
L'histoire du groupe représente en fait très bien l'esprit du groupe, puisqu'au travers de l'album et d'une recherche de son poussée dont nous parlerons plus bas se reflète le parcours de Mark et Danny, qui avant de devenir respectueusement guitariste et chanteur de la formation actuelle étaient producteurs à Los Angeles. Leur rencontre avec le remarquable batteur Glen Power déclencha une alchimie entre les trois musiciens, d'où émergea en une première semaine de session trois morceaux, rien que ça!
A partir de là, la machine était lancée: le trio enregistrait il y a quelques mois, en Août 2008, leur premier essai, qui reste d'ailleurs à l'état d'essai, car plusieurs nuances au sujet d'un premier rendu somme toute agréable sont à apporter à un jugement qui s'il se veut impartial, doit prendre tous les facteurs importants en compte.
Voici donc un album bien intrigant, qui bien que n'étant certainement pas révolutionnaire, propose des pistes intéressantes. Tout d'abord, notons que The Script est un opus qui « sonne bien », à l'évidence, et on peut même se demander si ce fut le seul but visé lors du travail sur cet album, ou si le son a été travaillé à ce point pour cacher une carence créative évidente. Il s'agit en fait ici d'un album passe-partout, comme on en voit beaucoup fleurir dans nos bacs, et qui ne servent pas à grand-chose au fond. Pourtant, la qualité strictement technique est au rendez-vous: le groove est profond et bien ancré dans un esprit rock atténué de contours hip-hop, ce qui représente un mélange intéressant à découvrir comme dans la première chanson « We Cry ». La suite de l'album est fidèle à ses débuts, on a droit à des compositions lambda qui détendent mais n'emportent pas, ce qui peut d'ailleurs être un avantage si on veut écouter de la musique sans se prendre la tête. « Before The Worst », « Talk You Down » ou « I'm Yours» constituent en fait la charnière d'un album propre au format radio, facteur de plus en plus déplorable dans l'évolution actuelle des choses. Voici donc un album que vous pouvez acheter les yeux fermés si vous aimez ce genre: toute satisfaction en sera retenue. Pour un public plus exigeant, The Script, même s'il peut vous proposer un moment de détente agréable au travers de refrains faciles et de ponts toujours plus téléphonés comme ceux de « Rusty Halo », vous stressera peut-être à l'idée que vous êtes juste en train d'écouter le nouvel opus d'un Police non évolué et mal plagié, ou l'original n'est certainement pas la première qualité audible, défaut qui a peut-être amené le groupe a proposer des chansons presque impardonnables comme « I'm Yours ».
A l'évidence, si on sent beaucoup de travail (surtout post-productif) sur ce premier album, on peut grossièrement cerner The Script comme un bon groupe pop aux qualités indéniables qui ne demandent qu'à être développées. Malgré quelques faux-pas, on peut quand même parier que s'ils en viennent à garder pour la suite leur très bon groove et leur bon son, alors l'expérience les fera composer différemment la prochaine fois, sous des aspects meilleurs selon toute logique: plus personnels, et moins lissés.
.: Tracklist :.
1. We Cry
2. Before The Worst
3. Talk You Down
4. The Man Who Can't Be Moved
5. Breakeven
6. Rusty Halo
7. The End Where I Begin
8. Fall For Anything
9. If You See Kay
10. I'm Yours

