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Interview du groupe de fast rock’n’roll Iron Bastards le 11 juin au Hard Rock Café (Paris).

Iron Bastards a sorti en avril 2019 son troisième album Cobra Cadabra. David, chanteur et bassiste du groupe est venu nous en dire en peu plus sur ce trio qui écume les salles de concerts avec son fast rock’n’roll.

Peux-tu revenir sur l’histoire du groupe, des débuts avec le tribute à Motörhead jusqu’au troisième album CobraCadabra, pour les lecteurs de Vacarm qui ne vous connaissent pas ?
On a commencé à jouer en 2012 tous les trois, juste dans l’idée de faire un peu de musique ensemble. Ça s’appelait No Class, un tribute à Motörhead. Comme ça sonnait pas trop mal, on a voulu faire quelques concerts. On a joué pendant un an, ça se passait bien ensemble donc on a voulu faire quelques compos. En passant à la compo, on a changé de nom. No Class correspondait à un cycle terminé. On a trouvé le nom Iron Bastards, on s’est mis à la compo en 2013 de façon presque amusante, ça ne nous est pas venu instinctivement de faire ça. Au début on se cherchait un peu dans le rock psyché, dans le stoner et puis David est arrivé avec un gros riff en mi basique joué rapide et on s’est demandé pourquoi on était en train de s’emmerder. La formule musicale qu’on sait faire quand on est tous les trois c’est ça. On est donc restés là-dessus d’où l’influence Motörhead qui reste présente. A partir de cette formule, on n’a pas planifié grand chose, au début on s’est dit on va faire 5, 6 chansons. Quand on a eu les chansons, on a décidé de les enregistrer, puis de faire des concerts et voilà, on en arrive au 3e album.

Vous avez fait beaucoup de scène, 240 concerts dans 11 pays, comment avez-vous trouvé toutes ces opportunités de concerts alors que tant de groupes se plaignent de la difficulté de jouer ? Des conseils pour les autres groupes ?
C’est nous qui gérons notre booking, c’est même moi principalement. Ça représente énormément de travail. Est-ce que le style joue un peu ? On est sur un style un petit peu à cheval entre quelque chose que tu peux mettre devant un public un peu plus large, un peu plus mainstream et en même temps plaire à un public plus spécialisé qui peut aller du hippie au punk en passant par le grindeux, le metalleux, on se retrouve des fois sur des affiches très éclectiques. Mais la base n’est pas compliquée, c’est énormément de travail, un 35 heures à côté du boulot.

Vous avez sorti trois albums dont deux très rapprochés.
Pour Fast and Dangerous on avait de l’inspiration et on a eu un deal avec un label qui nous proposait de le sortir donc c’est vrai que pour celui-là ça c’est passé très vite. Quand tu fais du fast rock’n’roll je pense qu’il y a un rythme et une attitude à avoir qui vont avec. Le choix de sortir deux albums à des intervalles aussi courts n’était pas du tout planifié. Pour le 3e album c’est sûr qu’avec l’expérience et le recul qu’on a accumulés on l’a sorti autrement, on a planifié la sortie, on a réfléchi la chose pour bien s’organiser pour que ça ait un peu plus d’impact, on a été mieux entourés aussi, on a eu un label Hellprod qui nous a filé des coups de main sur la promo, qui nous a trouvé une distribution mais tout en nous laissant garder la direction artistique de la chose. C’est notre album. On a géré l’enregistrement, l’aspect artistique, que ce soit esthétique au niveau du visuel, de la pochette, et puis la musique évidemment.

Un mot sur ce cobra qui est sur toutes les pochettes de vos albums ?
Le choix du serpent déjà de base c’est un choix esthétique. C’est un animal assez malin qui vient, te chope subtilement, te mord et dont le venin se déploie dans tes veines et c’est un petit peu l’image qu’on avait avec notre musique, ce côté ça te chope et ça te lâche plus. Après il y a aussi toute la symbolique du serpent. Le serpent c’est la réincarnation, c’est la vie et la mort, la maladie et la guérison, c’est le serpent qui se mord la queue avec l’ouroboros, il y a toutes les symboliques un peu mythologiques ou culturelles qui peuvent exister au niveau du serpent qui ont beaucoup d’intérêt. Il y a en plus souvent cet aspect dualité qui permet de développer des thématiques intéressantes dans les chansons. Du coup, une fois qu’on avait trouvé cette esthétique, on a voulu garder une certaine cohérence et ça reste assez large. Je te parlais de l’ouroboros, pour nous cet album là forme un cercle, il commence par “Inside the Nest”, se termine par “Outside the Nest”. Cette pochette avec ce cobra immense qui mord la planète, si tu la retournes, il y a un autre dessin avec un autre monstre, c’est un choix artistique et esthétique.

