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Interview de Seb, batteur du groupe Haumea, dont le nouvel Ep “Leaving” est sorti le 31 mars.

Le 13 avril, Vacarm a pu s’entretenir par téléphone avec Seb, batteur du groupe Haumea, dont le nouvel Ep Leaving est sorti le 31 mars. Sept titres d’un rock/metal “inclassable” aux multiples influences, un groupe jeune (deux ans d’âge) mais ayant déjà fait les premières parties de Treponem Pal et Lofofora, rien que ça !

Comment se passe le confinement pour toi ? Est ce une période riche en créativité musicale ?
Ça se passe bien, je bosse en télétravail. On foisonne d’idées à vouloir mettre en place après avec les copains.

C’est le confinement qui donne des idées ?
C’est l’accumulation de tout. Le fait de ne pas pouvoir répéter avec les copains ça permet aussi de s’octroyer du temps pour autre chose et notamment pour créer de nouvelles idées de compos ou de textes, ça permet aussi d’écrire.

C’est plutôt une bonne chose alors.
Oui et non. Il vaut mieux le prendre positivement.

Un rappel de l’historique du groupe pour les lecteurs de Vacarm ?
Haumea, groupe originaire d’Alençon en Normandie, a été créé en 2018. C’est un groupe assez jeune donc mais qui sort déjà son deuxième Ep.

Pourquoi deux Ep et pas un Ep et un album ?
C’est un choix qu’on a fait. On sait qu’un travail sur un album ça peut être un an et demi, deux ans entre la composition, l’enregistrement et la finalisation. L’idée c’était d’essayer de faire connaître le son le plus rapidement possible. On a opté pour deux formats d’Ep consécutifs dont un de quatre titres pour commencer les démarchages et cet Ep de sept titres pour continuer, montrer notre marge de progression et on n’en est qu’au début.

Avec sept titres on n’est pas loin de l’album finalement. Penses-tu que le format de l’album est appelé à disparaître à l’ère du zapping et de l’accès illimité à la musique ?
Moi le premier, un album je ne l’écoute pas en entier, je le survole. J’écoute les morceaux qui m’interpellent, ça ne m’empêche pas de revenir quelques temps après sur des morceaux que je n’avais pas pris le temps d’écouter. A l’heure actuelle, et ça la bassiste le défend pertinemment, c’est plus la voix du numérique, c’est pour ça qu’on a sorti notre deuxième clip là, on essaie de le défendre et d’en créer un autre entre temps pour continuer de promouvoir le nouvel Ep mais à titre personnel je ne suis pas sûr que l’album soit une finalité en soi. Les Ep permettent d’avoir de la qualité régulière.

D’où vient le nom du groupe ?
Haumea est la divinité hawaïenne de la fécondité. Nous sommes quatre musiciens sortant soit de l’extrême metal, soit du hardcore ou du rock français et Haumea nous permettait de renaître musicalement de notre passé de musiciens.

Dans quelle mesure tu parles de renaissance ?
Je n’écoutais que du hardcore et je me suis réinspiré d’autres univers, ça permet de revoir ses classiques ou de se redécouvrir musicalement.
Nos univers sont très larges, ça nous permet de brasser énormément de styles musicaux et on peut passer du metal à la bossa nova sans problème. C’est notre univers. Après le public adhère ou pas mais le public du metal, par delà les clichés qu’on en fait, est très très ouvert et quand on regarde ce qu’est la musique metal, c’est potentiellement l’univers musical le plus grand.

Le Metal comporte énormément de catégories, tu classerais Haumea dans laquelle ?
J’aimerais dire « inclassable » ! (rires) on brasse tellement d’univers que ça permet de ne pas avoir deux morceaux qui se ressemblent.

Même au niveau du texte d’ailleurs. Pourquoi ces passages en français alors que les textes sont majoritairement en anglais ?
Le premier Ep était exclusivement en anglais et là justement le chanteur s’est dit que, venant du rock français, autant mettre une touche française. La langue de Molière est quand même très poétique et ça permettait aussi aux non anglicistes de comprendre les paroles parce qu’en français on exprime des paroles relativement fortes et qui nous tiennent à coeur donc le fait de les mettre en français c’était notre fer de lance.

Il y a un fil conducteur entre les titres ou bien ils abordent chacun un sujet différent ?
Chacun a son univers particulier. Le fil conducteur c’est souvent le constat d’échec, le côté alarmiste ou sinon le côté très empreint d’émotion.

