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Interview Tankrust pour la sortie de Opposite Terror.

Le 17 décembre 2019, le groupe Tankrust était de passage au Black Dog à Paris pour parler de son dernier album Opposite Terror.

“Sur chaque morceau on va t’expliquer pourquoi l’humanité se casse la gueule mais aussi qu’il y a encore des tas d’opportunités de profiter de belles choses.”

Tu es nouveau dans le groupe, un mot sur ton arrivée dans Tankrust ?
Je suis Seyn ou Jean-Philippe, guitariste rythmique, j’ai eu la lourde tâche de remplacer Phil. Compositeur principal du groupe, il était là depuis le premier Ep et a dû partir pour des raisons personnelles. Je suis arrivé il y a un an et demi, temporairement, on ne se connaissait pas du tout avec les mecs. Je jouais dans un groupe avec lequel on ne faisait que de la reprise de groupes old school qui sont clairement mes influences, trash, death old school, années 90. Je cherchais à faire autre chose pour composer, j’ai vu que Tankrust cherchait pour un remplacement temporaire, je ne les connaissais  pas, j’ai écouté et ça m’a tout de suite parlé, c’était complètement ce que je voulais faire, quelque chose de percutant, d’intense, avec ces influences trash, death, un peu hardcore, c’était un remplacement au Metal on the Beach dans l’Aveyron, une belle grosse date, un très bon festival, ça a été vraiment génial et le même jour Phil a dit par téléphone qu’il n’enregistrerait pas l’album et comme ça collait bien avec moi ils m’ont demandé si je voulais le faire. J’avais appris une partie des morceaux pour les jouer sur scène, j’avais entendu l’album en version démo, ça me plaisait énormément, je savais que bien produit, bien enregistré il serait génial. C’est donc moi qui joue sur l’album, j’ai eu un mois et demi deux mois pour apprendre tous les morceaux, les assimiler, faire quelques arrangements, et les mettre à ma sauce.
C’était un vrai bonheur d’amener à la vie ces morceaux. Et Olivier est arrivé il y a six mois à la place de Mitch en poste de soliste. C’est une page qui se tourne, une nouvelle dynamique, c’est un album charnière dont on est vraiment super contents.

L’album est sorti depuis presque deux mois. A-t-il été bien accueilli ?
Oui. On a de très bons retours sur l’album, certains assez marrants d’ailleurs et c’est là que tu vois qu’une fois que tu as lâché la bombe, tu n’en es plus propriétaire. Tu vois comment les gens se l’assimilent, on cite des influences que tu n’as jamais écoutées (rires)

Vous lisez tout ? Chroniques, reports ?
Pour ma part oui. J’aime bien, j’ai envie de savoir. Je lis vraiment tout et je suis assez à l’affût de ce qui se dit sur nous parce que j’ai envie que le groupe évolue.

Ta réaction face à une mauvaise critique ?
Il y a toujours à apprendre d’une mauvaise critique. Si c’est argumenté c’est toujours bon à prendre.

Opposite Terror c’est 9 titres et moins de 35 minutes, une façon de coller à votre style musical, brutal, rapide ? 
Les choses se sont faites comme ça, il n’y avait pas forcément une volonté de faire un album court mais sur tous les titres qui avaient été composés ceux qui étaient vraiment à retenir c’était ceux là. C’est cohérent comme ça. Moi 35 minutes je trouve que c’est bien. Les albums que j’aime sont des albums plutôt courts en général et c’est ça qui me plait dans Tankrust également, c’est notre côté old school, on a des morceaux avec des bons riffs, le riff qui te donne envie de l’écouter et au lieu d’avoir un ou deux bons riffs que tu vas répéter plein de fois dans un titre, là on a plutôt envie de se remettre le morceau après plutôt que d’avoir un truc qui va s’étirer en longueur et finalement perdre de l’intérêt pour le titre. Je pense que dans Tankrust ce n’est pas le cas.

Parmi ces 9 titres, il y en a un que tu aimes particulièrement ?
J’aime vraiment beaucoup l’album mais j’ai une relation vraiment particulière avec « Retaliation ». Guillaume et moi on s’est trouvés en répète et sur scène avec ce morceau que je lance seul à la guitare, où il me répond, tu as une espèce de question/réponse à la guitare/voix , seulement tous les deux. C’est un plaisir de le jouer à chaque fois, j’adore tous les riffs de ce titre, celui des refrains qui est une variation du riff d’intro, ce gros slide que je balance qui me porte à chaque fois que je le joue et ce break sur lequel, quand je repars seul, la réaction du public me fait vibrer à chaque fois.

