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Lofofora – Vanités

Lofofora est indestructible. Fondé à la fin des eighties, le groupe résiste aux temps et aux tendances. Ce dernier aura certes connu quelques inévitables changements de line-up, mais poursuit depuis ses débuts son chemin en affichant une vraie personnalité dans le son comme dans le propos. Pionniers du rock / metal-fusion en France, les Lofo n’avaient pas hésité avec le récent Simple Appareil à se mettre en danger en proposant un album acoustique exclusivement constitué de morceaux inédits. Une démarche culottée et intéressante – l’exercice vise d’ordinaire à réadapter des morceaux connus à la guitare sèche – qui aura logiquement divisé, et de l’aveu même du groupe lui aura fermé les portes de certaines salles de l’hexagone lors de leur dernière tournée. Le disque était pourtant probablement nécessaire. Passé cette respiration dans sa discographie, le quartet revient en effet plus fort avec Vanités, un dixième opus Lofo pur jus.

Lofofora à sa patte, sa marque de fabrique. Si leur musique a logiquement évoluée avec les années, le quartet n’a jamais véritablement eu besoin de revoir sa formule en profondeur – le cas Simple Appareil mis à part –. Et les années ne changent résolument rien à l’affaire. Lofo revient prêt à en découdre, et synthétise à l’occasion de ce dixième album studio tout ce qui constitue son ADN. A commencer par un riffing en acier trempé, à la fois speed et bardé de groove. Les attaques sont incisives, précises, emballées dans une prod’ maousse mais jamais gonflée artificiellement. Les Parisiens affichent un songwriting dynamique, à mi-chemin entre fusion old-school, metal et rock bien gras. Certains titres affichent même un feeling punk vénèr à souhait qui donne furieusement envie de taper du pied – « Le refus » ou encore l’excellent « Le futur », dévoilé en éclaireur il y a quelques mois –. Côte rythmique, Vincent Hernault reprend son poste après avoir ses baguettes à Kevin Foley pour l’essai acoustique. Le bonhomme est précis, massif et pose un fil directeur parfaitement calibré au flow de hargne et d’électricité déversé par ses compagnons d’armes. Impeccable.   

Si le groupe n’a jamais dévié ou opté pour un « polissage » de son approche musicale, c’est probablement que ces fameuses « choses qui dérangeaient » il y a trente ans restent terriblement actuelles. Le monde et ses éternels désordres est une intarissable source d’inspiration pour le désormais cinquantenaire Reuno Wangermez, chroniqueur social à la plume bien affûtée. Le frontman s’en donne ici à c?ur joie pour dresser des constats acides sur les dérives humaines dans toute leur diversité : politique, machisme – le second degré dont fait preuve « Le mâle » en fait l’un des meilleurs titres de la galette –, culte de l’argent, exploitation des plus faibles et que sais-je encore. Les textes sont une nouvelle fois aux petits oignons, et s’accordent magistralement aux instrus furibondes de ses trois compères. Il est par ailleurs à noter que Reuno apporte un soin vraiment particulier aux variations, et fait de ce Vanités l’album de Lofo le plus varié / contrasté sur le plan vocal à ce jour.

Gras, virulent et furieux, Vanités se hisse dans le haut du panier de la disco de Lofofora. Le disque ne souffre d’aucune baisse de régime et bénéficie d’un excellent taff de la part des zicos et de Reuno, inspiré dans les textes comme dans les mélodies. Trente ans après ses débuts, le groupe affiche une une verve intacte. Une belle performance.

.: Tracklist :.

1. Bonne Guerre
2. L’Exemple
3. Les Fauves
4. Le Refus
5. Le Venin
6. Le Futur
7. Le Mâle
8. Désastre
9. Xit
10. Les Seigneurs
11. La Surface

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