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6 au 10 juillet 2022. Cinq jours sous le soleil de la 20e édition de MUSILAC.

Du mercredi 6 au dimanche 10 juillet 2022, Aix-les-Bains (Savoie) accueillait la 20e édition du plus grand événement pop-rock de la région Auvergne-Rhône-Alpes, le festival Musilac.

Installé sur l’esplanade du lac du Bourget, dans un cadre assez exceptionnel, le festival compte trois scènes, les nommées lac, montagne et Korner, ainsi qu’un immense espace de restauration et de détente pour le plus grand bonheur de son public, très familial.

(Cliquez sur les photos pour les agrandir)

Avec une programmation très éclectique, le festival touche un public assez large, essentiellement originaire de la région. Chaque jour, 20000 personnes environ viennent vibrer avec la crème de la scène française et internationale. Après deux années blanches, cette édition était particulièrement attendue et c’est avec beaucoup de tristesse que j’ai appris à la fin du festival qu’il était menacé par une dette importante. C’était ma première édition de Musilac et je ne peux pas croire que ce soit la dernière ! Je me souviens qu’en 2015 un festival menacé par les dettes avait vu ses caisses renflouées par les dons de ses habitués, pourquoi ne pas imaginer la même chose pour Musilac ? Un financement participatif avec une contribution libre de tous ceux qui ne veulent pas le voir disparaître ?

Ces quelques lignes ne pourront donner qu’un aperçu de cette 20ème édition du festival, seule pour le couvrir sous un soleil de plomb j’ai dû faire des choix et je suis certaine d’être passée à côté de belles découvertes sur la scène Korner notamment, ayant couvert principalement les grandes scènes.

De cette place privilégiée du photographe, dans le crash pit, on sent, avec une intensité incroyable, l’amour et le bonheur d’être là qui circulent entre les artistes et ce public qui a attendu souvent plusieurs heures pour être au premier rang. Alors même si bien évidemment, j’ai mes préférences, j’ai pris quelques claques venant d’artistes pour lesquels je n’aurais jamais eu l’idée de me déplacer ! C’est tout l’intérêt et la magie d’un festival. On y vient attirés par certains noms et on repart avec une flopée de belles découvertes pour enrichir sa discothèque.

Il faut oser programmer à la fois Benjamin Biolay et Sum 41. Merci à Musilac d’avoir eu cette audace. Certains artistes très éloignés de mes préférences musicales m’ont enthousiasmée, j’ai envie de dire presque malgré moi et avoir l’esprit ouvert en musique c’est sans aucun doute l’avoir un peu plus pour le reste aussi.

Retour en images sur cette 20e édition ensoleillée dont je suis repartie à reculons, avec l’envie que ça continue encore et encore.

Mercredi 6 juillet

C’est avec les new-yorkais de NADA SURF que le marathon photo débute pour moi. Un rock efficace et un tube « Popular » qui n’a pas pris une ride 26 ans après sa sortie.

Les PARCELS, originaires d’Australie mais installés à Berlin, viennent distiller leur électro-pop et affoler le public féminin. Impossible de ne pas danser sur « Tieduprightnow » !

Les britanniques de ALT J nous gâtent avec de très beaux visuels. Leur style musical est un mélange d’influences pop, folk, hip hop, ce n’est pas très énervé mais parfait pour planer. « Breezeblocks » est un des titres phare du groupe avec un refrain entêtant que vous continuez à fredonner bien après la fin du concert.

Trois artistes français passant d’un festival à l’autre cet été pour terminer cette première journée, trois styles, trois bêtes de scène. VIANNEY, attendu par un public familial et beaucoup d’enfants qui connaissent les paroles des chansons par coeur. Le chanteur/guitariste déploie beaucoup d’énergie sur scène, il ne cesse de courir, de sauter et son bonheur est très communicatif. Il va glisser dans sa set-list une reprise de Michel Berger « la groupie du pianiste » et le public semble apprécier. Plus tard dans la soirée j’aurai l’occasion d’assister à une séance de selfies à laquelle Vianney va se prêter avec une patience infinie et sans jamais cesser de sourire.

Avec ORELSAN la folie va monter d’un cran dans la fosse qui va s’en donner à coeur joie et sauter à l’unisson. « Défaite de famille », « Ensemble », « Basique » … sont repris en coeur par un public totalement en osmose avec le rappeur de Caen au succès colossal.

C’est avec la charmante CLARA LUCIANI et sous une pluie de confettis que cette première journée se termine pour moi. Musilac n’est plus qu’un dance-floor géant. La jeune femme s’est entourée d’excellents musiciens et je me surprends à chalouper moi aussi. Une artiste dont on comprend le succès grandissant lorsqu’on la voit sur scène.

Jeudi 7 juillet

Pour commencer cette deuxième journée, belle surprise avec le britannique DECLAN MCKENNA qui a composé à 14 ans une chanson dénonçant la corruption de la FIFA ! Un jeune prodige accompagné d’une sacrée troupe de musiciens, un public enthousiaste, de la bonne musique pop, du soleil, on est plutôt bien à Musilac.

Encore un groupe britannique mené par une incroyable Deborah Dyer et ma première claque avec du rock énervé comme je l’aime. C’est bon, ça bouge, c’est SKUNK ANANSIE. La charismatique Deborah va se fendre d’un petit tour dans la fosse et mettre le public dans sa poche tout au long de ce set qu’elle domine de sa voix et sa présence incroyables.

Pour reprendre son souffle après Skunk Anansie, l’australienne Toni Watson, connue sous TONES AND I, va faire groover le public de Musilac avec « Dance Monkey », son succès planétaire.

