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Entretien, le 24 avril 2020, avec Kevin, batteur de One Life All-In.

ONE LIFE ALL-IN, groupe de punk/hardcore franco-americain formé en 2016, sort son deuxième EP intitulé “Letter of forgiveness”. Le groupe est composé de Kevin Foley (Abbath, Benighted, Sepultura) à la batterie, de deux Seekers Of the Truth (Franco à la basse et Clem à la guitare) et de Don Foose (The Spudmonsters) au chant.

Ce n’est sans doute pas très original mais la première chose que j’ai envie de te demander c’est ce que tu fais pendant le confinement.
Je prends mon mal en patience, j’habite Lyon mais je suis confiné à Clermont-Ferrand chez le père de ma compagne et là on s’apprêtait à tenter le nouveau médicament de Trump, se mettre de l’eau de javel (rires).

Tu as une batterie sur place ?
Et non. On m’a demandé d’enregistrer des trucs et je n’ai rien du tout. Juste avant le confinement j’étais en studio avec Loudblast, on a fini par chance les prises batterie en avance pour éviter de rester confinés au studio, c’était vraiment au plus vite possible donc je n’ai pas pu passer chez moi et récupérer la batterie.

Ta technique et ta rapidité de jeu tu penses que tu pourrais les perdre en combien de temps ?
Je ne suis pas un très gros bosseur en vrai en toute honnêteté.

Tu es déjà resté deux mois sans jouer de la batterie ?
Deux mois non mais au final je fais plus de concerts que de répètes.

Tu es batteur professionnel, quelles sont tes craintes pour les mois à venir ?
Aucune idée. Si on écoute Raoult, il nous dit que le mois prochain tout va bien mais si on en écoute d’autres, c’est jusqu’à 2021 voire 2022 sans concerts. On ne sait pas.

Tu as un « CV » assez impressionnant, comment est né ce groupe, One Life All In ?
C’est Franck le bassiste du groupe qui l’a créé. Il jouait dans un groupe de hardcore, Seekers Of The Truth, avec Clem, le guitariste, ils avaient fait la première partie en 2015 je crois de The Spudmonsters, le groupe de Don, qui est le chanteur du groupe, ils sont fans des Spudmonsters et ils lui ont demandé si ça lui disait de former un groupe et le mec, super cool, a répondu oui. J’ai un pote en commun avec Franck qui m’a présenté, on m’a demandé si je voulais rejoindre le groupe et comme je suis fan de hardcore depuis très longtemps j’ai accepté.

Mais tu continues à faire d’autres choses à côté.
Oui, One Life All In de par la distance déjà avec Don qui habite à Cleveland, c’est pas un groupe qui tourne beaucoup ou qui a de grosses actus, ce n’est pas un groupe qui vit de sa musique. Moi j’essaie de rester occupé avec d’autres groupes et il faudra peut-être me remplacer sur des dates et c’est ce qui avait été évoqué d’ailleurs le groupe avait des dates en avril qui ont été annulées par le confinement pour lesquelles je n’étais pas disponible et c’est le batteur de Seekers Of The Truth qui devait me remplacer.

C’est le chanteur qui écrit les paroles ?
Oui il a carte blanche.

C’est lui qui a choisi le nom du groupe ?
C’est lui même si à la base Franck voulait l’appeler One Life/One Chance, un titre de H2O mais Don trouvait que One Life All In sonnait mieux et je suis d’accord avec lui. One Life All In c’est l’équivalent de « une seule vie » donc faut faire avec et mettre tout ce que tu peux pour qu’elle soit le mieux possible.

Pourquoi un 2e Ep et pas un album ?
Bonne question mais franchement je ne saurais pas dire vraiment pourquoi. Tout ce que je peux dire c’est que l’album arrive normalement, c’était prévu fin d’année mais forcément avec le Covid on ne sait pas ce qui va se passer. On a enregistré ces deux Ep avec Thibault Bernard, un collègue de Lyon, c’était simple logistiquement. L’album il était question d’aller l’enregistrer à Cleveland du côté de chez Don mais ça va être compliqué. On ne sait rien de l’ouverture des frontières avec le Corona. Déjà faire 5 kilomètres aujourd’hui c’est impossible (rires). Je n’ai même pas répondu au final à ta question ! Un deuxième Ep, c’est juste que l’Ep est un bon moyen de faire connaître un groupe qui débute sans avoir autant de frais qu’un album, c’était plus simple à mettre en place.

