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Hellfest 2024 – Day 4 – Go with the flow…

Notre journée débute avec les parisiens de Sorcerer qui réveillent avec véhémence la War Zone avec leur post-hardcore puissant, dont nous avions déjà parlé à la sortie de leur dernier LP, Devotion. Le groupe prend plaisir à être présent sur les planches du Hellfest, et ça se ressent dans le dynamisme de leur set. Un chanteur survolté, un set maîtrisé, et une belle découverte pour une bonne partie du public. Un message clair est envoyé, “Si tu votes RN, tu n’es qu’un fasciste, raciste et homophobe” avant de rappeler l’importance de l’intermittence pour la scène métal en France. Un engagement trop rare comme expliqué en intro.

Pour cette journée d’élection, le Hellfest fait un statement assez fort, probablement involontaire mais que Vacarm valide à 100% : le festival a programmé une série de groupes avec des front-women fortes. Heriot détonne sur la Valley, plus habituée aux transes bluesy qu’au metalcore. La chanteuse-guitariste Debbie Gough remet les esgourdes à l’heure d’été, impressionnante par sa maîtrise vocale et sa technicité. On vous conseille de regarder la studio session produite par Marshall pour terminer de vous convaincre de son talent. Leur single “Demure” est massif, brutal et avilissant. Leur prochain album, “Devoured by the Mouth of Hell”, dont la sortie est prévue fin septembre, s’annonce exceptionnel !

Dans un registre powerviolence, les gars et les filles de GEL proposent un set particulièrement stylé sur la War Zone, et le public répond présent. C’est un uppercut suivi d’un direct, avec une setlist qui ne laisse que rarement l’occasion au public de reprendre son souffle, à l’image de l’enchaînement de “XOXO” avec “Dicey”. Le combo du New Jersey joue deux titres de leur récent EP, “Mirage” et “Persona”. Clairement un groupe à suivre. 

Scowl ne sont pas inconnus de nos services, depuis la sortie de leurs premiers titres, leur nom arrivait jusqu’à nos oreilles. Une brève écoute ne nous avait pas nécessairement convaincu, mais c’est bien sur scène que le groupe prend toute son envergure. Le groupe californien, emmené par Kat Moss, la chanteuse, dégage une incroyable énergie, ultra-communicative, qui donne envie d’aller mosher comme un gogol. Ça marche d’enfer, on vous conseille vraiment d’aller les découvrir sur scène si vous en avez l’occasion. 

Et, en effet, les bonnes surprises se succèdent, puisque Drug Church s’avère encore meilleur sur scène que sur album. Leur post-hardcore est tonique, intelligent et ça tabasse pas mal dans le mosh-pit. Pour ne rien gâcher, Patrick Kindlon, en plus d’être un excellent chanteur, est un type hilarant dans le style pince-sans-rire : “would you please consider to proceed to a circle pit, we would really appreciate it if you would” et l’un des rares à remercier la sécurité dont les équipes, il faut bien le dire, font un job pénible et compliqué avec sérénité et professionnalisme. Bref, on reviendra à la Drug Church pour prier, en communion avec hardcore kids, et tester les trapèzes de nos gorilles préférés ! On restera un peu plus en retenue concernant le set de High-Vis. Le concert est intense, les cinq londoniens produisent l’effet recherché sur le public, mais on reste dans les stéréotypes du genre. 

En passant par la Altar nous avons également pu headbanguer généreusement sur Karras. Le projet death metal old school de Yann Heurtaux et Etienne Sarthou respectivement guitare de Mass Hysteria et batteur de AqME. Le projet se veut sans concession et brut de décoffrage et il faut bien avouer que le pari est indubitablement tenu. Les amateurs apprécieront.

Côté Valley, Rendez-Vous vient défendre sur scène son dernier album, “Downcast”. On ne s’attendait pas nécessairement à voir ce groupe à l’affiche du Hellfest, puisque Rendez-Vous propose d’avantage un univers cold-wave / post-punk plutôt que metal. Et pourtant, leurs mélodies synthétiques prennent une dimension très martiale et électrique sur scène. On est étonné de découvrir un groupe avec 3 guitaristes ; de quoi mettre bien le bazar ! On avait peut-être un peu trop d’attentes concernant la synth wave de Sierra. On a adoré son dernier album, “A story of anger”, qui nous a accompagné les jours précédents le festival. En solo sur scène, ce genre de performance fonctionnerait sans doute mieux à une heure plus tardive, avec un public rincé qui veut danser en rythme après une rude journée de festival En pleine journée, avec des lights et une scéno minimales, ça ne fonctionne pas très bien. On a trouvé la prestation finalement un peu fade, un peu bancale… tant pis, on se rattrapera avec l’album !

