Godspeed You ! Black Emperor au TNB.

C’est au mois de mai dernier que l’on apprenait la nouvelle, l’emblématique groupe de post rock canadien Godspeed You ! Black Emperor nous offrait le plaisir de venir jouer à Rennes au Théâtre National de Bretagne.
Le choix de la salle nous a paru étonnant car le TNB n’a pas accueilli de concert depuis très longtemps, 25 ans pour être exacte.
Le changement de direction récemment opéré au TNB a certainement permis d’initier un rapprochement avec l’association des Transmusicales, coorganisateur de cet événement et c’est tant mieux.
En tout cas, le public a répondu présent car les 924 places sont parties vite, très vite.
C’est donc devant une salle comble que se présente seule la jeune saxophoniste danoise Mette Rasmussen pour assurer la première partie. Elle va pendant une trentaine de minutes en solo enchaîner des morceaux improvisés dans un style « free jazz ». Que l’on aime ou non, on peut difficilement rester insensible devant l’énergie qu’elle déploie.
L’entracte sera de courte durée, les lumières s’éteignent à nouveau pour laisser place au mystérieux collectif canadien Godspeed You ! Black Emperor.
L’entrée sur scène sera lancinante sur fond de drone avec pour illustration visuelle la projection vidéo du mot « Hope ». On a l’impression que l’on est en train de vivre une préparation au décollage comme dans un avion. Vous savez ce moment où l’habitacle de l’avion commence à vibrer et que les sourires du personnel de bord vous laissent l’espoir que tout va bien se passer.
Un part un, les 8 musiciens qui vont nous faire voyager montent sur scène et forment un cercle. Quelques applaudissements se font entendre, mais la majorité du public est déjà bien assise dans son fauteuil comme figée prête à embarquer dans l’univers apocalyptique des canadiens.
Le décollage se fera avec « Bosses Hang », morceau divisé en 3 parties sur le dernier album sorti mais qui s’écoute en un seul tenant.

Si le collectif Canadien entretient le mystère à bien des égards (peu de communication et de promotion, peu de photos du groupe et de leur concert), il y a un aspect sur lequel le mystère n’est plus à lever, c’est la construction de leurs morceaux. C’est le calme avant la tempête, le crescendo façon Godspeed si facilement reconnaissable tant il y a d’équilibre dans la longueur entre le bruitisme, les percussions et les harmonies. La recette fonctionne depuis cinq albums, et elle continue de fonctionner sur ce sixième album sorti chez Constellation Records il y a quelques semaines.
GY!BE enchaînera sur le second triptyque de son dernier album « Anthem for no State ». Le son est puissant plutôt bien équilibré malgré parfois un peu trop de grosse caisse. On pouvait s’attendre à un son explosif mais le vivre dans une si grande salle avec une vidéo projection constante collant parfaitement à l’univers des morceaux c’est vraiment impressionnant.
Finalement le seul bémol à nos yeux se jouera au milieu du set, avec le titre « Undoing a Luciferian Towers », plus bruitiste, plus déconstruit, il sert d’introduction au dernier album. Pour l’occasion, Mette Rasmussen revient sur scène dos au public. Ce passage moins emballant sera de courte durée.
En effet les premières notes de « Moya » ont à peine résonné que l’on entend un cri dans le public. Un fan des premières heures très certainement qui se réjouit d’avance. En effet, GY!BE fait le choix surprenant de clôturer son concert par les 2 morceaux de l’EP « Slow Riot For New Zerø Kanada » qui les a fait connaître en 1999.
Le collectif canadien avait mis une bonne grosse claque à pas mal de monde à l’époque en sortant cet EP marqué notamment par l’engagement anticapitaliste voir anarchiste de ses membres.
GY!BE nous offre donc un final déchaîné associant le morceau « BBF3 » et des images d’émeute du dernier G20. 18 ans après la sortie de cet EP, le monde n’a certainement pas évolué comme GY!BE l’aurait souhaité et ils sont là pour nous le rappeler.

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