Retour en images sur la 22e édition du festival Musilac, le plus gros de la région Auvergne-Rhône-Alpes, installé sur l’esplanade du lac à Aix-les-Bains (Savoie), du 9 au 13 juillet 2025. Malgré un temps radieux cette année, la fréquentation a connu une légère baisse avec 80 000 festivaliers sur quatre jours. Le public a boudé la première journée notamment, la plus rock. Choisir la programmation d’un festival doit être un véritable casse-tête ! Pour ma part, encore de très belles découvertes musicales cette année et des moments inoubliables, de la joie, des sourires, des looks incroyables, quatre jours loin de la « réalité » essentiels pour faire le plein d’ondes positives.

Comme d’habitude, l’aftermovie du festival, meilleur moyen d’avoir un aperçu du cru 2025.
Mercredi 9 juillet
Les artistes d’outre Manche sont à l’honneur pour cette première journée avec en tête d’affiche Fontaines DC, le groupe irlandais qu’on ne présente plus dont les tubes « I love you » « Boys in the better land » ou « Starburster » sont d’ores et déjà entrés dans la légende du rock. On ne peut pas dire qu’ils soient souriants et communicants mais ils envoient du lourd et le frontman, Grian Chatten, est clairement un p*** d’artiste, le passage sans respiration de « I love you » me file à chaque fois des frissons avec ce « would I lie » tellement puissant, du grand art. Avant Fontaines DC, Enola Gay, Amyl and the Sniffers et Chalk ont fait le bonheur des amateurs de gros rock même si malheureusement, pour voir les deux premiers, il a fallu renoncer à la moitié du set de chacun puisqu’ils étaient programmés en même temps. Musilac jouant la carte de l’éclectisme, et parce qu’il faut bien souffler un peu, The Last Dinner Party, Air et Clara Luciani sont venus apporter un peu de douceur dans la programmation de cette première journée. Sur la scène Korner, belle découverte avec l’inclassable Bonnie Banane, allez jeter un oeil à ses clips, très esthétiques, et une fin de soirée mémorable avec l’électro du duo français Jersey qui n’a pas son pareil pour ambiancer un public qui ne demande que ça. Une bien belle première journée, avec en prime le plaisir de retrouver l’équipe de Du bruit au balcon ainsi que les photographes et journalistes présents chaque année.
AMYL & THE SNIFFERS
















THE LAST DINNER PARTY






















BONNIE BANANE






CHALK




AIR






CLARA LUCIANI


FONTAINES DC
























JERSEY
















jeudi 10 juillet
Deuxième journée ensoleillée sur l’esplanade du lac. Au programme pour commencer, le duo Adèle et Robin. Jeunes, talentueux et sympathiques, ils ont sans aucun doute un bel avenir dans la pop française. Lauréats du tremplin Musilac, leur passage réussi sur la scène Korner devrait leur permettre de s’envoler un peu plus haut. Sur les grandes scènes c’est Adèle Castillon qui ouvre cette deuxième journée. Agée seulement de 23 ans, elle est tout simplement bluffante ! Une jolie mise en bouche avant un des artistes français que j’attends avec le plus d’impatience : Philippe Katerine. Et c’est peu de dire que je n’ai pas été déçue. Quoiqu’on pense de l’énergumène, c’est un véritable artiste, sans complexes, déjanté, poète et bonne surprise, accompagné d’excellents musiciens qui sortent le gros son quand il le faut. Avant d’apparaître dans le plus simple appareil, une bande son diffuse quelques uns des commentaires haineux dont il a fait l’objet après son passage à la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques et c’est effrayant. Alors même que les paroles de la chanson « nu » ne sont qu’un appel à la paix et au vivre ensemble. Avec « Louxor j’adore », Philippe Katerine met tout le monde d’accord en transformant l’esplanade en immense dance floor. Un bonheur n’arrivant jamais seul, j’enchaîne avec les Wampas. Que dire ? Didier Wampas est vraiment le roi et régale le public de Musilac avec ses grands classiques, « Rimini », « les bottes rouges », « Manu Chao », « c’est politique », avec cette énergie qu’on lui connaît. Total respect à la personne qui tente de garder la main sur le fil du micro pendant que Didier se mêle aux festivaliers. A noter le sang neuf apporté au groupe par le chanteur d’Effelo et les extra terrestres, dignes descendants des Wampas, que je ne peux que vous inviter à découvrir.
La tête d’affiche de cette deuxième journée est William Grigahcine. ça ne vous dit rien ? Son nom de scène, DJ Snake. Quel show ! Des flammes, des filles qui tombent dans les pommes par dizaines dans les quinze premières minutes, un wall of death géant, des visuels somptueux, des tubes que je ne savais même pas que je connaissais, bref une énorme claque dont on sort groggy mais enchanté. On comprend qu’il ait pu remplir le stade de France. A voir au moins une fois, qu’on aime ou pas l’électro. Pour terminer cette magnifique deuxième journée, l’electro de Boston Bun, l’alchimiste de la house vocale, parfait pour la descente de DJ Snake.
ADELE ET ROBIN