Celui qui a dessiné la pochette est aussi celui qui joue de l’harmonica sur “You only live twice” ?
Exactement. C’est Vincent Vincent. Il n’a pas dessiné le logo de base parce qu’on ne le connaissait pas encore quand on a commencé le groupe. Le premier visuel a été réalisé par un ami  à nous, Louis Hamy. Il a fait le logo qu’on a réutilisé derrière pour la pochette du premier album. La pochette de Fast and Dangerous a été réalisée par un artiste américain avec lequel on s’est retrouvés en contact par le biais du label qui nous avait sorti le 2e album, le label allemand FDA records. Entre temps, on a rencontré Vince qui est un très bon tatoueur, et s’est proposé lui-même de faire la pochette de l’album. On était évidemment super chauds d’abord parce qu’il est très bon, ensuite parce qu’on aime bien bosser avec des gens qu’on connaît, ça nous rassure. On peut avoir confiance en Vince, il nous connaît. En plus on fait de la musique avec lui, le rapport est vraiment très très fort même au niveau artistique donc quand il nous a proposé de faire ça, on a évidemment dit oui. Il a mis six mois à le faire, il s’est vraiment donné du mal pour arriver à ce résultat. L’idée de cette pochette, les couleurs, le thème ça vient de lui et ce qui est intéressant c’est qu’il faisait un peu partie de la bulle créative dans laquelle on s’est retrouvés quand on a commencé à bosser cet album, c’est à dire qu’il a commencé à travailler sur la pochette en janvier 2018 pendant qu’on était en train de commencer à travailler sur la composition. Il avait donc régulièrement des retours et c’est comme ça qu’est venu par exemple le titre “Cobra Cadabra”, le côté un peu mystique, magique de cette formule, qui s’est retrouvée à coller à merveille avec la pochette.

Il y a eu une évolution du rythme entre le premier et le 3e album ?
C’était déjà très fast, l’évolution ce n’est pas sur le tempo qu’on l’a faite. Je pense qu’on a affiné notre style, on a réussi à être sur quelque chose d’un peu plus complexe sans forcément que ce soit compliqué mais quelque chose qui nous soit plus propre. On ne va pas se mentir, il y a aussi le rapport à notre grosse influence qui est Motörhead, sans s’en détacher on s’en est bien distingués je trouve, notamment sur ce 3e album. On a une formule qu’on a gardée depuis le début, c’est ce power trio où ça joue vite, ça fait gros barouf mais on a réussi au fur et à mesure à améliorer le song writing, à rajouter plus d’influences qu’on n’avait pas forcément réussi à caser avant, je pense à des trucs style Deep Purple, Thin Lizzy, des groupes comme ça qu’on adore, et sur le 3e album on a eu le niveau technique, l’expérience aussi pour réussir à composer des chansons qui allaient de paire et du coup moi je vois une certaine cohérence, une certaine continuité et évolution sur les trois albums même si ce n’était pas planifié de base, on ne s’est jamais demandé où on allait aller avec ça surtout musicalement. Donc on reste dans cette continuité de volonté de faire du fast rock’n’roll mais je trouve que sur le nouvel album c’est des chansons plus matures et avec notre touche à nous plus affirmée.

Quelle est la principale difficulté quand on compose un album ?
Je pense que c’est à un moment donné d’avoir un certain recul sur ce que tu as déjà fait et de qu’est-ce qui manque. On a réglé le problème de la façon suivante, on a fait une pré-production de l’album, enregistré 7 ou 8 titres qu’on avait plus ou moins déjà terminés et ça nous a permis de les réécouter sans avoir les instruments dans les mains, en étant posés et de nous rendre compte qu’on avait des chansons plus longues qu’à l’accoutumée, qui dépassaient les 5 minutes ce qu’on n’avait jamais fait quasiment. Pour que l’album soit plus cohérent, il fallait qu’on ait encore deux ou trois titres un peu plus courts pour avoir un ensemble et je pense que c’est peut-être là la difficulté quand tu sors un album, c’est qu’il faut proposer une oeuvre complète de 11 oeuvres séparées. On a vraiment voulu faire un album cohérent, sans partir sur un concept album mais on voulait que ce soit un chapitre complet de notre carrière discographique et on avait tout un tas de choses à exprimer, au niveau des paroles comme au niveau des influences qu’on voulait mettre. La principale difficulté ça a été de réussir à faire ça, avoir un album couplé avec de la nuance, un certain nombre de titres, et je trouve qu’on a plutôt bien réussi, en tout cas par rapport à ce qu’on voulait faire on est plutôt satisfaits.

Combien de temps entre le début de la composition de l’album et cette journée promo ?
On a commencé à composer l’album en janvier 2018, terminé l’écriture en juillet, enregistré début août, fini l’enregistrement en septembre et après on est passés à la phase suivante, c’est à dire la mise en place de la partie extra musicale, la distribution, label, promo et compagnie.