On aurait préféré voir High on Fire sur la Valley – le groupe n’attire pas foule face à la Main Stage, ou celle-ci semble très diluée. Dommage, le set est impeccablement lourd et percutant. Matt Pike, Jeff Matz et Coady Willis sont toujours aussi charismatiques, en plus d’être d’excellents musiciens. Le trio est venu promouvoir son dernier effort, “Cometh The Storm”, qui nous plonge sous une chape de plomb avec son single “Burning Down”. L’enchainement avec le punk à roulettes de Neck Deep est particulièrement brutal. Le pop punk des gallois a l’air de davantage convaincre le public, mais il est un peu tôt pour nous pour apprécier une grosse rasade de soupe… 

Plus tard dans la journée, Frank Carter & The Rattlesnakes assurent un show solide. L’entame du concert est une mise en scène où les Rattlesnakes jouent le rôle d’un backing band easy listening sirupeux, tandis que Frank joue celui du crooner, lover, excentrique. En fond sonore, “Can I Take You Home”, joué mollement au tempo adagio. A l’instant où la dernière note résonne, Frank s’empare de son pied de micro, et d’un air particulièrement déterminé se dirige vers son audience, pour le planter au milieu de la foule. “Self Love” démarre au milieu d’un public hystérique. Il faut reconnaître que, contrairement à un certain chanteur floridien d’origine russe, Franck sait gérer la foule avec un talent inégalable : son wall of death fonctionne immédiatement, lui, et il n’hésite pas à passer une bonne moitié de son temps au contact direct avec le public, avec un flegme impressionnant et une joie communicative. On apprécie aussi son moshpit en non-mixité 100% féminin. La performance du groupe, d’un point de vue strictement musical, n’est cependant peut-être pas aussi bonne que leurs prestations précédentes au Hellfest – mais Vacarm salue le talent d’entertainer de Frank. Bien joué, jeune rouquin !

C’est avec plus de douceur et d’empathie qu’Elin Larsson, la chanteuse du groupe de blues rock suédois Blues Pills envoûte le public de la Main avec un talent indéniable. Le groupe venait défendre son dernier album, Birthday, et ils le font d’une manière élégante, avec l’une des plus belles voix du festival. Le duo anglais Royal Blood illustre là-encore parfaitement la volonté d’ouverture de la programmation 2024, même si leur annonce a provoqué moins de débats que d’autres. Dès le premier morceau, le batteur descend de scène pour déclencher un wall of death (décidément…), prouvant que Royal Blood a sa place au Hellfest. Mike Kerr a un charisme incroyable, et le groupe démontre qu’il ne faut pas être plus de deux pour occuper la scène et faire bouger les foules. Même si le set est un peu court, on valide la prestation ! 

C’était évidemment une des grosses attentes du festival, en tous cas pour Vacarm.net, et Queens of the Stone Age n’aura pas déçu. En effet, les californiens ont délivré un show magistral, rythmé par une track-list à faire pâlir d’envie tous les fans du groupe absents ce dimanche : démarrage en trombe avec une série de classiques de toutes les époques du groupe (“Regular John”, “The Lost Art of Keeping a Secret”, “Little Sister”, “Paper Machete”…) et un finish en beauté avec un triplette “Make It Wit Chu”, “No One Knows” et un “A Song for the Dead” à déterrer les morts. Josh n’hésite pas à se mettre en contact direct avec le public avec une sobre affection de dandy – tendresse réciproque puisqu’il remonte sur scène avec sa chemise déchirée par les fans. Le seul facteur de désagrément aura finalement été l’actualité politique, qui aura plongé une partie du public (dont nous) sur son téléphone à 20h. Pour le résultat (de merde) que l’on connaît… Mais oublions ça, et rappelons-nous uniquement d’un set parfait, porté par la classe incroyable d’un Josh Homme en pleine forme, après ses récents soucis de santé. 

Évidemment, après, The Offspring apparaît un peu moins classe : guitare offbeat la moitié du temps, dégaines et blagues de darons éclatées et classiques du punk à roulettes tendance Fun Radio…. Mais disons-le : les pépères font un bon café, puisque le set s’ouvre sur “Come out and play”, un des plus gros hits de leurs classiques parmi les classiques Smash et, qu’entre deux sessions de blagues foireuses de Dexter Holland et Noodles, le groupe enchaîne les bangers : “Staring at the Sun”, “Self-esteem”, “Bad Habit”,  “Pretty Fly (for a White Guy)”, “Why Don’t You Get a Job?”, etc. Un peu fast-food punk, oui, mais on aura quand même bien kiffé la sauce… C’est la nostalgie qui parle, disons.

Vacarm.net termine son Hellfest 2024 au son des Foo Fighters. Les américains délivrent évidemment un show impeccable, entamé par  l’inévitable “All My Life”. La set list comporte bien évidemment la plupart des tubes “The Pretender”, “Breakout”, “My Hero”, “The Sky is in a Neighborhood”, “Everlong” sont joués, pour ne citer qu’eux. Dave Grohl est un véritable entertainer, à fond du début à la fin, avec une énergie rare malgré sa cinquantaine bien tassée. En véritable passionné, il nous offre un medley de Black Sabbath avec Sabotage / Mr. Crowley / Paranoid et March of the Pigs. On a bien apprécié le finish classieux, avec un Dave Grohl toujours en forme, et partageant sa joie d’être là : “you call it HELL-fest, but it certainly doesn’t look like hell to me. It’s amazing !” Parler des Foo Fighters, c’est aussi l’occasion aussi de rappeler que, sur scène, dans l’ombre, le groupe abrite une autre légende, méconnue : Pat Smear, qui a fondé les légendaires The Germs, qui aura été le 4ème membre de Nirvana avant d’être un des membres fondateurs des Foo Fighters… Bref, une authentique pierre angulaire du rock, parfois éclipsée par des frontmen plus charismatiques. Shout-out à Pat, donc !

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