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Soirée Libertine(s) au Zénith de Paris

C’était très chaud au Zénith la semaine dernière. Et si tu croyais que le rock était mort, voici pourquoi tu te trompes.

La salle parisienne accueillait à guichets fermés l’une des reformations les plus attendues de cette année, les Libertines, qui étaient passés par la capitale il y’a 10 ans pour un “dernier” concert avant de se séparer en 2004, sans compter la micro-reformation sur le devant de la scène en 2010 en Angleterre avant de se re-séparer, pour se re-reformer en 2014, ouf.

On le sait, la liaison amour/haine qu’entretiennent Pete et Carlos (comme il l’aime l’appeler) est à double tranchant. Elle a pu être source d’inspiration lors de la composition de certains morceaux aux titres évocateurs (“Can’t Stand Me Now”, “The Good Old Days”, “What Became of the Likely Lads”, ) comme elle a pu être source de conflits entre les deux compères, notamment à cause de la consommation de drogues.

Tout le monde a trouvé de bon goût d’ajouter son grain de sel quant à ce retour. “Ils doivent rembourser leur dealer”, “Ça va être nul”, “Ils font ça uniquement pour l’argent”, “Ils sont vieux” et “Ouais bof, je préfère les Arctic Monkeys” font partis des top phrases les plus entendues faisant preuve du plus de mauvaise foi.

Après, il est évident qu’une telle tournée engendre beaucoup d’argent pour le groupe, que le merchandising n’est pas donné, que le prix de la place non plus et que certes, la vie a fait qu’ils ont pris un peu d’âge (un peu de sagesse?)

Mais qu’importe, le groupe a annoncé dans l’été une grande tournée européenne avec un seul et unique passage en France; impossible de rater ça, sauf pour les mauvaises langues.

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Sorti du métro, direction le Zénith, où l’on croise bon nombre de personnes allant dans la même direction que nous. Certains se prélassent dans le Parc de la Villette avec un petit pack de bières. Je les envie secrètement mais je me retrouve dans l’enceinte de la salle avant que je n’ai eu le temps de craquer. On a des premières parties à voir, nous!

Oui, les premières parties, parlons-en. Deux groupes avaient été officiellement annoncés, sur internet et sur les billets, afin de chauffer le public. Une fois sur place, on apprend qu’il y’en a trois, en fait. On se sent un peu lésé, mais on espère que ce sera bien. Un peu trop peut-être.

Premier groupe, un duo fille-garçon guitares et boîte à rythmes rappelant inévitablement les Kills, mais on aurait bien aimé que ce soit eux à la place. Groupe sorti d’on ne ne sait où, avec une boîte à rythmes mal réglée qui fait mal à la tête, le public a dû se dire pareil, vu son immobilité dans la fosse. Je regarde mon ami dans les yeux, on ne se dit rien, on sort fumer une cigarette.

Deuxième groupe, CukooLander. Même constat. Ça sort d’où? Ça chante “Choubidou Bidou, I love You” d’une manière cul-cul en première partie des Libertines? Et ils ont même pas sorti d’EP encore? On a du mal à trouver le rapport, la cohérence de ces choix, et le public est toujours aussi inerte, à part deux trois rigolos qui ont dû picolés dans le parc. Mais bon, doit y’avoir des enjeux de promotion derrière tout ça, on aurait préféré que la rumeur des Parisians ait été confirmée, à la place de ça. Je commence à me dire que j’aurai dû rester dehors avec des bières, plutôt que d’avoir à payer 8€ la pinte pour supporter ça. On se regarde à nouveau avec mon ami dans les yeux, on ne se dit rien, on sort fumer une cigarette.

L’espace fumeur devient vite une jungle humaine, on se demande si il y’a plus de monde dehors ou dedans. Ça rassure au moins, on est pas les seuls à penser la même chose. La troisième première partie commence, Deers, on ne va même pas voir et on laisse patiemment passer l’heure, du coup… Dommage, on m’avait dit que ces espagnoles étaient plutôt jolies. Mais quand on voit qu’à Hyde Park c’est les Pogues qui ont joué avant les Libertines, on se dit qu’ils ont tout compris en Angleterre.

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21h30, le groupe fait son apparition devant un Zénith comble et surexcité qui applaudit leur retour sur scène. Et dès les premières notes de “The Delaney”, première chanson du set, ça part en pogo, direct. Ça tombe bien, moi qui étais dans le milieu de la foule, j’ai réussi à me faufiler vers le devant de la scène assez facilement, entre danse et bousculade, tandis que la plupart des filles rebroussaient chemin face à tant de violence. En une chanson, le ton est donné, et ce n’est que le début d’une longue croisade qui va durer deux heures.

Deux heures à arpenter le répertoire des Libertines pour le plus grand plaisir des fans présents qui, pour une bonne partie, a fait le déplacement de loin pour être là.  C’est donc compressé par la foule que les titres s’enchaînent. De la folie furieuse d’ “Horrorshow” à la poésie de “What Katie Did” en passant par l’hymnesque “Don’t Look Back Into The Sun”, le public en voit de toutes les couleurs. La quasi-totalité de leurs titres sont interprétés. Les fleurs, les verres vides et les saucissons volent en direction de la scène. Le groupe assure le show, avec aucun moments de faiblesse. Et c’est avec “I Get Along”, titre le plus explosif de leur répertoire, que le groupe vient achever sa prestation pour un public conquis dès le premier riff de guitare. Pour marquer leur bonheur et leur complicité, que les mauvaises langues jugent de faux, les deux compères se jettent dessus à la fin du concert pour venir s’écraser sur la batterie, dans une euphorie bien difficile à imiter. Il est indéniable de dire qu’ils sont dans leur phase “amour”, et c’est tant mieux. Pourvu que la “haine” ne revienne jamais.

J’ai rarement vu un public aussi transit, bouger dans tous les sens et se moquer qu’on lui marche sur les pieds. Quelle ambiance! Tous les regards étaient portés sur scène pour assister à la renaissance d’un groupe qui a su, 10 ans auparavant, les séduire et les faire venir taper du pied 10 ans plus tard; malgré le temps mort qu’il y’aura eu dans cette décennie. Une grand leçon de Rock’n’Roll, avec un grand R.

Si vous êtes un peu tendus en ce moment, je vous conseille d’aller voir les Libertines en concert très prochainement, ils devraient sortir un nouvel album d’ici peu de temps, et donc remplir les salles après cette parution. C’est encore plus efficace qu’un hammam pour éliminer les toxines de votre corps tellement vous transpirerez. J’aurai dû me filmer à la fin, en train d’essorer mon t-shirt dégoulinant de sueur, c’est un argument très vendeur.

Du coup, on ne doute plus de leur énergie sur scène, ils sont toujours en forme. On attend la suite avec grande impatience.

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Merci à Alain Bibal pour les photos!

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