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Interview de Sheby, chanteur du groupe Tigerleech, le 8 juillet 2019.

Le 8 juillet 2019, Sheby, chanteur du groupe Tigerleech, a répondu à nos questions au Black Dog (Paris). Une rencontre organisée par Replica Promotion. The Edge of The End, premier album du groupe, vous balance un uppercut en pleine tronche sur des thèmes malheureusement bien d’actualité.

Ta découverte du metal remonte à quand ?
J’ai deux grands frères qui avaient un groupe punk dans les années 80, je ne sais pas d’où ça nous est venu. Mes parents avaient des disques, on a baigné dans la musique même si c’était de la chanson française, Piaf, Brel, quand même il y avait des disques et de la musique à la maison. Mon père jouait de l’harmonica, on a baigné là-dedans, on achetait des petits trucs à l’époque, c’était de la pop française, même du disco etc. Très vite mes frangins se sont mis à écouter les Beatles, les Stones, Deep Purple, des trucs un peu plus pointus aussi comme King Crimson. On était en Bretagne et quand mes frangins ont eu une vingtaine d’années, on a migré vers Rennes. C’était la grosse époque du punk et ils ont plongé dedans. Moi le petit frère je suivais, ils ont fait leur groupe et là c’était parti. Ils ont ensuite migré sur Paris, je les ai suivis, j’ai commencé à faire un groupe punk mais plus punk hardcore. On était un peu dans les premiers à faire ce style musical de punk hardcore très très rapide, Ensuite j’ai continué et d’ailleurs, pour la petite histoire, dans les années 90, j’ai joué dans un groupe un peu plus trash metal avec aussi des influences hardcore et ce groupe est devenu Mass Hysteria. Je suis parti, ils ont pris Mouss au chant qui venait d’ailleurs nous voir aux répétitions.

Peux-tu m’en dire un peu plus sur le thème de ce premier album ?
Le morceau “The Edge of the End” parle de notre impact écologique sur la terre qui est terrible mais les autres titres abordent des sujets différents, des sujets d’actualité mais toujours vus du côté obscur. Les paroles sont assez sombres. C’est une critique très sombre de l’homme en général. J’écris les paroles et pour l’instant je n’arrive pas à ressortir le côté positif des choses. L’humain est vraiment désespérant. De temps en temps il y a quand même de belles choses heureusement, mais dans son ensemble, plus ça va, pire c’est. Le fait de pointer ça peut être positif quelque part. A force de montrer notre connerie humaine peut-être que ça peut aider à la réguler.

Ça soulage de composer sur ces thématiques ? 
Je pense que c’est une forme de thérapie oui. La musique aussi nous fait du bien, ça nous fait sortir des choses. Aller jouer, s’exprimer sur scène, même limite dans notre local de répétition, nous permet d’exprimer des choses. On a encore cette chance en France de pouvoir s’exprimer, critiquer et de pouvoir faire de la musique. Dans certains pays c’est compliqué de faire de la musique, on a déjà cette chance donc autant l’utiliser et puis oui c’est une forme de thérapie, moi ça me fait du bien d’aller crier dans mon micro.

Sur 10 titres, seul “Jungle punk” s’affiche avec 3’30, sous la barre des 5’45. Pourquoi ? Parce que le punk c’est rapide ?
On ne se pose pas trop la question sur les morceaux, on les fait comme on les sent mais effectivement on s’est aperçu qu’ils font en général autour de six minutes. Celui là est un peu particulier, il est plus court. C’est Fabien qui l’a apporté, un riff un peu plus punk rock, on a adoré, avec un passage un peu zouk, un peu décalé au milieu, il sort un peu du lot, il est dans un autre registre. On a une ligne directrice, on est sur des morceaux un peu down tempo, un peu lents, quand même assez mélodiques donc on reste là-dessus mais on ne s’interdit rien. Si ça nous plaît on y va. On a quand même des influences des années 90 qui ont été un passage énorme dans la musique metal, beaucoup de choses se sont mélangées, avec du hip hop, du funk etc et puis il y a eu un grand panel de groupes, de Pantera à Soundgarden en passant par Rage Against The Machine, ça a vraiment foisonné à cette période. Après effectivement je pense qu’on est moins influencés par du death ou du black metal même s’il y a de très bons groupes dans ce style et qu’on est assez ouverts. Je pense qu’on est autour d’une sonorité un peu 90 influencée par la vague stoner.

