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Report Stereophonics à l’Olympia le 29 janvier 2020.

La tournée de Stereophonics pour défendre son 11e album studio Kind passait par Paris les 28 et 29 janvier 2020. Vacarm a pu assister à la deuxième soirée, dans un Olympia sold-out. Presque deux heures et plus d’une vingtaines de titres piochés dans l’abondante discographie des gallois qui sortent un album tous les deux ans avec une belle régularité.

Il faut être honnête : j’étais un peu inquiet à l’idée d’aller voir Stereophonics en live. Et c’est bien parce que je n’y croyais pas que j’ai voulu y aller. Pour moi c’était un groupe de studio. Un groupe un peu à soi, ceux dont nous sommes persuadés que c’est entre les deux enceintes du casque qu’ils jouent le mieux. Un groupe dans lequel on s’immisce, pas un de ceux qu’on se prend en pleine face sous les enceintes du live. Vous savez, ce genre de groupe qu’on écoute alors qu’on vient de se faire larguer, le front collé contre la vitre du bus : voilà où ils sont les meilleurs. C’est un vrai groupe britannique, dans le sens où ils s’écoutent quand le temps est lui aussi très anglais. Faut que ça pleuve. Et comme il pleut rarement dans les salles de concerts, et encore moins à l’Olympia, j’étais un peu sceptique.

D’autant que Stereophonics est un objet musical non identifié dans l’histoire de la musique anglaise. Déjà parce qu’ils sont Gallois ! Faut le faire, être coincé entre la patrie de U2 et celle des Beatles ! Puis ce groupe de Brit-pop, faut bien appeler un chat un chat, a fini par marcher au début des années 2000 : donc après la vague Blur et Oasis et avant que Coldplay vienne remettre le chanteur britannique un peu trop mince au centre des fantasmes des collégiennes occidentales. Disons le : pour Stereophonics, géographiquement et historiquement, ce n’était pas gagné d’avance. J’oserais même dire politiquement, tant leur rock semble consensuel. Ce que le rock anglais n’a jamais été. Et puis voir un groupe qui a cartonné au début des années 2000 quand le zéro du milieu de la date s’est pris un 2 dans la face : quelle drôle d’idée ! Début 2020 on aurait pu penser que votre serviteur irait voir des sons plus innovants, non ?

Et pourtant. Putain. C’était bien.

Déjà la scène : quelle belle idée. Le batteur un peu surélevé, planant devant d’immenses teintures dorées disposées comme des rideaux de théâtre. Il y a des brillances, des petits reflets comme ceux que l’ont pourrait avoir sur les crépons disposés avec bonheur lors d’un bal de promo, de fin d’année. En mieux fait bien sûr. Et puis le public est pile dans le thème : entre deux âges, les gens viennent ici pour oublier leur quotidien. Pour sourire tranquillement. Je dois avouer qu’en temps normal je ne suis pas fan de ce genre d’ambiance : j’aime qu’on m’interpelle, que la musique souligne ou combatte le réel. Là elle fait sourire simplement. C’est touchant. Il faut dire que le chanteur est en train de lancer « Maybe tomorrow »… Et pourtant dire ça, ramener le groupe aux ballades délicieusement anglaises qu’il est capable de sortir, serait donner une image tronquée du live. Il y a quelque chose de plus énervé, le son est étonnement rock, la basse est vraiment pop. Muse serait passé par là ? Je n’irais pas jusqu’à dire qu’il y a quelque chose de progressif mais certainement de moins lisse, ça oui. Ce n’est pas pour rien que “Superman” et son côté fuzz est en seconde position sur la setlist.

Voilà. Un super concert. Et puis ce “Geronimo” d’anthologie, avec un sax de l’espace. Et d’ailleurs pas le sax classique alto, sans doute un sax baryton ou basse. Très étonnant pour de la pop. Pourtant c’est un morceau récent dans leur carrière. Quelle claque. Le morceau est une marche, un renouveau entre pop, jazz et rock : voilà que le rock britannique se remet à inventer des choses. En espérant qu’il ne s’arrête jamais. Même si eux sont gallois.

Cliquez sur les photos pour les agrandir.

  • Set list :
  • Catacomb
  • Superman
  • I wanna Get Lost With You
  • Geronimo
  • Same Size Feet
  • Maybe Tomorrow
  • Bust this Town
  • Mr and Mrs Smith
  • Fly Like an Eagle
  • Indian Summer
  • Sunny
  • Boy on a Bike
  • Just Looking
  • Have a Nice Day
  • All in One Night
  • Make Friends with the Morning
  • Mr Writer
  • Hungover for You
  • Local Boy in the Photograph
  • A Thousand Trees
  • ———–
  • Elevators
  • C’est la vie  
  • Dakota
Souvenir du pass photo qu’il a fallu rendre après les trois titres autorisés.

Photos : Catherine Alberola

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