Une prestation que j’attendais avec impatience, celle de notre M national, bête de scène généreuse toujours accompagné de musiciens hors pair dont Gail Ann Dorsey, qui fut bassiste de David Bowie rien que ça. M la présentera d’ailleurs comme la meilleure bassiste au monde et c’est clair que c’est une musicienne incroyable, chanteuse également puisqu’elle va nous offrir une superbe version de « Life on Mars », frissons garantis. Quant à M, il va faire comme à son habitude un grand tour au milieu d’un public ravi qu’il va faire danser avec une set-list parfaite et des tubes dont on ne se lasse pas. Désolée de publier si peu de photos, trois seulement de validées par le management et pas une seule de Gail Ann Dorsey, allez comprendre, moi j’y renonce.

C’est au tour du phénomène belge Angèle d’occuper la scène pour un show survitaminé et coloré devant un public hystérique et si musicalement, c’est à des années lumière de ce que la boomer que je suis écoute, force est de reconnaître qu’Angèle a une présence et un charisme incroyables sur scène. On en prend plein les yeux et les oreilles et c’est assez impressionnant d’entendre le public hurler chaque parole de chaque chanson. N’en connaissant aucune je me suis sentie un peu « exclue » de cette grand messe mais j’y ai largement trouvé mon compte en tant qu' »observatrice » !

Vendredi 8 juillet

Pour commencer cette troisième journée, mon timing me permet enfin d’aller faire un tour vers la scène Korner, qui accueille des groupes plus confidentiels et réserve de bien belles surprises. Avec BLACKFEET REVOLUTION, dont je ne peux que vous conseiller d’écouter l’excellent « Run », on va droit au but puisqu’ils ne sont que deux sur scène pour vous envoyer en pleine face un rock énergique, celui qui vous fait headbanguer malgré vous. Cette journée commence plutôt bien !

Belle surprise pour moi avec le groupe suivant, les français de Feu! Chatterton dont je ne m’attendais pas à apprécier autant la prestation. Quels musiciens et quelle voix ! Avec notamment « Compagnon », « libre », « monde nouveau », Feu! Chatterton emballe le public de Musilac, moi inclus.

L’IMPERATRICE ou l’élégance à la française. Une pop chic et lascive, aux accents disco et des titres « peur des filles », « vacances », « vanille fraise », « agitations tropicales » qui donnent le ton. La fosse n’est plus qu’un dance floor géant, ça chaloupe, ça chaloupe …

Revenons à la Grande Bretagne avec les légendaires SIMPLE MINDS qui ont connu un succès colossal pendant les années 80, les années de ma jeunesse. J’avais oublié qu’ils avaient composé tant de tubes, notamment « Alive and kicking », « Mandela day » « Don’t you (forget about me) » et ce « Belfast child » qui me met systématiquement les poils au garde à vous. Ils ont encore une belle énergie et les quinquas retrouvent leurs 15 ans avec plaisir. Simple Minds n’a pas encore dit son dernier mot !

C’est au tour du groupe que j’attendais le plus, SUM 41. Les canadiens vont littéralement retourner la fosse. Prestation incroyable et juste envie que ça dure encore et encore. Qu’est que c’est bon. Set-list parfaite avec évidemment les tubes « In too deep », « Fat lip » ou encore « Still waiting », un cover de Queen « We will rock you » et TNT de AC DC avant l’arrivée du groupe sur scène histoire de chauffer un public qui n’en a pas vraiment besoin d’ailleurs ! Grosse grosse claque et un souvenir impérissable pour moi, vivement Bercy (pardon Accorhotel Arena) en septembre.

Le public déjà chaud bouillant va finir de s’embraser avec les DROPKICK MURPHYS. Du bordel, de la poussière, un tourbillon qui vous laisse totalement rincé, comme à leur habitude les américains vont balancer leur punk celtique à une vitesse vertigineuse ne laissant pas une seconde pour reprendre son souffle. On finit sur les genoux, en sueur et couverts de poussière. Tout simplement incroyable, une expérience à vivre, inénarrable. Seulement trois titres pour shooter parmi lesquels « The boys are back » et j’ai oublié pourquoi j’étais là désolée j’ai ramené peu de clichés occupée que j’étais à sauter et chanter. De toutes façons groupe quasiment impossible à photographier, lights pourries et nuage de poussière !

Samedi 9 juillet

Je commence cette quatrième journée avec VINTAGE TROUBLE, un groupe américain de rhythm and blues que j’avais vu au Hellfest il y a quelques années dont je gardais un excellent souvenir. Le frontman, éblouissant, est un bonheur à photographier. Les Vintage Trouble sont tout simplement excellents. « Pelvis pusher », « Run like the river », « Can’t stop rollin' », « Knock me out » … que du bonheur. Du très bon rock un peu vintage et un des moments forts pour moi de cette 20ème édition de Musilac.

C’est au tour de Gaëtan Roussel, ex-Louise Attaque avec une set-list faisant la part belle à ce groupe des années 90, de faire vibrer le public de Musilac et c’est plutôt réussi avec un public qui s’époumone sur les tubesques « Ton invitation », « Les nuits parisiennes » ou « J’t’emmène au vent ».

Benjamin Biolay, que je n’arrivais pas à imaginer autrement qu’en costard assis derrière un piano, arrive dans une tenue décontractée, accompagné de musiciens plutôt rock, sus aux idées reçues ! BB va même se fendre plusieurs fois du signe de ralliement des metalleux. Connaissant plus l’acteur que le chanteur, il me donne l’impression d’être plutôt timide sur scène ce qui m’étonne un peu mais me le rend sympathique. Je l’avoue je ne suis capable de citer aucun titre de Benjamin Biolay et le seul que j’ai reconnu est une reprise d’Etienne Daho. Que celui à qui ça n’est jamais arrivé en festival me jette la première pierre !