Huit ans après leur séparation,K’s Choice remonte sur scène pour fouler les planches du Casino de Paris. Quelques heures avant leur concert, Gert Bettens le leader emblématique du groupe pop/rock phare des années 1990 revient sur le succès de K’s Choice et les nouveaux tubes à venir d’ Echo Moutain leur sixième album studio.
Même si vous ne vous êtes jamais perdus de vue, huit ans après votre séparation, quels sont vos sentiments quelques heures avant votre retour sur scène à Paris?
Gert Bettens : Nous sommes très heureux de remonter sur scène en France. Nous avons eu un accueil tellement chaleureux depuis le début de notre tournée. Paris est une des plus belles villes du monde et nous sommes contents de jouer ici ce soir dans cette superbe salle du Casino. C’est un endroit intense rempli de bonnes vibrations. Le concert est complet ce soir, c’est une très agréable surprise. Nous espérons rendre au public ce qu’on leur doit depuis ces huit ans.
Vous avez toujours eu un lien très fort avec vos fans, les concerts de K’s Choice comme ceux de Sarah en solo sont toujours complets. Comment expliquez-vous ce lien indestructible qui vous unis à votre public toujours aussi fidèle même après toutes ces années ?
Gert Bettens : C’est très difficile à expliquer, en faite je ne l’explique pas vraiment. Il est vrai que beaucoup de groupes ont du mal à accrocher le public en début de carrière et que le lien se crée au fur et à mesure. Nous avons eu de la chance, nos liens avec le public sont nés dès le début du groupe. Je crois que c’est parce que nos textes parlent simplement de choses qui les touchent directement. Nous sommes comme tous le monde.Les paroles parlent autant de nous que d’eux. Je pense que c’est ce qui a permis de construire cette amitié et cette reconnaissance mutuelle.
Peux-tu nous présenter les nouveaux membres du groupe, Thomas (guitare) et Reinhart (piano) ?
Gert Bettens : Thomas et Reinhart font aussi partie de mon autre groupe Woodface. Thomas est un génie de la guitare avec un jeu très spontanée, parfois c’est vraiment génial et d’autres fois c’est totalement catastrophique (Rires). Il est un de mes guitaristes belges préféré, j’ai été très heureux qu’il rejoigne K’s Choice. Reinhard est aux claviers. Nous le connaissons depuis très longtemps, son frère fût un des guitaristes de K’s Choice il y a un peu plus de dix ans. C’est donc un grand plaisir de l’avoir à nos côtés.
Votre « come-back » a été préparé par mail, Sarah vit aujourd’hui aux Etats-Unis alors que le reste du groupe réside toujours en Belgique. N’était-ce pas un peu compliqué de tout gérer par Internet ?
Gert Bettens : C’était très difficile au début de jongler avec nos plannings. Sarah a fait plusieurs albums solos et elle avait beaucoup d’obligations. De mon côté, j’avais Woodface à gérer. Nous voulions vraiment refaire un album sur la même base que les autres avec la même approche et la même sensibilité. Et la magie ne se crée que quand Sarah et moi sommes réunis. Ca a été très rocambolesque au début (Rires). On s’envoyait nos idées, nos démos par email. C’était une bonne idée mais ça a ralenti considérablement l’évolution de l’album. Cette situation m’a un peu frustré car tout allait très lentement et je n’avais pas l’impression d’avancer. Ce n’est que quand Sarah est venu en Belgique que nous avons pu vraiment nous asseoir prendre nos guitares et travailler à fond sur cet album. Ce n’est qu’à partir de ce moment là que j’ai vraiment senti que nous avions toujours cette harmonie commune qui donne le son de K’s Choice. Nous avons donc passé le plus de temps possible ensemble pour pouvoir extraire le meilleur de chacun d’entre nous. Je ne dis pas qu’il a été facile de se remettre dans le bain mais au fils des années notre écriture et notre jeu se sont affinés, je crois que notre son est plus mature qu’avant.
Vous avez su garder le son type de K’s Choice sur Echo Mountain . N’avez-vous pas été tenté d’incorporer d’autres styles musicaux ?
