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It Came From Beneath, l’interview.

Amateurs de gros son, ne passez pas à côté de Clair-Obscur, le dernier opus du groupe de deathcore lyonnais It Came From Beneath disponible depuis le 26 octobre.

Le 30 novembre au Black Dog (Paris), entretien avec Lorenzo, guitariste du groupe de deathcore lyonnais It Came From Beneath, dont le nouvel album, Clair-Obscur, est sorti le 26 octobre 2018 sur Send The Wood Music / Season Of Mist.

Lorenzo tu as rejoint le groupe récemment. As-tu participé à la composition et l’enregistrement de l’album ?

C’est un peu compliqué. J’ai participé à l’album mais pas sur la composition. Je suis arrivé il y a deux ans et demi et à ce moment là, Etienne et Alexis, mon prédécesseur, venaient de finir les pistes de guitare enregistrées chez Etienne, dans son studio. Je n’ai donc pas composé mais je me suis impliqué dans le mix et le master ainsi que dans la promo de l’album.

C’est étonnant que le guitariste ait quitté le groupe à ce moment là !

Oui même moi je me suis posé la question quand on m’a proposé de rejoindre le groupe. Pourquoi partir alors que l’album est composé et enregistré ? Le travail sur Clair-Obscur s’est éternisé et Alexis avait une dead-line, il devait partir à Budapest. Etienne, l’autre guitariste, est parti juste avant la release party et on a dû trouver un guitariste à l’arrache qui a appris les morceaux en vitesse. Ça a été beaucoup de stress parce qu’on voulait faire quelque chose de sympa mais au final on s’en est sorti pas trop mal. Les guitaristes qui ont composé l’album ne font donc plus partie du groupe aujourd’hui. Le challenge sera encore plus grand pour le prochain. On a deux guitaristes maintenant, Paul, qui a joué pour la release party, est resté dans le groupe.

Pourquoi cinq années entre le premier album When No Light Remains et Clair-Obscur ?

C’est surtout entre le dernier Ep The Last Sun et Clair-Obscur que ça a été un peu long. Pour Clair-Obscur, on a passé beaucoup de temps sur le mix de l’album, le master, sur les prises guitare parce qu’on a voulu vraiment faire un son de guitare qui nous était propre. Quand je suis arrivé dans le groupe, on venait de finir les guitares et on attaquait la batterie et le chant, dans les six mois l’album était terminé en terme d’enregistrement et j’avais l’impression qu’il allait sortir très rapidement et il est sorti seulement deux ans plus tard. On a été très exigeants sur ce qu’on voulait, remettant sans cesse en question ce qu’on avait fait jusqu’à maintenant. Sur le mix on repris certaines choses à chaque fois jusqu’à arriver à un point où on se disait que modifier encore ça n’améliorait pas, ça rendait différent. On a mis du temps avant d’avoir le recul nécessaire pour se dire qu’on ne ferait pas mieux et arrêter de reprendre le mix après chaque écoute.

J’ai eu un peu le rôle de l’oreille extérieure puisque je suis arrivé au moment où tout ce qui était figé en terme de composition devait être jugé par quelqu’un d’autre, c’est à ce moment là que j’ai écouté les morceaux, j’ai donné mon ressenti et c’est moi qui leur ai dit au bout d’un moment « je comprends que vous vouliez aller encore plus loin dans le projet mais c’est la dixième version du mix en deux semaines, on ne fera pas mieux, ce sera juste différent ».

Qu’est-ce que tu as pu apporter sur des titres déjà composés?

En concert je suis libre d’apporter certains changements. Quand on m’a demandé mon avis sur le mix j’ai essayé de respecter leurs choix même si c’était assez nouveau puisque je découvrais l’identité du groupe mais j’avais une oreille différente et j’avais envie que certaines choses sonnent plus moderne. Par exemple Julien est très typé old school sur certains groupes comme At the Gates et moi j’ai un côté très djent, très progressif donc c’était un peu l’opposé et en même temps je pense que c’est ce qui fait qu’on a un album qui sonne très différent du reste. Certaines choses vont sonner très moderne et d’autres très old school. C’est un peu là où j’ai apporté quelque chose.

Avant d’intégrer ICFB tu jouais dans un groupe ? De metal extreme ?

J’ai  joué dans deux groupes avant. Un de metalcore et l’autre de metal alternatif. Le deathcore n’était pas mon style , j’en écoutais un peu mais sans plus. Avec ICFB je me suis mis à en écouter et maintenant c’est une de mes sources d’inspiration principale.