Qui écrit les textes ?
Niko le chanteur sauf pour « Bones » où on a collaboré tous les deux.

De quoi parle cette chanson « Bones » ?
C’est un constat écologique, le mal fait à la nature, les coutumes ancestrales qui ne servent à rien, la pollution à outrance, l’homme a quand même créé un nouveau continent fait de plastique !

Le choix du titre « Breath » pour le premier clip ?
Pour la simple et bonne raison que c’est le titre qui nous a donné le plus de fil à retordre. On l’a remanié plusieurs fois, on voulait lui donner vraiment tout son cachet et ça nous a permis, en plus de l’avoir sur la galette, de le perfomer sur vidéo. C’est vraiment un titre qui nous tient à coeur. Niveau émotion c’est un des plus aboutis. Voilà pourquoi on a voulu le mettre en lumière via le clip. “Breath” c’est le côté addiction, dans le clip l’addiction à l’alcool, c’est aussi un constat d’échec. Pour nos textes, soit on prend une thématique et on essaie de fédérer autour, soit c’est un vécu le plus souvent noir et très personnel.

Ton titre préféré de l’Ep ?
Je les aime tous mais celui que je préfère c’est “Bones” parce que j’ai écrit les textes avec Niko et musicalement je le trouve très entrainant et puis c’est un morceau qui parle des causes écologiste et animale, des choses qui me tiennent à coeur. D’avoir collaboré à l’écriture en fait un morceau que j’aime particulièrement

Le choix de Magnus Lindberg pour le mastering ?
On avait enregistré le deuxième Ep au même titre que le premier au Swan Sound studio chez Guillaume Doussaud, une collaboration qui va perdurer à l’avenir parce que Guillaume travaille très bien, est toujours à l’écoute des désirs et des attentes des musiciens, c’est quelqu’un d’adorable et on adore bosser avec lui. On cherchait une sonorité typée rock metal US et Léa, qui s’occupait de la recherche du mastering, a trouvé Magnus Lindberg. En regardant son catalogue, on s’est rendu compte qu’il y avait des groupes de rock français qui avaient été masterisés chez lui dont on écoute régulièrement les morceaux. Se payer le culot d’un mastering chez Magnus Lindberg c’est pour dire que nous aussi on veut jouer dans la cour des grands, sans être prétentieux.

Un mot sur l’artwork ?
C’est moi qui l’ait créé. Sur le premier Ep, on avait fait quelque chose de noir et blanc et pour le deuxième on voulait quelque chose de simple et efficace et avoir de la couleur parce que l’idée c’est que ça percute à l’oeil dans un rayon, un bac, et justement de mettre la femme en lumière avec une main violacée, ça fait un peu film d’horreur. On veut que ça pète à l’oeil sans que ça soit du flashy.

Ton premier contact avec la batterie c’était à quel âge ?
Une dizaine d’années et j’ai pas lâché.

Et le choix du Metal comme mode d’expression ?
C’est les oreilles qui choisissent. Quand j’ai découvert la batterie, j’ai commencé à jouer sur du Nirvana, du Offspring et le fait d’avoir de la rapidité, de l’intensité, c’est quelque chose qui m’a toujours vraiment plu dans la batterie. Je suis donc resté dans cet univers là même si je suis passé par d’autres styles, je suis revenu sur le côté metal, rock, un peu brutal.

Vous aviez des concerts prévus pour défendre cet Ep qui sont tombés à l’eau je suppose ?
On en a qui ont été annulés, d’autres reportés à une date ultérieure. C’est là qu’on s’éclate le plus, on adore être en studio mais être sur scène c’est notre dada. On veut jouer au maximum, on a eu la chance de faire quelques belles premières parties comme Treponem Pal ou Lofofora, en deux ans d’existence c’est gratifiant pour nous, c’est une forme de reconnaissance aussi de notre travail et on espère tous que ça va continuer crescendo.

Vous avez un rêve de concert ? Une scène ou un festival ?
On aimerait tous faire le Hellfest, une tournée au Japon, on a envie de jouer, de partager la scène avec des groupes qu’ils soient plus petits ou plus gros que nous, on a envie d’apprendre tout le temps de l’expérience des autres groupes. On a envie de jouer quoi ! Et là avec le confinement on est dans les starting block pour repartir.

Le mot de la fin ?
Haumea, à découvrir et acheter sur les plateformes parce que le groupe a besoin d’être écouté et d’être vu aussi et n’hésitez pas à nous faire jouer, on vous en sera très redevables.

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