Gert Bettens : Non, je ne vois pas K’s Choice s’est essayé à d’autres styles. Je prends toujours du plaisir à jouer notre musique. Mais, je ne crois pas que Echo Moutain soit radicalement semblable aux autres albums. La première partie est douce mais la deuxième est plus forte, plus puissante. J’aime cette dualité entre le soft et le rock’n’roll surtout sur scène.
Mais « If this isn’t right » est plus groovy, plus jazzy, ce qui n’est pas commun chez K’s Choice. Qui a écrit cette chanson ?
Gert Bettens : C’est Sarah qui l’a écrit. Je suis d’accord avec toi, cette chanson est plus jazzy. C’est pourquoi nous avons choisi de la placer en dernier sur la première face de l’album. Nous ne pouvions pas la placer autre part sinon elle aurait été comme un cheveu sur la soupe. Il y a beaucoup de swing sur « If this isn’t right », ce n’est pas une chose que nous faisions habituellement dans le passé. Sarah avait beaucoup d’influences blues/jazz sur son dernier album solo et elle a écrit cette chanson dans la même lignée. Elle a également commencé à jouer du piano et je crois que c’est la première chanson qu’elle a composé entièrement au piano.
« Sixteen » est une des plus belles ballades de l’album, énergique mais mélancolique à la fois. Regrettes-tu tes seize ans ?
Gert Bettens : Non mais je suis toujours très nostalgique quand j’y repense. J’ai déjà 40 ans ! (Rires). Mais je suis toujours resté le même. Je pense que c’est un sentiment que nous partageons tous. Seize ans est un âge symbolique qui nous renvoie à toutes nos premières fois. Mais je ne crois pas qu’avoir seize ans soit aussi un âge idéal. Tu te prends quand même pas mal de claques en pleine figure, surtout en amour ! Mais en même temps, tu n’arrêtes pas d’expérimenter de nouvelles choses, de créer et de vivre avec une telle énergie. J’essaye toujours de garder cet esprit aujourd’hui en tentant de nouvelles expériences. Je crois qu’on a tous toujours seize ans au fond de soi. Nous essayons toujours de nouvelles choses mais nous avons plus conscience de nos actes ce qui nous freinent un peu.
"Not an addict","Believe", "Everything for free" …à chaque concert vous reprennez vos tubes, parfois depuis plus de 15 ans ! Vous en avez pas marre parfois de jouer ces chansons?
Gert Bettens: (Rires) Non, mais il y a eu une époque où ça m’a un peu gaver.Il y a quelques années lorsque je jouais "Not an addict" par exemple, je me disais "C’est pas vrai, ça doit être la trois centième fois que je la joue celle là cette année!"!J’étais un peu soulé et puis j’ai réalisé à quel point c’était important pour le public. Nous ne pouvons pas faire un concert sans les titres qui ont fait le succès de K’s Choice. Quand je vois leur visage s’illuminer dès que nous entonnons "Believe" ou "Mr Freeze", j’oublie tout et je suis submergé par toute cette énergie et ce bonheur qui se dégagent du public. Bien sûr nous aimerions qu’ Echo Moutain ai le même succès que Cocoon Crash ou Paradise in me mais tant que le public prend du plaisir à nous écouter et à nous voir jouer sur scène, c’est ce qui importe le plus.
Que représentent ces chansons aujourd’hui pour vous ?
Gert Bettens : Le passé. Mais comme je te l’ai dit précédemment pour moi c’est toujours une joie de les jouer du moment que ce bonheur est partagé avec le public.
Votre dernier chanson « Between All & Nothing » est disponible sur un album de charité pour soutenir la recherche psychiatrique et la reconnaissance des patients. Pourquoi ce choix ?
Gert Bettens : Nous avons participé à ce disque de charité par choix personnel, pour nous il est important que les patients soient reconnus en tant qu’hommes. En ce qui concerne la chanson Je l’ai écrit à un moment de ma vie où ça n’allait pas très fort. Pour tout te dire, il y a plusieurs années j’essayais d’avoir des enfants et comme nous n’arrivions pas à en avoir, j’ai senti comme un vide et une espèce de frontière entre nous et les autres. D’où le nom et le contenu de la chanson.
Quel dernier mot aimeriez-vous dire à votre public français?
Gert Bettens: Nous sommes vraiment heureux d’être revenu et nous espérons que vous partagerez ce bonheur avec nous. Merci beaucoup !