Quels groupes en particulier écoutes-tu ?

Thy Art Is Murder, Fit for an Autopsy, j’adore Aversions Crown aussi et plus récemment le dernier Chelsea Grin alors que je n’aimais pas du tout ce groupe jusqu’ici.  Ça m’a vraiment ouvert l’esprit. Avant j’étais plutôt djent, metal progressif comme TesseracT ou Periphery et même si j’aime toujours autant, j’ai envie de jouer autre chose. C’est ce que j’aimais dans plein de groupes mais réuni dans un seul style. J’adorais les blast-beat, le côté extrême du death et du black metal, j’adorais le metalcore pour les breakdown et du coup le deathcore c’est un peu un mélange de tout ça et j’ai vraiment trouvé mon compte là dedans. Et je me demande maintenant pourquoi je n’en écoutais pas avant.

Pourquoi ce choix du metal comme mode d’expression ?

Au moment où le deathcore a émergé avec des groupes comme Suicide Silence, je pense que Julien a voulu se lancer dans ce style parce qu’il n’était pas très bien exploré en tout cas pour la scène lyonnaise et il avait envie de faire un truc un peu nouveau, quelque chose que les gens n’attendaient pas forcément et on en est restés là. Je ne sais pas si on peut parler de mode dans le metal parce que s’il y a bien un style qui se fiche des modes c’est le metal mais même si maintenant la « mode » est moins au deathcore, nous on adore toujours ce style même si Clair-Obscur se sépare un peu du deathcore dans certains titres. Beaucoup de gens qui n’aiment pas forcément le deathcore nous disent avoir bien aimé certains titres et c’est ce qui nous fait encore plus plaisir.

On peut revenir sur le nom du groupe ?

It Came From Beneath est tiré d’un film d’horreur des années 60. Le nom complet je crois que c’est It Came From Beneath The Sea mais c’était déjà bien trop long donc on l’a coupé. Ce nom long et un peu complexe le rend accrocheur pour des français. Moi j’ai adoré ce nom et quand on m’en a reparlé pour les auditions ça a tilté tout de suite même si c’est un groupe que j’avais écouté deux ans avant.

Le thème des chansons est sombre. Qui compose les textes ?

Uniquement Léo notre chanteur. Il n’y a pas vraiment de fil conducteur dans l’album mais il y a toujours un côté sombre parce que je pense que cet album, notamment au chant, c’est une thérapie pour tout le monde et c’est l’introspection qui décrirait le mieux les paroles. Ce sont des thèmes sombres mais avec toujours le sentiment d’aller chercher au fond de soi même. C’est un album très personnel au chant, ça a permis d’aider notre chanteur à exprimer des choses sur lesquelles il ne savait pas forcément mettre d’idées concrètes. C’est là où c’est une force je pense, tout le monde peut interpréter les paroles comme il le sent  par rapport à son expérience, des choses qui se sont mal ou bien passées dans sa vie.

Sauf qu’avec ce chant hurlé on a quand même du mal à comprendre les paroles. Ce n’est pas un peu frustrant ?

Oui un peu mais ça encourage à ouvrir le Cd pour regarder le booklet ou à chercher les paroles sur internet. Dans ce style, ce qu’on va chercher en live c’est la performance vocale. Léo met ses tripes en studio comme en concert, il finit totalement essoufflé. Il est très réservé et en concert il se libère. Vocalement parlant ce qu’il cherche c’est vraiment la performance, recréer ce qu’il a fait sur CD.

Toi tu cherches quoi en live ? A partir dans des digressions à la guitare ou à rester fidèle à l’enregistrement studio ?

Je veux m’amuser, passer un bon moment. Sur scène je joue à côté de Nico notre bassiste et on a des automatismes qui se créent, on rigole souvent en concert pour les mêmes choses. Quand on a envie que tout le monde bouge en même temps et que ça marche, on est super fiers. Je n’ai pas envie d’être pris pour quelqu’un qui fait des solos à 1000 km/heure, ça ne m’intéresse pas forcément. Ce que je recherche, c’est vraiment la cohésion du groupe, voir qu’à nous cinq on arrive à créer quelque chose mais en gardant la personnalité de chacun.

Des projets de scène pour défendre cet album ?

On est en plein booking, on commence à avoir des dates en France et une tournée en Angleterre début avril pour cinq dates. On aura probablement une tournée de 18 dates en Europe en tour support d’un groupe assez connu mais je ne peux pas en dire plus pour le moment.

C’est grâce au label ?

