Nouvelle salle de musiques actuelles qui fait aussi la part belle au genres extrêmes, Le 106 était un lieu de choix pour accueillir les Finlandais d’Apocalyptica pour la dernière date française de leur tournée; accompagnés d’une pointure hexagonale (Dagoba), les violoncellistes les plus Rock de la planète ont fait face à une salle comble et une ambiance de feu pour une soirée qui aura rappelé que le public normand a longtemps été orphelin d’une vraie scène pour ses atermoiements Métalliques, mais qu’il est désormais prêt à rattraper le retard.
Les marseillais de Dagoba s’attendaient sûrement à tout sauf à ça en venant faire la première partie d’un groupe international en province…souvent chahuté, voir ignoré, le groupe qui a la lourde tâche d’ouvrir pour une tête d’affiche doit même parfois jouer en entendant le nom du groupe suivant scandé par le public pendant son set. Un nom a bien été scandé pendant le set de Dagoba, mais c’est bien le leur, celui des auteurs du dernier excellent opus Poseidon: encouragements, ovations à la fin de chaque morceau, Wall Of Death, Circle Pit, reprises en choeur des refrains par le public, qui a oublié l’espace d’un instant que les marseillais étaient là pour ouvrir tant l’ambiance était brûlante… La bande à Shawter et Franky Constanza a définitivement passé un cap dans l’esprit du public et ça se voit à sa popularité en live, les deux gaillards ayant par ailleurs eu l’air très touchés par cet accueil auquel ils ne s’attendaient pas forcément.
Mais le public présent n’est pas venu que pour voir du Métalcore à la française, la représentation inter-générationelle dans la fosse nous le rappelle, et c’est bien le combo finlandais que la majorité du public attend maintenant sagement. L’originalité de la démarche d’Apocalyptica est telle qu’on ne peut se passer de voir cela au moins une fois sur scène pour admirer la dextérité, l’application et l’utilisation géniale des violoncelles et autre contrebasse pour jouer des morceaux d’inspiration Métal. Partagé entre les désormais classiques reprises de Metallica («Master Of Puppets», «Seek and Destroy») et titres phares des derniers albums («I Don’t Care», «End Of Me»), la setlist des scandinaves est savamment organisée pour laisser entrevoir l’éventail des possibilités d’exploitation de ces instruments peu conventionnels dans ce style.
Si l’atmosphère se révèle magique lors d’un «Nothing Else Matters» beau à pleurer, ou d’un somptueux «2010» très bien réalisé même sans Dave Lombardo, le rendu live des morceaux les plus électriques est beaucoup moins réussi que sur album, où les bienfaits de la production pour canaliser les saturations sur de tels instruments se font entendre. Autre hic, les albums d’Apocalyptica se caractérisent par la présence de prestigieux invités (Corey Taylor, Gavin Rossdale, Till Lindemann, …) et qui ne sont évidemment pas présents sur scène, remplacés par Tipe Johnson qui officie comme chanteur live, plein de bonne volonté, mais ne possédant ni le charisme, ni la voix de ceux qu’il remplace au pied levé sur scène. Et quelle tristesse de ne pas voir Joe Duplantier (Gojira) rejoindre le groupe pour interpréter l’excellent «Bring Them To Light», un peu massacré par le brave Tipe.
Mais ne boudons pas notre plaisir, on est tout de même enchantés par l’incroyable présence scénique des Finlandais, par leur capacité à se mouvoir aisément sur scène avec des instruments aussi lourds, et la parfaite exécution technique des titres… Le public a beaucoup apprécié, le groupe a semblé prendre beaucoup de plaisir sur scène, et la salle comble a dû ravir les organisateurs qui devraient offrir au public rouennais de nouvelles belles têtes d’affiches Métal dans les mois à venir. Un succès sur toute la ligne.
.: Setlist Apocalyptica :.
Quasimodo
2010
Grace
Master Of Puppets
End Of Me
I’m not Jesus
For Whom The Bell Tolls
Refuse
Beautiful
Sacra
Nothing Else Matters
Last Hope
Bring Them To Light
Seek And Destroy
Inquisition Symphony
At The Gates Of Mana
I Don’t Care
Hall of The Mountain King








