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Interview de Sébastien Hamard, organisateur du festival des Nuits Carrées à Antibes.

« L’esprit qui fait du bruit fait du bien ! »

Du 29 juin au 1er juillet, à Antibes (06), se tiendra la 11ème édition des Nuits Carrées, festival original, populaire et accessible à tous, dans un lieu exceptionnel, en bord de mer, au pied d’un monumental fort, proposant une programmation entre metal et hip-hop. Affiche de qualité, tarif hyper attractif et lieu magique, comment résister ??

Vacarm a pu poser quelques questions à Sébastien Hamard, organisateur du festival.

 

Le festival existe depuis 2007, combien y avait-il de spectateurs lors de la première édition ? Et l’année dernière ? quelle est la jauge maximale ?

Nous avons accueilli 1 800 personnes sur deux soirs lors de la 1ère édition en 2007 qui mélangeait musique et théâtre ! L’an passé nous avons accueilli 8 000 personnes sur 3 soirs ! La jauge max de l’événement est de 3 500 personnes / soir. C’est une jauge que nous aimons travailler.

Le lieu est exceptionnel. