête et des étoiles plein les yeux en voyant autant de personnes venues en nombre pour ce concert. Manou et ses potes les avaient alors encouragés à continuer de bosser, parce qu’un jour ça serait leur tour. Ils avaient vu juste, car ce soir c’est complet !
Il est à peine 14h00, en ce samedi 31 janvier 2026, quand Cachemire publie une vidéo dans sa story. À la fois étonnés et amusés, ils montrent des fans déjà présents à l’extérieur de La Cigale. Les portes n’ouvrant qu’à 18h45, ceux-ci comptent bien être les premiers à s’approprier une place de choix, au niveau de la crash barrière, pour ne lâcher aucune miette du concert. La foule s’accroît, le long du trottoir du boulevard Marguerite de Rochechouart. Certains souhaitent avoir la chance de rencontrer le groupe au stand de merch’, comme proposé sur le programme diffusé sur les réseaux sociaux.
Pour sa première partie, Cachemire fait confiance à Howard. Le trio parisien, adepte du rock alternatif, avait suivi en 2025 des ateliers proposés par Bands-Camp, la première communauté des musiciens émergents. À l’issue, Fred Bastar en personne leur avait proposé d’assurer leur première partie à La Cigale. Dès les premières notes, le public est aspiré. L’interaction fonctionne à merveille : les bras se lèvent, les mains se tapent entre elles, et les premiers pogos naissent dans la fosse. Howard a tout donné, laissant derrière lui un niveau d’ambiance déjà très haut et la satisfaction de Cachemire de les avoir choisis.
Le rideau se referme, le temps de l’entracte, pour permettre le changement de plateau. Les spectateurs ne le voient pas, mais Fred Bastar en profite pour se balader de long en large. Comme il l’avoue, c’est la première fois qu’il monte sur scène derrière un rideau pour sentir l’adrénaline. Quand il s’ouvre, la puissance des cris du public prend une dimension inédite. Cette puissance semble comme emmagasinée par le groupe. Tous de blanc vêtus, ils la restituent, tel un smash au tennis à l’aide de leur instrument, dans une interprétation de « Moi être roi » puis de « Je » si intense qu’elle a dû se faire entendre sur le quai de la station Pigalle, juste en dessous de La Cigale.
La mise en scène, vigoureusement travaillée par le groupe afin de proposer le top de la qualité ce soir, offre à la fois un concert grandiose, mais aussi un véritable spectacle sur le plateau. Les fans en prennent plein les oreilles et plein les yeux. Tour à tour, Fred Bastar et Alice Animal se relaient au centre de l’immense triangle inversé. Côté cordes, Seb Le et Ron Godd se mettent en mouvement, comme pour s’accompagner les uns les autres au fil des titres joués. La batterie de Farid Chanhih est surélevée, et suffisamment éclairée pour voir la passion l’animer. Côté fosse, les pogos entraînent ceux qui espéraient rester tranquilles à la crash barrière, derrière laquelle se trouve le point d’atterrissage de tous ceux qui slament.
Parmi les guests, Corentin Pujol accompagne Cachemire sur « Ma gueule » et « À l’ancienne ». Le claviériste de Mathieu Chedid pianote en agissant sur une barre de vibrato, montée sur son instrument. Sur « Sexy beat », Fred Bastar a convié Tanguy Kerleroux, alias Teka. Le guitariste phénomène, qui s’était fait remarquer en reprenant les titres du dernier album « Suffit juste d’une seconde », déchaîne instantanément la foule en se positionnant en front de scène. Sur « L’animal », un autre guitariste assure le show en la personne de Yarol Poupaud, qui avait été musicien de Johnny Hallyday. Une belle accolade entre lui et Fred Bastar sera d’ailleurs immortalisée à la fin du spectacle.
Cachemire à La Cigale, c’est également une soirée riche en émotions. La présence d’un quatuor à cordes sur scène y contribue d’ailleurs beaucoup. Sur un hypnotisant « Adam », des frissons électrisent tout le corps en le parcourant, tandis que sur un profond « Seul », des larmes coulent sur les joues de certains spectateurs. Que dire aussi de cette version symphonique de « La nuit je mens » ? Alain Bashung aurait très certainement aimé y assister. Son pouvoir était si envoûtant que les paroles ont été reprises à l’unisson par presque 1.500 personnes. Fred Bastar s’est même fait plaisir en s’asseyant sur le bord de la scène, guitare sur lui, afin de contempler le spectacle offert par ses fans.
Chanté en chœur avec son public, « Pied au plancher » rappelle à Fred Bastar que ce titre fait désormais partie des incontournables de son répertoire. Les paroles émanent de partout, même des balcons. « Chanson pour sépulture » conclut la setlist. Comme pour remercier la fosse de ne rien avoir lâché pendant une heure trente, le chanteur y plonge pour slamer joyeusement. Les acclamations n’en finissent plus, les révérences non plus. Ce soir, il ne s’agissait pas d’un concert de Cachemire parmi tant d’autres, mais très certainement du plus beau de toute leur existence.

























Crédits photos : David Pawlak

.: Setlist :.
- Moi être roi
- Je
- Ma gueule / guest Corentin
- À l’ancienne / guest Corentin
- Sexy beat / guest Teka
- Suis-moi baby
- Mouscash
- La nuit je mens / cordes
- Adam / cordes
- Ces voix / cordes
- Seul / cordes
- La veste
- Pied au plancher
- L’animal / guest Yarol
- Chanson pour sépulture
Kashmir / Quatuor


