
Joakim Bouaziz, de son presque-nom de scène Joakim, est un artiste de musique électronique parisien, se coiffant de la casquette de musicien, de producteur, de dj et de remixeur. Au delà de ses qualités de musicien, il est également fondateur du label Tigersushi, sur lequel sont produits des artistes tel que Discipline, Principle of Geometry ou encore Poni Hoax. À contre courant des tendances, Nothing Gold est le quatrième album de Joakim, le premier à paraitre sur son label.
On peut approcher Nothing Gold de deux façons. La première est, selon les propres mots de l’artiste, de voir cet album comme « une galerie de portraits de personnages fictifs aux comportements et aux points de vue hors normes, déviants. » On peut aussi en avoir une seconde lecture : Nothing Gold, titre emprunté au poème de Robert Frost Nothing Gold Can Stay, est évocateur d’une nostalgie du temps qui passe, ce qu’un auditeur avertie ne saurait manquer : on peut y voir le thème de la mélancolie de l’âge entre la jeunesse et l’âge adulte, a.k.a les « thirties ». La couleur est annoncée dès l’introduction, longue envolée de nappes analogiques, ouvrant sur un vague à l’âme qui apparaît dès la première chanson « Forever Young » donnant le ton avec son refrain ‟You used to be young, now where do you belong?” Le spleen se poursuit avec « Fight Club » et ensuite « Nothing Gold », morceau éponyme au refrain entêtant chanté par une voix aérienne, toujours dans le thème : ‟My love is gone, is it forever or is it like the weather?” L’album est d’une fluidité incontestable, chaque titre suit le précédent dans un enchainement parfait, l’émotion générale donnée par l’album croit progressivement, les ballades mélancoliques de « Find a way » ou « Perfect Kiss », se colorent de piano sur « Piano Magic » ou « In the Cave » ou encore accompagnent des basses chaleureuses sur « Labyrinth ». L’air ira même se faire plus deep sur des morceaux plus techno comme « Paranoid ».
Ce qui marque à la première écoute de Nothing Gold, c’est l’attachement de Joakim aux synthétiseurs analogiques et autre boites à rythme. Loin des clichés froids des turbines dance-music actuels produites sur laptop, l’artiste préfère nous livrer avec Nothing Gold un album de studio aux accents disco, frôlant parfois la house, la pop ou encore la techno, et dans lequel les chaleurs analogiques font de l’ensemble un assortiment de mélodies travaillées, d’airs planants et mélancoliques, de basses chaleureuses, le tout saupoudré du chant de Joakim, toujours filtré ou délayé.
Dans l’ensemble, l’album n’est pas taillé pour le club, ou pour une soirée arrosée à la vodka-redbull. Au contraire, c’est un album chaleureux, qui mérite d’être écouté du début à la fin, au casque seul chez soi ou lors d’un diner en amoureux. On saluera au passage la qualité de la production d’un album réalisé à la perfection, et ce à tous les niveaux.
.: Tracklist :.
1. Intro
2. Forever Young
3. Fight Club
4. Nothing Gold
5. Wrong Blood
6. Find a Way
7. Paranoid
8. In the Cave
9. Piano Magic
10. Labyrinth
11. Perfect Kiss
En bonus, le clip de « Nothing Gold » :
Joakim – Forever Young (Official Video) from TIGERSUSHI on Vimeo.
Et de « Find a Way », véritable coup de coeur de l’album :
JOAKIM « Find A Way » Official Video from TIGERSUSHI on Vimeo.

