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Dans le nid de Corbeaux

Au détour du festival Roulements de Tambour de Rennes, nous avons croisé le chemin des quatre bretons de Corbeaux, un groupe de post-rock plein d’avenir, histoire de leur poser quelques questions sur leur projet.

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Est ce que vous pouvez vous présenter ?
Alors Corbeaux, on est quatre, on existe depuis 2010, donc 3 ans. On fait du post-rock et on a sorti un album en avril 2011, et un split CD à l’automne dernier. Entre temps, on a eu une chouette année durant laquelle on a fait le tremplin jeunes charrues et on a pu jouer aux Vieilles Charrues et donc avoir un peu de visibilité dans la région.

À quoi ressemble votre musique, votre style ? Comment cela se passe-t-il sur scène ?
Il y a deux guitares, basse et batterie. C’est uniquement instrumental. Il y a un mac aussi, avec lequel on envoie des petites séquences, quelques ambiances, mais qui au final n’a pas une part très importante dans notre musique, plutôt un rôle d’arrangeur. Si il n’est pas là on peut s’en passer.
Ce qui est une bonne nouvelle.
Oui, comme aux Vieilles Charrues par exemple (rires). Mais bon ça l’a fait quand même !

Donc, pourquoi ce choix de ne pas mettre de chant ? C’était volontaire ?
Oui c’était une grosse volonté de départ. On peut tous chanter, mais c’était pour mettre surtout en avant les arrangements. Du coup on a pas mal mis les guitares en avant et au final c’est les guitares qui font le travail. Un morceau de Corbeaux c’est des grandes plages très calmes, très posées, voire parfois silence musical, et ça part sur un truc bien bourrin, presque métal parfois. Le but c’était aussi de proposer un truc un peu différent. Et d’avoir un peu plus de liberté que d’avoir un chant qui dicte un peu les choses. Là les gens peuvent s’imaginer plein de choses, c’est assez libre, le spectateur se fait son propre film.

Il y a plus de place pour l’improvisation non ?
Et bien finalement, pas tant que ça. On est calé sur le mac, tout est assez carré, le clic est là, millimétré. Au début c’était plus le cas, en fait, mais dès qu’on a rajouté le mac et dû se rendre carrés pour des grosses dates, on s’est mis à bosser de manière un peu plus sérieuse, mais je pense que ça serait intéressant qu’on y revienne, qu’à certains moments on puisse se dire que sur certains morceaux, sur des nouvelles compos qu’on a en particulier, de laisser un peu plus flotter en mode un peu psyché, et jouer un peu avec le public, selon la connexion qu’on a avec lui, qu’on puisse faire durer certains moments ou les raccourcir. Ça serait intéressant, mais pour le moment on est vraiment au millimètre.
Mais au final la plupart de nos compos partent d’une impro à la base, avant que ça soit un morceau, c’est des heures à faire joujou ensemble.

Vous travaillez donc tous ensemble pour la composition.
En fait c’est souvent quelqu’un qui se pointe avec une structure de base et après on fait vivre la chose, à le faire évoluer. Des fois on peut passer une heure avec faire «gling-gling» autour d’un plan en se disant «ouai c’est pas mal ça, on garde !» (rires).

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Quelles sont vos principales influences ?
On écoute un peu de tout, Maël et Joris écoutent pas mal de métal, après, sinon on mettrait quand même Hypno5e. Dans l’enregistrement du split, on leur a pris quelques trucs, c’est un groupe qui nous inspire beaucoup. Russian Circles, aussi, Mogwaï évidemment, Deftones aussi Massive Attaque. On écoute vraiment de tout en fait. Au niveau de ce qu’on fait, on nous a rapidement dit «voilà, vous faites du post-rock» donc on s’est ensuite intéressé naturellement au style. On a pas démarré le projet en se disant «aller, on va faire du Mogwaï». C’est plus après qu’on nous ai dit que notre musique ressemblait à certains groupes qu’on s’est mis à les écouter, peut-être qu’on ne l’aurait pas fait sinon. Dans nos influences maintenant on cite plus des groupes qui se rapprochent de ce qu’on fait, mais ce n’est pas spécialement des groupes qu’on écoute plus que d’autres styles, qui nous ont influencé. Aujourd’hui, c’est plutôt une manière pour aider quelqu’un qui ne connait pas ce qu’on fait à se faire une idée du style, mais on a pas commencé le projet en se disant qu’on voulait être dans cette veine là. On s’est plutôt dit «voilà, on veut faire du rock instrumental, un truc un peu original, différent de ce qui est proposé d’habitude, sortir du 4/4, des structures classiques».

