Live report : Leprous + Agent Fresco + Astrosaur + Alithia

Level up pour la bande prog de Einar Solberg, après deux passages en 2013 et 205 au Ferrailleur, c’est cette fois-ci que les norvégiens prennent place à la Barakason à Rezé. Une plus grande salle pour un groupe qui ne cesse lui aussi de progresser. Malheureusement pour moi, je suis arrivé trop tard pour Astrosaurqui commençait très tôt : 19h tapante ! Par contre le reste…

Alithia

Derrière ce nom kitchouille aux consonances sludge se cache un groupe réellement surprenant. Le ton de la soirée était clairement prog, mais il y a plusieurs écoles. Alithia n’aime pas les étiquettes et on le sent.

Alithia

© La Faute À Rélie

Pour l’occasion, c’est une autre chanteuse qui met au micro, l’autre étant malheureusement en incapacité de se produire sur scène. Entre les percussions tribales, le clavier très 80’s, les guitares rock et le chant aérien, on ne sait plus où donner de la tête ! Alithia peut aussi bien pousser la gueulante que donner dans le post-rock, avec quelques passages aux allures de jazz cubain.

Alithia

© La Faute À Rélie

Beau, puissant, délicat, dansant, original… Il y aurait de quoi éplucher tout un dictionnaire pour essayer de décrire le set du groupe. Toujours est-il qu’à mesure que les notes défilaient, la salle s’emplissait et le public scotchait, fasciné par tant de diversité d’influences et de compositions au sein d’une même formation.

Alithia

© La Faute À Rélie

Agent Fresco

Honnêtement, c’était le groupe que j’attendais le plus de la soirée. Non pas que je me sois désintéressé de Leprous (bien au contraire), mais j’ai pu découvrir et écouter pour la première fois ce groupe en voyant l’affiche du concert. Énormément de vie à l’écoute, un son clair, dynamique, joyeux, poétique… C’est parfois facile d’ajouter et d’arranger ce que l’on veut en studio, mais le live c’est une autre histoire… Eh bien pas de mauvaise surprise du côté d’Agent Fresco, qui avait même une bonne fan base bien installée devant la scène, capable de chanter (moi aussi, hein) et de danser sur leurs titres.

Agent Fresco

© La Faute À Rélie

Les islandais ne trichent vraiment pas, tout ce que l’on entend sur album est parfaitement retranscrit en live. Le groupe partage en continu son univers, ses émotions et montre clairement à quel point ils sont soudés sur scène, c’est rare de voir une si belle entente.

Agent Fresco

© La Faute À Rélie

Aérienne et poétique, la musique d’Agent Fresco a conquis tous les curieux et les avertis. Arnor maitrise parfaitement la distance avec son micro tout autant que sa voix atypique.

Agent Fresco

© La Faute À Rélie

Quant à Hrafnkell, on peut carrément dire qu’on a tous pris une petite leçon de batterie, sans donner dans l’extravagance ou autre, il s’agissait-là d’une justesse de jeu à couper le souffle.

Agent Fresco

© La Faute À Rélie

Vignir  et Þórarinn n’étaient évidemment pas en reste aux cordes électriques, tous savant jouer avec le public et la scène. Un beau moment de vie, où un groupe se dévoile sans filtre devant un public ultra réceptif grâce à la bonne humeur contagieuse du groupe !

Agent Fresco

© La Faute À Rélie

Leprous

Nous y voilà. Ce n’était évidemment pas la première fois que je les voyais, en réalité il s’agissait même de la quatrième. A chaque fois, un cran au dessus dans la maitrise de la scène et dans la proposition. Leprous entame son show avec un magnifique solo de violoncelle, qui restera aux côtés du groupe tout le long du set.

Leprous

© La Faute À Rélie

Leprous profite du calme et de la couleur de l’instrument pour commencer avec la magnifique Bonneville.

Leprous

© La Faute À Rélie

En promotion pour leur nouvel album Malina, sorti cette année, la setlist fera largement honneur à leur nouveau bébé qui le mérite tellement. En deuxième position, c’est Stuck qui viendra donner un peu de punch. Plus rock qu’avant, Leprous montre qu’il peut dropper ses 7 ou 8 cordes pour de la 6 cordes sans tomber dans la facilité. Impeccablement jouée, on sent qu’Einar apprécie s’être libéré de son clavier pour envahir l’espace de la scène, le micro détaché de son pied.