Le choix de “ANOTHER BLANK PAGE” pour le premier clip, c’était une évidence ?
Il y avait un truc sympa à faire sur le plan visuel, au niveau du concept du titre, la page blanche etc, par rapport à tout ce qui est arrivé avant, ce qui a déjà été fait par nos ancêtres etc, on a vu les pires horreurs arriver et on se dit on va essayer de faire autre chose, quelque chose de différent, de nouveau. On sait que le passé est là mais on va arrêter de le reproduire , une page blanche quoi.  Quelque chose à écrire, à faire, essayer d’être originaux et de maîtriser nos vies, d’avoir une forme d’autonomie. C’est un peu comme ça que je vis le morceau et que je le comprends quand je le joue.

Tu as participé à la réalisation du clip ?
C’est surtout Guillaume qui travaille cet aspect visuel et artistique mais après bien sûr on en discute comme pour la pochette de l’album et pour tout le reste, c’est démocratique !

Il y aura un autre clip ?
Oui, on a beaucoup de matériel vidéo de la tournée, des moments live et pas live, des moments de déconne, parce qu’on s’est bien marrés et ça va plus s’orienter là-dedans a priori.

Les titres en live restent proches de la version studio ou bien y a t il une réorchestration ?
Il y a une adaptation des titres, des surprises sur scène, Olivier et moi on n’a pas la même façon de jouer donc il y a des arrangements, des surprises, des petits trucs, sans dénaturer l’esprit du morceau mais des trucs changent, ça vit. La musique est gravée mais il faut qu’elle vive et c’est pour ça qu’on est avant tout un groupe live. Moi j’ai une volonté de jouer en live principalement, je veux aller à la rencontre des gens, c’est ce qui me fait vibrer, vivre des moments forts avec les autres membres du groupe aussi, je cherchais ça et je l’ai trouvé chez Tankrust parce qu’on est tous dans cet état d’esprit là. Les morceaux étant déjà composés, je me suis demandé ce que je pouvais apporter là tout de suite au groupe. Il y avait quelque chose à faire je pense sur la prestation scénique. Apporter un truc différent. Guillaume est sur le devant de la scène parce que c’est le frontman et qu’il est très bon pour ça mais voilà, qu’il se passe quelque chose aussi au niveau des instruments. Etre plus en avant, avoir visuellement plus de choses encore qui se passent sur scène, que ce soit un spectacle complet. On a des lumières tout ça mais bon on n’est pas Kiss ou Behemoth non plus ! (rires)

J’ai lu dans votre bio  que vous voulez « partager un moment brutal en même temps que des valeurs », quelles sont ces valeurs ?
Tankrust ce n’est pas que de la musique, c’est aussi des gens, cinq personnes qui passent beaucoup de temps ensemble, en tournée, en répétition etc. A nos âges il faut qu’il y ait des valeurs communes et c’est justement ces moments humains qu’on vit ensemble. La musique est un média et un média est fait pour réunir des gens. Pour nous réunir nous parce qu’on aime avant tout être ensemble pour faire de la musique mais également les autres groupes. Il y a une espèce de communauté qui se forme et ça c’est vachement important et c’est les moments forts qu’on va vivre avec le public aussi, sur scène, avant et après le concert. Cette musique est faite pour réunir les gens, pas pour exclure.

Qu’est ce que c’est qui vous met la rage ?
On n’est pas un groupe engagé, c’est pas le but , on n’est pas là pour porter ou imposer quoi que ce soit , on fait un constat, c’est notre état d’esprit, celui de Guillaume qui compose tous les textes. On est d’accord sur beaucoup de choses et même quand on est d’accord, et heureusement qu’on ne l’est pas toujours, on arrive à en discuter et justement dans les choses qui nous mettent la rage c’est qu’aujourd’hui on ne peut pas ne pas être d’accord avec quelqu’un d’autre sans s’opposer. Aujourd’hui la discussion n’existe plus, on est dans un courant de pensée, on va nous dire comment on doit être heureux, ce qu’on doit acheter ou faire pour être heureux, tu dois penser comme ça, voter pour ceux qu’on te présente sur un plateau, c’est ça qui nous met la rage et qui influence beaucoup l’album qui est à la fois pessimiste et optimiste. Sur chaque morceau on va t’expliquer pourquoi l’humanité se casse la gueule mais aussi qu’il y a encore des tas d’opportunités de profiter de belles choses. Je ne pense pas que tout soit noir et foutu mais ça passe par donner plus d’autonomie aux gens, les laisser penser par eux mêmes, accepter les différences. Il y a des tas de choses qui peuvent se faire par le dialogue en réunissant des gens justement. La musique est très bien pour ça. Même une musique qui peut sembler aussi clivante et agressive que celle de Tankrust.

L’album est sorti depuis presque deux mois, le 25 octobre, vous avez déjà fait pas mal de concerts, pour ceux qui auraient envie de vous voir sur scène des dates prévues ?
Le 28 février au Cirque Electrique avec Prophetic Scourge, deux bonnes raisons de venir ! Déjà tu perds pas ta soirée, tu as deux groupes qu’il faut voir ! En juin on joue au Normandy Metal Fest. Il y aura d’autres dates et encore une tournée très prochainement.

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