Comment ça s’est passé les Vieilles Charrues ? C’est quand même une belle réussite pour un groupe jeune !
Oui c’était cool, un bon tremplin, on a été bien surpris quand même. Du coup dans notre secteur, celui du tremplin Quimperois, on avait eu des dates intéressantes, on avait été pris sur des belles scènes, on avait une visibilité et une actu sur notre secteur et puis quand on a postulé c’est cette actu qui a joué. On s’est retrouvé en baston avec des potes du coup, tous les groupes qui jouaient ce soir là étaient des amis, on est tous du même endroit. On a été surpris quand même parce que quand on a fait le tremplin il y avait des groupes avec des esthétiques musicales qui étaient plus abordables, nous nous sommes dit qu’on avait pas de chant et que peut-être ça ne collerait pas, mais qu’au final c’était déjà bien d’être au tremplin, on espérait pas trop, on s’est dit qu’on faisait notre maximum et que c’était le principal. Il n’y avait pas du tout d’esprit de compétition en plus, on bouffait avec des potes qui jouaient là. On était vraiment là bas pour se faire plaisir. Quand on est sorti, on s’est dit que ça s’était bien passé et que c’était le principal. À l’annonce du résultat on était assez surpris que les Charrues, qui est un festival assez populaire, mise sur un groupe sans chant. Il y avait un super groupe de hip-hop avec nous et on pensait que c’était eux qui allaient gagner. On était content parce que tout le travail qu’on avait fait en amont payait et donnait une visibilité au groupe sur le festival. C’était aussi dans la juste continuité de l’actu qu’on avait les derniers mois, c’était une manière aussi de pouvoir un peu jouer devant un public conséquent, devant des pros. C’est chouette de pouvoir avoir eu cette opportunité. Mais c’est arrivé comme ça.

En ce moment, vous bossez sur un nouvel EP ou vous vous concentrez sur le live ?
En fait, on est un peu entre deux. On planche aussi sur un nouveau set, et également une intégration d’images, des photos pour illustrer nos morceaux, pour apporter un concept. Bon ça contredit un peu ce qu’on disait au début parce que ça va influencer le spectateur, lui laisser moins de liberté puisqu’il y aura une photo, un contexte. Mais ce n’est pas non plus de la vidéo donc c’est plus de l’ambiance et chacun interprète comme il veut. Mais on a voulu habiller le set, l’idée c’était d’orienter le contexte avec un côté un peu narratif, avec un personnage. Souvent sur les photos qu’on a il y a un personnage dans un paysage, en noir et blanc. Bon après j’en ai déjà trop dit (rires). L’idée derrière c’est de dire qu’il y a de la liberté mais quand même un parti pris, on essaie d’orienter un peu nos propos.
Sinon, cet été on joue sur un festival en Allemagne, et au retour de ça on sera tous dispo pour maquetter pour un nouvel EP. On a déjà ce qu’il faut pour le faire. On aimerait bien sortir un truc pour Noël, un genre de petit cadeau, un EP et un clip pour Noël si on est dans les temps.

C’est vrai que votre musique est dans le thème de Noël (rires).
Oui voilà c’est ça, un peu version Burton plutôt, à la Mr Jack. Donc l’idée oui c’est un peu ça, on a quatre ou cinq dates, puis on maquette au Rheu, à côté d’ici. Donc on a moyen de s’enfermer et de prendre le temps de maquetter, et que ça nous serve pour prospecter au niveau des pros, savoir s’il y a des labels que ça intéresserait pour sortir ce truc là. On a des contacts, mais maintenant il faut les concrétiser. Donc plutôt une sortie en fin d’année 2013, début 2014, et enchainer après sur des concerts.

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Et donc, pourquoi ce nom, Corbeaux ?
On est tous passionné par les oiseaux (rires). On aime bien la symbolique, l’oiseau un peu mystérieux, sombre, comme notre musique qui est un peu comme ça, on joue pas «le petit bonhomme en mousse» quoi (rires), sinon ça n’irait pas. Bon inconsciemment il y a peut-être un peu le fait qu’on aime beaucoup The Cure.

Un truc à rajouter pour la fin ?
Merci d’être venus nous rencontrer, et on espère que vous allez passer un bon moment pendant notre concert.

 

Merci à Johanne, Mickaël, Maël et Joris pour leur temps et leur gentillesse.
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Propos recueillis par Colin FAY pour Vacarm.net

Crédit Photos : Laetitia Portier

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Vacarm.net | Vacarm parie sur : Corbeaux 24 avril 2013 at 20 h 57 min

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