#Interview Molybaron – « Les grands groupes sont « grands » justement parce qu’ils ont écrit des chansons avec leur tripes »

GARY  (Chant, Guitare) et STEVEN (Guitare) nous parlent de leur premier opus,  l’excellent Molybaron, sorti en avril 2017, à écouter de toute urgence et sans modération. Certainement LA révélation de cette année.

Votre premier opus est particulièrement réussi. Difficile de croire que c’est une première expérience ! Aviez-vous déjà enregistré un album auparavant dans d’autres formations ?

Gary : Non, c’est notre premier album

Steven : Nous avions déjà de l’expérience avec nos groupes précédents, mais c’est notre premier effort.

Pensez-vous que le « mélange » Irlande/France explique en partie cette réussite ?

Gary : Je ne suis pas sûr que ça soit un effet Irlande/France, c’est plutôt un amour authentique et sincère de la musique entre quatre amis.

Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur le processus de composition ? Musique et paroles ?

Gary : La musique et les riffs sont écrits et arrangés dans un premier temps, tout en laissant la place pour les lyrics, couplets, refrains, ponts, etc… Les paroles et mélodie ont tendance à arriver à la fin du processus de création et à être la partie la plus difficile.

Combien de temps vous a-t-il fallu pour réaliser cet album ?

Gary : À peu près deux ans et demi.

Steven : L’écriture de la musique est assez rapide et instinctive, c’est tous les arrangements et les nombreux problèmes que nous avons affrontés (recherche de chanteur, de batteur, mixage, etc…) qui ont fait que cela a pris ce temps.

D’où vient le nom du groupe Molybaron ?

Steven : Nous avions un premier nom de groupe qui ne nous satisfaisait pas. On s’est donc mis à la recherche d’un nouveau nom en brainstormant et en balançant des mots qu’on aimait. Parmi ce déluge, j’ai proposé le mot Baron, venant de la chanson de Mastodon « The Last Baron ». Gary a ensuite proposé qu’on parte sur un nom de femme, car cela donnait un certain charme et mystère. J’ai ensuite pris en exemple Molly Hatchet et Gary, en grand fan de Thin Lizzy, a flashé sur Molly, tiré des lyrics de Whiskey In The Jar « In my Molly’s Chamber ». Nous avons ensuite retiré un L et collé le tout.

Pourquoi ne pas avoir donné de titre à l’album ? Pour qu’on retienne avant tout le nom du groupe ?

Gary : Pas vraiment, nous n’y avons pas spécialement réfléchi, ça c’est fait très naturellement.

Molybaron a donné son premier concert le 26 mai. Trois mois plus tard, première partie des Psychedelics Furs à l’Elysée Montmartre. Quelles circonstances vous ont  amenés à jouer cette première partie et surtout comment ça s’est passé ?

Steven : Nous avons commencé à travailler avec Replica Promotion qui nous a proposé d’assurer la première partie des Psychedelic Furs dans la salle mythique et légendaire de l’Elysée Montmartre. Nous avons sauté dessus et le concert s’est vraiment bien déroulé. Nous avons tous pris énormément de plaisir et nous avons eu d’excellents retours. C’était assez drôle car le public des Furs n’est pas du tout le notre et, par conséquent, notre musique était peut-être un peu violente pour eux. Nous les avons vus assez surpris et certains au premier rang se bouchaient les oreilles à cause de la puissance qui se dégageait, mais cela ne nous as pas empêchés d’avoir de très bons retours. Nous sommes redescendus de scène très heureux avec l’envie d’y remonter, plus que jamais.

 Quelques mots sur la collaboration avec Chris Brush et l’enregistrement de la batterie aux studios Nashville ?

Gary : Toute la batterie était déjà produite avec des samples midi. Les fichiers ont été ensuite envoyés au batteur de session Chris Brush à Nashville afin qu’il les rejoue. Chris s’est exécuté et, une fois complet, nous a renvoyé les enregistrements que nous avons rajoutés à notre mix.

Il semblerait que Gary se soit mis au chant parce qu’il ne trouvait pas le bon chanteur ! Ce ne serait pas un peu une excuse ? L’envie de chanter n’était elle pas très forte ? Si un chanteur extraordinaire lisait cela et voulait auditionner maintenant, ce serait encore possible ou trop tard ?

Gary : Non, je n’ai jamais eu l’envie de devenir chanteur ou frontman dans le groupe, j’ai toujours été très heureux de rester guitariste. Mais chanter fut une nécessité. Maintenant que MolyBaron a son propre son où ma voix est une signature vocale, trouver un autre chanteur n’est plus une option.

Steven : Nous sommes particulièrement admiratifs des progrès et de l’évolution de Gary pour maîtriser sa voix. Elle donne une ambiance particulière à notre musique et pour rien au monde nous ne voudrions un autre chanteur.

Même si je trouve l’album excellent de début à la fin j’ai un énorme coup de cœur pour « Incognito ». Y a t il un événement personnel ou lié à l’actualité qui vous a plus particulièrement inspiré cette chanson ?

