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Report The Darkness à la Cigale le 26 janvier 2020

Dire que j’attendais le concert de The Darkness relève de l’euphémisme ! J’avais adoré, j’adore toujours, leur dernier album : « Easter is Cancelled », dont vous pouvez retrouver la (ma) chronique ici (cliquez quoi, là voilà ici)

Pour le dire franchement : je deviens fan… Cette ambiance bordélique et sexy, sans pour autant être directement humoristique : je trouve qu’il y a quelque chose là de ce qu’est le Rock, peu importe son avatar. Je retrouve un peu la même chose dans Airbourne, ça parle nanas, amour, bière… Et derrière ce côté narquois, ces sourires à embrasser des culs, il y a une noirceur, quelque chose de politique : une volonté de tout casser, d’hurler à la liberté, d’emmerder le travail et les maîtres donneurs de morale. « Moi j’irai pas ». Plutôt boire ma bière cul sec que de remplir vos papiers, que d’aller me faire rouler à l’usine. L’hédonisme dit toujours quelque chose, même quand il jouit. La fête comme seule solution pour fuir en avant, perpétuellement. Voilà ma musique. Le rock est libre. Le punk combat. Alors bordel : oui, oui encore pour The Darkness et leurs décolletés sans fin, leurs paillettes tristes sont le meilleur remède contre les tristes matins. Vous le sentez comment j’étais dans l’ambiance des grands soirs ? Du coup : révolu-son ?  
Eh bien oui et non.

Le concert est en fait divisé en deux parties. Sur une vingtaine de morceaux, dix sont issus du dernier album. En fait : le dernier album est joué dans son intégralité, dans l’ordre. A priori aucun souci : ce dernier est incroyable, pour moi leur meilleur, et de loin. J’aurais d’ailleurs tendance à croire qu’ils le pensent aussi pour le jouer comme ça, en entier et d’une traite. Le problème c’est que du coup, le live est un peu « attendu » : on sait où on va, sans trop de surprise. D’autant que jouer un album comme ça, à la note près, va plus au rock progressif ou à des albums plus concepts. Le « Wall » de Pink Floyd en entier c’est une évidence, « Easter is Cancelled » je dois avouer que cela s’impose moins. Il y a effectivement quelque chose dans cet album, de l’ordre du fil rouge, de l’œuvre entière et indivisible. D’accord. Mais si c’était cela que The Darkness voulait nous présenter, dans un délire Opéra Glam, alors pourquoi faire la seconde partie du concert ? L’album en entier ? Okay, mais perdez-nous ! Revisitez-le ! Allez au bout de la chose ! Pourquoi par exemple ne pas jouer sur scène les morceaux présents exclusivement sur la version « deluxe » de l’album ? Dont le magique “Sutton Hoo” qui aurait mérité sa place sur la setlist. D’ailleurs cette envie d’aller plus loin, se retrouve aussi dans la reprise du riff de « While My Guitar Gently Weeps », ou dans un morceau de Radio Head.

Et revoilà le vrai problème de The Darkness : un groupe trop à l’étroit dans lui-même. Qui d’un côté a une exigence dans le son (visible à la valse des guitares sur scène), nous offre quelques traits de génie, comme ce morceau juste à la guitare en tête à tête avec Justin…. Mais qui de l’autre nous enchaîne des hits sans une fausse note, sans une surprise presque. Comme s’ils étaient écrasés par leur propre talent et leur responsabilité face à l’Histoire du Rock : engager le fils du batteur de Queen, se revendiquer d’une lignée royale, n’est somme toute pas de tout repos ! Qu’ils assument bordel ! Ils sont les héritiers du Royaume : eh bien prenez le pouvoir. Vous voulez l’Opéra ? Faites-le. Cramez le même si vous voulez. Après tout quand Justin fait chanter le public et se lance comme chef d’orchestre de foule-chorale en délire : ça marche. Et on s’en fiche s’ils jouent des hits dignes de stade à la Cigale ! Tant mieux pour nous qui y sommes et tant pis pour les autres.

A noter au passage l’excellent son de la soirée. Je n’avais jamais eu un son aussi parfait à la Cigale. Le chant s’entendait bien, la basse aussi. J’étais même assez surpris. D’autant que je ne pensais pas voir un groupe aussi technique et aussi pointilleux niveau son. Preuve même qu’ils sont faussement anachroniques : tout ça est parfaitement calibré. Voire trop : c’est ce que je disais.  
A croire qu’il y a presque trop d’hommages. Le lien avec Queen. Le T-shirt Thin Lizzy. La reprise des Beatles. Hommage ? Dommage ! Parce qu’il y avait une autre manière de voir le show : plutôt que le respect, faites le cross over. The Darkness comme les Avengers de la musique rock : sur scène il y avait les mannes de Freddy et Lynnott. Ces mecs là sont des héros de comics : ils viennent d’un autre temps. Un temps où les costumes à étoiles ridicules avaient la prétention de pouvoir sauver le monde. Captain’ The Darkness à la rescousse.  
Car putain : c’était quand même un sacré show. J’avais oublié qu’un rockeur pouvait s’habiller en blanc sans paraître ridicule. Ou sans paraître tout court (coucou Axl Rose). Le chanteur excite large : de la ménagère qui bave au premier rang en revivant ses années Téléphone, à la jeune groupie qui se dit que finalement, mettre un quarantenaire dans son lit pourrait l’intéresser. The Darkness ne sont pas entre deux âges. Ils sont de tous les âges. Et ça c’est rare.

Merci à Stephan Birlouez pour les photos, la photographe de Vacarm prévue pour l’événement n’ayant pu venir, clouée au lit par la grippe !

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