Vous avez déjà joué des titres de l’album sur scène ?
Bien sûr, depuis le début de l’année on est surtout sur cet album là et on a déjà fait une trentaine ou quarantaine de concerts. Ça se mélange particulièrement bien avec les anciens morceaux. Les nouveaux titres sont peut-être un peu plus variés et sont vraiment super bien passés en live. Et puis on commence à entendre un peu autre chose que Motörhead, ça c’est cool.

Ta voix rappelle celle de Lemmy, c’est naturel ou tu forces le trait ?
J’ai appris à chanter comme ça. C’est une technique vocale, je n’ai pas besoin de forcer particulièrement. Mon truc pour travailler le chant c’est une guitare acoustique et des morceaux des Beatles. Ce sont des morceaux avec beaucoup de travail harmonique, avec des supers parties de chant, ça fait travailler l’anglais en plus et ça permet d’être d’autant plus précis quand je vais chanter avec cette technique un peu plus gutturale.

C’est toi qui compose les textes. Quels sont les thèmes abordés dans vos chansons ? Sexe, bière et rock’n’roll  ou chansons engagées ? “Days of rage” par exemple ? Avec ce clip et ces images de répression ? C’est une chanson engagée ?
On a quelques chansons engagées. Sur le premier album par exemple on avait un morceau, “Pancho Villa”, qui parle d’un révolutionnaire mexicain au début du 20e siècle, une espèce de Robin des Bois de l’époque. Ça te donne un peu un exemple de comment je peux aborder le sujet, j’ai mes convictions politiques mais je n’ai pas envie d’y aller et de les balancer de but en blanc donc j’essaie de le transformer de façon un peu plus artistique, littéraire peut-être en utilisant des références comme ça pour faire passer quelque chose. Après, qu’est-ce qu’il en passe, je n’en sais rien mais je n’ai pas envie de braquer avec ça. Par exemple, “Days of rage” parle de ces mouvements de révolte qu’il a pu y avoir, des mouvements de colère nés de l’espoir et de l’envie d’un autre monde, ces espoirs qui ont parfois été déçus ou douchés que ce soit par de la récupération politique ou par de la répression. C’est au sens assez large, dans le clip tu as Pancho Villa, la lutte des suffragettes pour le droit de vote dans les années 10 en Grande-Bretagne et même des images de Woodstock. C’est une page d’histoire mais sur laquelle j’ai essayé de voir un peu la cohérence comme moi je le perçois et cette cohérence c’est un peu ce que je viens de t’énoncer c’est-à-dire cette colère qui en réalité exprime de l’espoir. C’est par ce biais là que j’apporte la touche un peu plus politique et pas en disant allez voter pour lui ou elle demain, c’est la politique au sens un peu plus noble du terme. Pour “Feel it in your bones”, je me suis inspiré des écrits de Jean Jaurès contre la guerre avant la première, des écrits qui, relus 100 ans après, sont d’une actualité criante. Mais on a aussi d’autres textes avec le côté vraiment rock’n’roll au sens vrai c’est-à-dire les galères, le fait qu’être sur scène c’est quand même vraiment trop classe et cette invitation à faire la teuf, des choses plus légères où je peux m’amuser un peu sur les textes, des petits jeux de mots, des conneries, des trucs qui me font un petit peu marrer et qui sonnent bien et ensuite des textes un petit peu plus personnels, ça peut partir d’un sentiment de colère ou de tristesse et je vais essayer de mettre des mots pour raconter quelque chose là-dessus. Sur “Bad dream”, j’explique que l’inspiration vient souvent des mauvais moments quand t’es triste ou en colère et le refrain se termine par “I wish you a nightmare, a bad bad dream” pour avoir de l’inspiration.

Le choix des titres pour les premiers clips ? “Days of Rage” et “Cobracadabra”.
“Days of rage” on l’a choisie parce que c’était la plus courte, la plus directe, ça répond aussi à un truc très basique, c’était quelle chanson on a envie de faire écouter aux gens en avant-première et il s’est avéré qu’on était d’accord sur celle là. Pas qu’elle soit plus représentative que les autres, peut-être un petit peu plus efficace mais c’est surtout parce qu’elle nous plait et en plus c’était une des dernières composées, la thématique se prêtait très bien à un clip et on était unanimement d’accord sur le choix de ce titre.

L’avenir vous le voyez comment ? Rester ensemble dans ce style musical ?
Ah ouais clairement, là on est sur une lancée qu’on souhaite poursuivre, on est contents, tant qu’on s’amuse et qu’on a quelque chose à dire on n’a pas de raison de changer la chose, on essaie de faire des bonnes chansons, des bons concerts, de garder le sourire, tant qu’on y voit un intérêt on continue comme ça, on fait ce qu’on veut, on est très libres artistiquement.

Le mot de la fin ?
Merci à toi , à Vacarm et à tous ceux qui nous soutiennent depuis le début. Ceux qui ne nous connaissent pas, c’est le moment d’aller écouter !

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