Gary : « Incognito » a été la dernière chanson à avoir été faite. À ce moment là, j’étais réellement épuisé de tout ce processus de création d’album. Cela a pris deux ans et demi de nuits sans fin au studio, après de très longues journées de mon travail de jour. Je n’avais aucune idée de savoir si l’album (ou ma voix) était assez bon, ni même si les gens allaient le détester ou si les critiques allaient le détruire. Toute mon objectivité avait disparu et honnêtement je ne savais quoi penser. Cette chanson est née de cette totale frustration et de toute cette forte anxiété.

Quelques mots sur la très réussie ballade « Sleep Leaves This Place ». Les metalleux ont toujours composé de magnifiques ballades. Etait-ce une volonté pour Molybaron de s’inscrire dans cette lignée ?

Gary : Non, faire une « ballade » (même si je ne suis pas sûr que cela soit une bonne description pour cette chanson) n’était pas dans notre intention. Quoiqu’il en soit, il s’est avéré que ça a fonctionné ainsi.

Beaucoup d’influences dans votre musique, de U2 à Led Zep en passant par Muse ou Metallica, mais avec votre propre son.  Comment s’inspire-t-on des plus grands sans les copier? 

Gary : Nous pensons que si nous devions faire un album avec l’intention de copier les grands groupes, cela serait un misérable échec. Les grands groupes sont « grands » justement parce qu’ils ont écrit des chansons avec leur tripes. Bien sur, inconsciemment, chaque artiste a eu beaucoup d’influences qui ont traversé son esprit en composant un album. Mais je pense que si on écrit ce qu’on ressent, il est peu probable d’arriver à copier le travail de quelqu’un d’autre.

Pourquoi ce choix de « Moly » pour le premier clip ?

Gary : Nous avons senti que ça donnait une bonne représentation de MolyBaron dans son ensemble : Metal au début, couplets et refrain mélodique, un soupçon de rock et une ligne de basse écrasante.

Steven : Nous hésitions encore entre « Moly » et « Dance ». Mais il s’est avéré évident que « Moly » était le choix parfait pour présenter visuellement notre musique.

 

Quelques mots sur la réalisation du clip ?

Gary : Nous avons développé le concept et on a essayé de coller au mieux à la pochette de l’album.

Steven : Nous avons tourné sur une plage ressemblant à celle de la pochette, avec des plans au drone qui tournoyait autour de nous. Nous avons ensuite re-travaillé le montage en y rajoutant des effets.

D’autres titres de l’album seront-ils « clippés » ?

Steven : Nous avons quelques projets. Toutes nos chansons ne seront peut être pas clippées mais elles sont tous clippables.

Quelques mots sur la collaboration avec Alexey Stetsyuk de Grave Town Productions qui a assuré mix et production ? 

Gary : Nous avons produit et enregistré tous les morceaux à partir de mon home studio, excepté la batterie qui fut enregistrée à Nashville. Alexey a mixé et masterisé l’album. Travailler avec lui fut une superbe expérience. Il a créé le mix que nous imaginions, avec tellement de puissance et de punch, cela nous as complétement bluffés. Nous avons vraiment l’intention de retravailler avec lui pour notre prochain album, et encore plus.

Pas trop difficile d’envisager le prochain quand on sort un album de cette qualité ?

Gary : Bien sûr, nous n’en pouvons plus d’attendre d’enregistrer à nouveau mais nous avons encore beaucoup de travail pour la promotion de notre album.

Steven : Nous sommes en train de composer de nouveaux morceaux mais nous gardons en tête que nous avons un album à défendre, dont nous sommes très fiers.

Le line-up actuel est-il parti pour s’inscrire dans la durée ?

Steven : Bien sûr, nous sommes bien plus que de simples collègues de studio. Nous sommes devenus de véritables amis, nous nous voyons souvent à l’extérieur et avons de nombreux points communs et sujets de conversation autres que la musique. Nos liens sont très forts.

Les textes sont assez sombres ? Engagement ou exutoire ?

Gary : Nous tâcherons d’être un petit peu plus positif pour la prochaine fois.

Pour vous, l’espoir se trouve où dans notre société telle qu’elle est aujourd’hui ?

Gary : Pour prendre un exemple, je vois l’espoir dans le fait que le monde est finalement en train de se libérer de sa dépendance aux combustibles fossiles. Heureusement, il n’est pas trop tard et un futur propre est juste devant nous pour les nouvelles générations.

Quels sont vos projets de concerts ?

Steven : Nous sommes en train de préparer de nombreuses dates dans la Capitale et dans toute la France. Nous jouons en Bretagne le 25 novembre, le 16 décembre au Batofar, le 9 février à la Péniche Antipode. Nous sommes en train d’organiser une très belle date avec nos potes de MF CREW. De nouvelles dates tomberont très bientôt, restez bien à l’affut.

Une anecdote de concert ?

Steven : Il y en a autant qu’il y a de concerts. À vous de venir nous voir pour les vivre en même temps que nous.

Le mot de la fin ?

Merci énormément pour votre temps et merci à tout ceux qui nous soutiennent. On espère vous voir en concert le plus vite possible. De très belles choses à venir !

 

Un grand merci à Gary et Steven ainsi qu’à Roger de Replica Promotion.

 

 

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