ADELE CASTILLON













PHILIPPE KATERINE













LES WAMPAS





























DJ SNAKE





























BOSTON BUN





Vendredi 11 juillet
Quelle meilleure façon de commencer la journée qu’un concert d’Adé ? Son énergie m’avait impressionnée le mois dernier au festival More Women on stage. Quelle présence sur scène ! Très bien entourée, Adé délivre une pop énervée et danse de telle façon qu’il est impossible de ne pas l’accompagner. Et si on ne se lasse pas de « Tout savoir », le tube qui lui a permis d’entrer seule dans la cour des grands, « Rockstarz » et « Toujours » confirment qu’elle est une des grandes figures de la pop/rock française. Cette troisième journée sera la plus calme pour moi. N’étant pas autorisée à photographier plusieurs têtes d’affiche, j’en profite pour arpenter un peu le site car Musilac c’est aussi un immense espace de restauration et de stands pour se divertir ou chiller. Ce soir le festival accueille Lamomali, le collectif d’artistes d’origine franco-malienne formé à l’initiative de Matthieu Chedid. Un sans faute pour cette joyeuse troupe qui mélange instruments traditionnels et électriques, Fatoumata Diawara, magnifique dans sa tenue traditionnelle du Mali, envoûte le public de sa voix splendide. Quelle belle leçon d’humanité, de fraternité, de bonheur partagé. Musicalement c’est vraiment excellent et bien entendu, fidèle à lui-même, Matthieu Chedid va aller à la rencontre du public jusqu’à l’espace PMR où il va jouer au milieu des fauteuils roulants. Aucune tournée de cet artiste ne ressemble à la précédente et avec Lamomali, loin de jouer à la star alors qu’il est un des plus grands artistes français, il laisse les autres membres du collectif prendre la lumière autant que lui. Un des plus beaux moments de cette édition de Musilac, merci Lamomali de nous offrir le meilleur de l’humain, on en a bien besoin en ces temps troublés. A noter une belle surprise encore aujourd’hui sur la scène Korner avec les new-yorkais de Monobloc et leur frontman à l’allure de Jim Morrison. Du très bon pop rock comme souvent sur la scène Korner, incontournable pour moi à Musilac.
ADE






LAMOMALI



















MEUTE
















MONOBLOC










Samedi 12 juillet
Les meilleurs choses ont une fin et c’est déjà le dernier jour de cette édition 2025 de Musilac. Je vais retrouver mes 15 ans avec un Jean-Louis Aubert en très grande forme qui va reprendre plusieurs titres de Téléphone dont « La bombe Humaine », « Un autre monde », « New-York avec toi », « Argent trop cher », « ça, c’est vraiment toi », franchement pour tous ceux de ma génération, et ils étaient nombreux dans le public, c’est indescriptible. Même si en solo, il a composé de très belles chansons, il faut avoir mon âge pour savoir ce que Téléphone a représenté pour les ados du début des années 80. Un très beau concert et des tubes repris en choeur par un public multigénérationnel, que du bonheur.
Encore de belles découvertes aujourd’hui sur la scène Korner avec Claude, Orange Blossom et Théa. Pour commencer, Claude. Quand il arrive sur scène et commence à chanter on se demande d’abord mais qui est donc cet énergumène ? Mais très rapidement on comprend qu’on est face à un artiste incroyable, auteur de génie, qui raconte comme personne ses angoisses. Claude ira loin sans aucun doute. Allez regarder ses clips, ça vaut vraiment le coup. Que dire de Orange Blossom dont le passage en même temps que Zaho de Sagazan aurait pu les condamner à jouer devant un public clairsemé ? Bien au contraire, les festivaliers sont venus nombreux pour ce concert extraordinaire et je pèse mes mots. Mélange d’électro et d’instruments traditionnels, c’est envoûtant et électrisant en même temps, magnifique ! C’est avec Théa que se termine l’édition 2025 de Musilac, une artiste que je ne connaissais pas du tout et dont la rage m’a impressionnée. Le style musical de Théa, de l »emo-core révolté », confirme l’éclectisme de la programmation de Musilac et la richesse de la scène Korner, la plus petite des trois scènes du festival. Quitter le site du festival quand on sait qu’il faudra attendre une longue année pour y revenir c’est un crève-coeur à chaque fois.
JEAN-LOUIS AUBERT












CLAUDE





ORANGE BLOSSOM





THEA



Voilà, c’est fini comme le chante si bien Jean-Louis Aubert et il va bien falloir retourner à la vie quotidienne. Heureusement, beaucoup d’artistes découverts à Musilac sont déjà ajoutés à ma playlist pour m’accompagner dans les rues parisiennes. C’était sans doute le dernier festival que je couvrais en tant que photographe. Une belle aventure qui a duré dix ans mais les exigences des artistes deviennent vraiment impossibles. Je reviendrai à Musilac comme festivalière, les mains dans les poches, juste pour profiter.
Merci encore à toute l’équipe de Du bruit au balcon, vous êtes les meilleurs !
Pour finir, quelques portraits de festivaliers, merci encore à tous ceux qui ont gentiment accepté de se laisser photographier.

