Pourquoi ce titre en français “Sexe dur” alors que le morceau est chanté en anglais ?
Un titre en anglais ne me plaisait pas, les paroles de “Sexe dur” c’est autour d’un couple qui fait l’amour mais de façon un peu hardcore. C’est juste un clin d’oeil et la petite touche française parce qu’on est un groupe français alors que le nom du groupe et les paroles sont en anglais. On a aussi nos influences françaises, le fait d’habiter à Paris, d’être dans une ville, on a ce côté un peu urbain alors que le stoner c’est plutôt des mecs qui vont enregistrer dans le désert, ils appellent ça aussi du desert rock, je pense que l’environnement aussi influence la musique donc notre musique est aussi un peu plus brute parce qu’on habite dans une ville, avec le côté agressif de la ville, dans notre chère capitale (rires).

Un mot sur l’artwork ?
C’est un crâne de singe. Notre batteur Olivier est graphiste, il a fait la pochette. C’est en rapport avec le titre de l’album “The Edge of the End” qui est le début de la fin, le seuil à ne pas franchir et qu’on a franchi d’ailleurs de toutes façons. A partir du moment où les primates seront morts, je crois que pour nous ça sera la fin.

Vous avez un projet de clip? Si oui quel titre allez vous mettre en avant ?
Je pense que ce sera “Sandstorm”, une histoire de femme battue, un sujet d’actualité malheureusement. C’est un sujet un peu touchy, que ce soit quatre mecs qui en parlent c’est un peu spécial surtout dans un groupe faisant de la musique un peu dure. C’est une femme qui a écrit un livre, son prénom c’est Morgane mais je ne me rappelle plus de son nom je suis désolé, qui explique qu’elle a été battue pendant des années par son mec mais ce qui était terrible c’est que le mec lui donnait un compte à rebours du moment où il allait lui taper dessus. Il lui disait “dans dix minutes je vais te battre” et cinq minutes après il lui disait “il ne te reste plus que cinq minutes”. C’est compliqué de faire un clip sur un sujet comme ça mais c’est un bon challenge aussi. On espère le sortir en octobre.

Si tu ne devais faire écouter qu’un titre à quelqu’un qui ne connait pas du tout le groupe, tu choisirais lequel ?
Je pense justement que “Sandstorm” est représentatif de notre son, de l’album.

Que penses-tu de la façon d’écouter de la musique aujourd’hui ? Peu de gens écoutent un album entier.
Les jeunes n’écoutent plus de la musique, ils regardent de la musique, ils regardent Youtube. J’ai plus de 50 ans, je suis de la vieille école donc moi c’était les albums, les pochettes, lire les paroles, c‘était attendre que l’album sorte alors que maintenant ça va tellement vite. Je pense qu’à l’époque on écoutait moins de choses parce que c’était moins facile, fallait attendre l’album, fallait aller l’acheter etc, maintenant ça va beaucoup plus vite, il y a une consommation. Est-ce que c’est plus facile pour les groupes de se faire remarquer ou d’émerger du lot, de se faire écouter, je ne suis pas sûr parce que du coup c’est une masse, un truc immense, si on est sur des plate-formes comme Deezer ou Spotify, c’est tellement noyé dans une masse. Après je me dis que le fan de metal est toujours à la recherche de nouveaux trucs, il a toujours ses groupes fétiches, il aime aussi ses vieux groupes donc ça je pense que ça n’a pas changé la nature humaine mais effectivement dans la consommation par contre je crois que c’est un peu différent.

Vous êtes en auto production ?
Oui. On n’a pas de label, ça aussi c’est en devenir, j’espère que l’album va nous aider aussi à démarcher.

Un mot sur la scène ?
La scène c’est le bonheur. Notre style musical, énergique, est fait pour partager avec les gens, qu’on s’amuse, que les gens s’amusent aussi, qu’on passe un bon moment ensemble c’est ça le but, c’est pas de faire une carrière !

Un rêve de première partie ?
Comme je suis seul à répondre à l’interview je vais prendre mes choix (rires) ! J’apprécie particulièrement Life of Agony qui a commencé par un style un peu plus hardcore et a dérivé vers un truc plus rock avec un petit côté stoner mais bon ils sont de New-York donc c’est du rock américain un peu musclé. Mais y en a plein d’autres, Corrosion of Conformity par exemple. Ce sont nos références donc jouer en première partie d’une de tes références ça doit être incroyable.

Le mot de la fin ?
Merci pour cette petite discussion bien sympa !

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