Cet Ep a six titres dont une reprise de The Cult, « 83rd dream », un titre assez éloigné musicalement de vos compos. Pourquoi ce choix ?
Oui il y a deux mondes. A la base c’est Don qui est fan de The Cult, moi je connais que de nom et, à titre personnel, je ne suis pas très fan des reprises sauf à partir du moment où il y a une adaptation. Si c’est pour jouer la même version, je trouve que ça n’a aucun intérêt. Là on a pris soin de mettre notre touche. Quand Don a proposé ce titre on a dit ok mais on le joue à notre façon.

Il faut demander une autorisation quand on reprend un titre ?
Je n’en ai aucune idée ! je crois que tout le monde fait des reprises sans autorisation (rires)

Le premier titre clippé de l’Ep est “Letter Of Forgiveness”. Explique moi un peu ce qu’est cette lettre de pardon.  Cette chanson parle de quoi ?
Malheureusement tu es tombé sur le batteur du groupe et j’avoue que les paroles c’est vraiment pas mon domaine. Tant que c’est pas raciste ou tout ça moi je m’en fous. On a laissé carte blanche à Don. Je crois qu’il a écrit sa lettre de pardon sur toutes les erreurs qu’il a faites qu’il veut envoyer à Dieu (Don est croyant). Ça parle des erreurs de sa vie.

C’est le titre que vous avez choisi pour le premier clip, pourquoi celui-là ?
C’est le plus représentatif, celui qui mélange le plus d’influences, qui est aussi un peu plus catchy, c’est vraiment le mélange de toutes les influences du groupe réunies en un morceau et ça fonctionnait bien en clip aussi.

Cet Ep vous ne pouvez pas le défendre sur scène malheureusement, vous avez d’autres moyens de le faire connaître, en dehors de cette journée promo ? Craignez-vous que cet Ep « passe à la trappe » faute d’avoir pu être défendu sur scène à cause du Covid ?
Sachant qu’on n’est pas un groupe qui tourne beaucoup, ça nous affecte moins que des groupes qui tournent à longueur d’année, après la plupart de la promo se fait par internet et les dates on n’en fait pas des masses donc ça nous atteint beaucoup moins que d’autres groupes.

Vous n’en faites pas des masses par rapport à la distance avec le chanteur c’est ça ?
Oui et puis je suis le seul à vivre de la musique donc forcément les autres ont leur boulot et c’est compliqué.

Revenons un peu sur ton parcours. Comment tu es venu à la batterie ?
J’ai attaqué à 5 ans je crois, tout petit, mais pourquoi je ne sais pas. C’est venu comme ça, il y a des vidéos de famille où je suis en couche-culotte avec les cuillères à bois et casseroles. Donc tout petit. Après je ne suis pas un fan des solos de batterie, c’est pas ce qui m’attire le plus. C’est juste le fait d’être en groupe et j’aime bien l’idée d’être la base du groupe et que les autres puissent s’amuser dessus et faire ce qu’ils veulent. Etre sur le devant n’est pas mon délire personnel. Donc j’ai attaqué la batterie comme ça. Et c’est toujours ce que j’écoutais quand j’ai grandi, j’écoutais Deep Purple, Led Zep and co, ça a toujours été les batteurs qui m’ont inspiré.

On va revenir sur ta « carte de visite » assez étoffée, tu as joué avec pas mal de groupes reconnus, tu pensais que tu allais arriver à ça ou bien certaines rencontres tu les as vécues comme un rêve ?
Il y a une part de chance aussi on ne va pas se mentir mais à un moment j’ai quand même beaucoup bossé. J’ai tout fait pour et mes parents m’ont soutenu, j’ai quitté le lycée dès que j’ai pu vers 16, 17 ans. Moi c’était batterie/batterie. Le coup de bol que j’ai eu c’est qu’à 17 ans je suis rentré dans Benighted, un groupe qui tournait beaucoup et tout est parti de là. J’ai eu du bol après dans toutes les collaborations que j’ai fait avec les autres groupes, c’était souvent un pote qui était là au bon moment pour parler de moi au manager, c’est tout du réseau après.

C’est vrai qu’on manque de batteurs dans le metal extrême ?
Je pense qu’il n’y a pas des masses de batteurs intéressés par le metal extrême qui est une toute petite part du spectre musical alors en plus, vouloir le jouer, déjà le public qui écoute n’est pas immense, c’est pas des millions, alors en plus il faut le jouer et après il faut aussi se donner les moyens de pouvoir le faire et pour l’apprentissage de certaines techniques c’est sûr qu’il faut un peu du temps.

Ton style musical de prédilection, de cœur, c’est le punk rock c’est ça ?
Moi ça serait le rock tout simplement, toutes les musiques électriques avec une batterie rock. Le punk rock j’adore mais si on me proposait de jouer dans un groupe à la AC/DC ça m’irait très bien aussi. Je suis très ouvert. Du rock au grindcore j’aime tout.