Leprous

© La Faute À Rélie

Arrive ensuite The Valley, élément clé et l’une de mes pistes préférées de l’album Coal, sorti en 2013 (4 ans déjà… Diantre !). Lumineuse puis sombre, lancinante, instable, progressive… Les contraintes de temps empêchaient probablement le groupe de la jouer aussi longuement que sur CD, créant en moi une petite frustration, même s’il était aussi agréable d’accéder au moment apothéotique du titre plus vite que d’habitude.

Leprous

© La Faute À Rélie

Leprous aime varier ses setlists tout au long de leur tournée. Nous, nous avons eu le droit à MB. Indifferentia en 4ème position… Un titre que j’affectionne énormément pour son final explosif et que je n’avais jamais eu l’occasion d’entendre en live, malgré mes nombreuses venues.

Leprous

© La Faute À Rélie

Place ensuite au tube de Malina, il s’agit de From The Flame. Les premières notes du clavier amènent le public, déjà bien placé, à se rapprocher au plus près de la scène pour chanter les chœurs, probablement moins aussi facilement qu’Einar. Quoiqu’il en soit, voilà un titre qui réchauffe et qui fait bouger, bienvenu dans la setlist jusqu’alors (délicieusement) froide.

Deux titres de The Congregation viennent clouer la direction plus rock que Leprous entreprend depuis quelques temps : Illuminate et pour faire headbanger le public : The Flood. Einar est toujours aussi possédé par les notes et ses textes et Baard frappe de plus belle tout ce qu’il trouve devant lui, ça tue.

Le calme après la tempête, Leprous entame Malina, pièce maitresse de l’album du même nom. Mais cela ne durera pas longtemps, la nerveuse et inquiétante Coma nous replongera droit dans les abysses tortueuses du groupe.

Leprous

© La Faute À Rélie

Un rappel qui ne s’est pas réellement senti, tant on devinait que le groupe n’allait pas s’arrêter en si bon chemin. C’est donc Lower qui fera office de douce reprise, The Price pour la gloire et Mirage pour faire comprendre que Leprous n’est pas du genre à ignorer le passé. C’est à mon sens le titre le plus curieux et le plus nostalgique des albums précédents, et pourtant il figure en toute fin de Malina.

Leprous

© La Faute À Rélie

Machine à headbangs de proggeux (c’est pas très violent mais y’en a), c’était le titre parfait pour conclure et on y a presque cru… jusqu’au moment où les frappes ravageuses de Baard annoncent Contaminate Me. Goodbye rock’n’roll, welcome metal ! Putain, on avait presque cru que Ihsahn était sur scène, Einar a tout simplement ultra géré les parties gueulantes, la confusion était réellement troublante et pourtant, j’accorde énormément de qualité au chanteur, autant je dois avouer que les quelques fois où je l’ai vu assurer les parties growlées, j’ai eu parfois… pitié. Mais là, bordel qu’est-ce que c’était impressionnant de sauvagerie et de justesse. Einar m’a réellement scotché, comme tout le public à en voir les tronches tirées ici et là face à sa performance.

Il n’y aurait pas eu de plus final que celui-ci, tranchant tout ce qu’il trouvait sur son passage, à presque en oublier qui on était venu voir au vu des premières notes de Bonneville au début du show.

Encore une fois, Leprous sait faire, Leprous surprend, Leprous excelle.

Un énorme merci aux organisateurs et aux ingé-son, qui ont permis à tout le monde d’avoir un putain de son pour tous les groupes : propre, juste, bien dosé… On était bien nombreux à ne pas avoir mis de bouchons ce soir-là, sans bobo le lendemain !

 

Leprous

© La Faute À Rélie

Un grand merci à La Faute à Rélie pour les photos et à Prog Cent-Vingt-Trois pour l’organisation du concert, toujours d’excellente qualité.

Jean-Marie Carrée

Be confortable, Creature.

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