Oui, c’est par l’intermédiaire de notre label, notamment Adrien de Send The Wood qui fait aussi le management et nous dégote toujours des plans géniaux. On aimerait sortir trois clips en 2019, dont un sur « Clair-Obscur » qui est certes un titre de l’album mais pas comme on a fait jusqu’à maintenant, on voudrait quelque chose de très visuel, très artistique où on ne verra pas le groupe. L’idée c’est vraiment de renforcer l’image de Clair-Obscur et de l’identité de l’album.

Un mot sur l’artwork avec cette pochette originale.

C’est le travail d’Annick Ropert, artiste peintre, tante de Julien notre batteur. On avait l’idée d’un clair obscur, on savait que l’album tournerait autour de ce thème. Julien a simplement demandé à sa tante de créer un Clair-Obscur. Elle avait carte blanche. Elle a réalisé les peintures et dès qu’on a vu le résultat, on a compris que c’était exactement ce qu’on voulait. C’est pour ça d’ailleurs qu’il n’y a même pas notre nom sur la pochette mais simplement la signature, le Clair-Obscur. On en est très fiers, ça appuie vraiment l’idée qu’on avait de l’album et c’est un projet collaboratif. Notre musique d’un côté, l’artwork de l’autre et c’est ensemble que ça donne Clair-Obscur.

Quel est le titre de l’album selon toi qui résume le mieux le groupe ?

« As The World Eats Itself » est selon moi le mélange de toutes les influences du groupe avec beaucoup de leads, de couches de guitares qui enrichissent le morceau. Complexe, dense avec une sorte de légèreté à certains moments bien que ce soit du deathcore C’est un titre qui résume bien l’album.

Pourquoi ce Clair-Obscur ?

Parce qu’on trouvait que tous les titres étaient assez opposés dans leur construction et même au sein d’un titre il y a beaucoup d’éléments opposés. Et puis, depuis le début du groupe, il y a toujours eu des sujets qui tournaient autour de la lumière, avec l’album When No Light Remains ou l’Ep The Last Sun. J’adore l’idée des allégories de la lumière. C’est un album sombre, ça permet de faire l’oxymore avec clair obscur. Le titre « Clair Obscur » au milieu de l’album, apporte un côté plus léger. L’album est dense, lourd, avec des titres assez longs pour du deathcore et, sans forcément le vouloir, ce titre nous a semblé bienvenu. A la base ça devait être un interlude de cinquante secondes et au final ils l’ont développé pour faire le morceau « Clair Obscur ». C’est un de mes titres préférés de l’album parce qu’il prend tout le monde à contrepied. Ce n’est pas l’image d’un groupe de deathcore et c’est ce que je trouve génial.

Il y a deux invités sur l’album, tu peux m’en dire un peu plus ?

Julien (il nous a rejoints pour la fin de l’interview) : Johan Girardeau est le chanteur de Céleste, un groupe lyonnais plus dans le registre du post-black/sludge. On se connaît depuis des années, il n’a pas pour habitude d’accepter les featurings, au départ c’était mal engagé et je ne le remercierai jamais assez de l’avoir fait parce que c’est super cool. Et le deuxième c’est Jean-Claude Van-Doom de Cult of Occult (groupe de sludge/doom lyonnais), de très bons amis à nous, ça le bottait bien de venir sur un titre et ça a bien fonctionné.

Ils sont venus à la relase party ?

Malheureusement c’était compliqué parce que Céleste jouait ce soir là et Cult of Occult sont aux Etats-Unis. Il y a toujours l’option de rajouter ça en back tracking mis c’est un peu dommage.

Lorenzo : mais on avait quand même deux invités, Mike, le tout premier chanteur de ICFB et notre guitariste, qui venait de partir, est venu jouer aussi. Ça a quand même eu le petit côté familial qu’on voulait.

Les gens partent mais restent proches du groupe donc.

Julien : oui et c’est ça que je trouve vraiment super. Sur la dernière tournée, quand on était passé à Budapest, notre ancien guitariste, Alexis, qui est parti vivre là-bas, est monté sur scène et a joué avec nous.

Lorenzo : ICFB c’est les membres actuels et tous ceux qui ont contribué.

Julien : moi je suis le rescapé, j’ai monté le groupe et je suis toujours là. Même avec les ingés son c’est vraiment une famille et Adrien, le patron de Send the Wood notre label, c’est aussi un membre de ICFB pour moi.

Le mot de la fin ?

Julien : Lorenzo tu es viré ! (rires) non s’il se barre, je le tue !

Merci à Lorenzo, Julien et Roger de Replica pour ce sympathique échange !

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