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Hellfest 2024 – Day 3 – Un temps bien mosh…

Il fallait bien un jour de pluie pour cette édition et c’est une foule de poncho, k-way et autre sac-poubelle de fortune qui accueillent chaleureusement Fallen Lillies venue délivrer un punk-rock sincère joué avec les tripes. On appréciera grandement la générosité et la sincérité du groupe qui en profite pour délivrer un message engagé notamment sur les féminicides avec une chanson en français pour cela.

Encore plus engagés et même carrément très énervés les Blockheads sous la Altar profite de cette affluence bienvenue (merci la méteo) pour balancer leur grindcore le plus dégueulasse à leur audience entre deux messages politiques. Venus de l’autre côté du monde, les Néo-Zélandais de Alien Weaponry sont déjà déjà de petits habitués puisque c’est leur 3ème participation au Hellfest. Point de révolution mais un set trash très efficace avec toute l’énergie qui les caractérise et point bonus pour eux puisque le soleil revient nous chauffer les nuques (à moins que cela soit en partie dû par leurs riffs imparables).

Notre journée débute sur les grandes scènes, avec Eternal Champion et les “beautiful losers” d’Anvil. Nous n’aurons pas souvent l’occasion de chroniquer du heavy old school ici, donc, allons-y. Le set des américains d’Eternal Champion fonctionne plutôt bien sur la Main, avec des riffs accrocheurs, qui tendent parfois vers un doom de bon aloi. Sur “I Am The Hammer”, le chanteur arbore une cotte de maille, c’est du plus bel effet ! Anvil, quant à eux, dégagent un indéniable charisme sympathique, avec leurs dégaines et leur métal à la papy. Forcément, leur interprétation de “666” ou de “Metal on Metal” réveille nos plus bas instincts. On salue la performance et la durabilité du groupe avec une spéciale dédicace pour le solo de Steve « Lips » Kudlow avec son godemichet ! 

Toujours en Main Stage comment ne pas évoquer le set ultra efficace et complètement tubesque de Black Stone Cherry. Un vrai set à l’américaine avec les musicos qui ont bien profité du “snake pit” de Metallica pour aller à la rencontre de leur public. A noter également la présence du fils de Van Halen avec son groupe Mammoth WVH dans lequel il officie en tant que chanteur/guitariste et assurément un groupe que l’on prendra plaisir à suivre tant le set à su nous conquérir par sa spontanéité.

La météo du jour étant ce qu’elle est (grise et pluvieuse), l’envie de se réchauffer aux contacts des innombrables barbus en surpoids se fait ressentir, et nous nous retrouvons dans le moshpit de Sanguisugabogg, un peu par hasard. Et franchement, quel pied : les amateurs de death bas de plafond (dont nous sommes !) n’ont pas été déçus par un set efficace et violent. Leur performance s’ouvre sur “Black Market Vasectomy”, parfait pour démarrer une audience énervée. Devin Swank harangue la foule. Les titres, toujours plus violents, s’enchaînent, jusqu’à une triade finale qui finit d’éteindre les derniers neurones en état de marche : “Permanently Fucked”, “Necrosexual Deviant” puis “Dead as Shit”. Ça réveille !

Wayfarer, sur la scène Temple, délivre le set black metal que nous aurons préféré lors du festival. Les musiciens du Colorado créent une atmosphère unique, dépressive et gothique, qui nous emmène aux confins de l’ouest américain. Ils venaient en tous cas défendre leur dernier album, American Gothic, qui ne nous avait pas laissé indifférent. Et pour cause : leur titre “The Thousands Tombs of Western Promise”, qui ouvre ce dernier opus comme leur concert au Hellfest, m’a personnellement mis un vrai frisson. C’est assez magistral, et bien moins monolithique que la performance des légendaires Emperor – qui nous auront, mais c’est peut-être voulu, laissés de glace.

Retour à la Altar pour un moment de violence avec The Haunted, le fameux groupe suédois de thrash death mélodique formé en 1996. Connu pour ses compositions agressives et ses riffs incisifs, le groupe continue à s’imposer sur la scène métal internationale. Leur énergie brute et leur performance scénique, particulièrement intense pour ce Hellfest 2024, leur a valu un franc succès de la part d’un public survolté. Un peu plus tard, toujours sur la Altar, les québécois de Kataklysm proposent un death brutal et des rythmes survoltés. Avec une carrière prolifique et des albums acclamés, Kataklysm arrive lui aussi en monument incontournable du death metal. On valide ! Pour finir notre journée de gogol, on aura aussi vu Nile, dont le death assez technique met encore une fois tout le monde d’accord. Karl Sanders fait quand même bien le job, il faut bien le dire.

La War Zone accueillait plusieurs groupes keupons durant ce week end, mais on peut vous confirmer que The Casualties ont les plus belles crêtes ! Presque 35 d’activité pour ces New Yorkais, qui ont pu jouer leurs titres historiques. En effet, le groupe n’a rien sorti depuis 8 ans… ça laisse le temps au public d’apprendre les paroles du dernier album en date ! Le public répond présent, certains justes curieux de l’esthétique punk, mais une grande majorité de fans qui, au premier rang, s’échinent à pogoter sur “Media Control”, “We are all we have” ou l’éternel “Punk Rock Love”. La prestation du groupe s’achève dans un joyeux bordel avec le frénétique “Unknown”. 

L’événement de la journée sur la Valley, est le retour de Brutus. Une foule immense s’est massée devant la petite scène. Le groupe de post-hardcore nous a délivré un set superbe, tout en émotion – et, attention, on ne parle pas d’une douce émotion contenue : on est clairement dans la grosse chialade. Et je dis ça de manière très positive, hein : la batteuse / chanteuse Stefanie Mannaerts porte son groupe, avec sa voix si unique, puissante, belle, un peu éraillée. Si on m’avait dit que des belges, de Louvain qui plus est, allaient un jour me mettre les poils comme ça, je ne l’aurais pas cru… Franchement, c’est beau. 

En parlant de faire le plein, on peut dire que les groupes de la Valley semblent s’être donné le mot cette après-midi avec Kvelertak venu défendre les couleurs de leur black’n’roll avec leur dernier album Ending. Le nouveau chanteur Ivar Nikolaisen s’époumone comme si vie en dépendait et valide indiscutablement sa place dans le groupe. Le temps commence sérieusement à se dégrader pendant le set de Chelsea Wolfe. Dommage, elle vient défendre son excellent dernier album, “She Reaches Out To She Reaches Out To She”, et débute d’ailleurs son set par “Whispers in the echo chambers” qui ouvre aussi cet opus. C’est d’ailleurs sous une pluie battante qu’elle donne une interprétation puissante de “Flatlands”.

Sans équipement de pluie, mais bien bardés de courbatures, on met les voiles après le set de Mass Hysteria, un peu dépités. Pas de Metallica pour nous ce soir. En même temps, si c’est pour entendre “L’Aventurier” d’Indochine….. On aura tout de même apprécié le set puissant de Mass Hysteria, ultra rodé, ultra professionnel, et bénéficiant d’une énorme scénographie. On sait depuis quelques années que le groupe ne se réduit plus à ses titres du début des années 2000. Seul “Contraddiction” sera joué en fin de set. A la place, “Tenace”, “Mass Veritas”, “Chiens de la casse” déclenchent l’hystérie du public. Mouss adresse un hommage aux victimes du terrorisme, du Bataclan, de Nice et d’ailleurs avant d’enclencher le cathartique “L’enfer des dieux”.

Un peu de repos, ça ne nous fera pas de mal avant d’affronter un dimanche d’enfer !

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