Quels conseils pourrais-tu donner à des jeunes qui commencent la batterie et voudraient arriver à ce degré de rapidité dans le jeu ?
De travailler, d’y croire toujours, de se fixer des objectifs et pour la vitesse y a pas de secret, métronome, métronome, métronome, à un moment j’ai beaucoup bossé là-dessus et ça ne trompe pas. Au moins avec le métronome y a une valeur aux objectifs et on a une vue sur ce qu’on réalise. Donc métronome et y croire tout simplement.

Quelle a été l’expérience la plus formatrice parmi tous ces groupes avec lesquels tu as joué ?
Chaque groupe a vraiment une façon de fonctionner différente. Je dirais que celui qui a eu le plus d’importance et d’influence sur moi c’est Benighted, y a pas photo, parce que j’ai fait dix ans avec et que c’est mes meilleurs amis. Je dirais que l’autre groupe qui se rapproche du fonctionnement de Benighted, à savoir un groupe d’amis, c’est Lofofora, c’était un énorme plaisir avec eux. Là où je me suis dit que le niveau était vraiment élevé en professionnalisme c’est avec Sepultura, parce que Kisser c’est vraiment la classe, où j’ai appris le rock’n’roll je pense que c’est Abbath, parce que là c’est tout à l’arrache mais c’était excellent. Moi je fais surtout ça pour être avec d’autres personnes, les rencontrer, voir comment elles se comportent.

Quel est votre prochain projet avec le groupe ? un autre clip ?
Oui qui sort aujourd’hui justement. Le titre c’est « Hey man », un morceau très court d’une minute, punk à fond et c’est juste un studio report.

C’est curieux de faire un morceau si court !
Je trouve qu’il en faut justement dans un album, ça permet de le faire sortir du lot aussi. Moi je suis habitué au grindcore où même dans un morceau d’une minute on peut mettre 36 couplets, 36 refrains et 36 ponts (rires).

Vous avez eu le temps de jouer cet Ep sur scène ?
Oui on a fait les morceaux sur les dates précédentes, de toutes façons on n’a que les morceaux des deux Ep donc une douzaine et quelques autres qu’on n’a pas enregistrés mais qu’on a joués quand même. En général nos concerts durent 35, 40 minutes. Je préfère jouer 40 minutes intenses plutôt qu’une heure et quart et qu’on se fasse chier au bout de 30 minutes.

Un mot sur l’atwork ?
C’est un illustrateur tatoueur américain qui s’appelle Dave Quiggle qui avait déjà bossé avec Don et ce gars là faisait des affiches de concerts pour les Foo Fighters, Queens of the Stone Age et Don nous a envoyé ça du jour au lendemain et tout le monde a dit oui, on a trouvé ça super classe. Mais ça n’a aucun rapport spécialement avec la musique. C’est juste qu’on trouvait ça cool. Et je crois que Franck le bassiste va même se le faire tatouer.

Quel est le plus petit et le plus grand nombre de personnes devant lesquelles tu aies joué ?
Le plus petit concert de ma vie c’était y a des années, avec un groupe de grind qu’on avait fait avec deux de mes meilleurs amis juste pour se marrer, on avait joué dans un bar à Lyon, le Metal Café, qui n’a de metal que le nom d’ailleurs et où il y avait littéralement une personne, et c’était Florian, le chanteur de Death Awaits, un pote. On jouait dans la cave du bar et il n’y avait vraiment que lui dans la cave. Le plus gros concert c’était avec Nervecell, un groupe de death metal avec lequel on a ouvert pour Metallica à Abu Dhabi, devant 50 000 personnes et c’est le plus gros concert que j’ai fait.

Ça fait quoi quand on est devant une marée humaine ?
Ça fait quelque chose mais au final on est vraiment dans sa bulle. On voit une masse et il n’y a pas de contact du regard avec les gens, ça change pas tant que ça finalement. Après je préfère jouer devant 50 000 personnes que devant une seule même si j’adore Flo (rires) mais c’est pas si impressionnant que ça. Quand tu es dedans tu es dedans. Après je me rappelle que la veille on est allé au stade où on a vu tous les flight cases avec le logo Metallica et c’est là que j’ai réalisé. Je crois que je n’ai pas parlé pendant 24 heures, j’étais juste dans l’appréhension du concert mais je ne suis pas un gros stressé.

Le mot de la fin ?
Merci beaucoup pour l’interview, la deuxième pour moi au non du groupe, et on se revoit tous après le confinement j’espère !

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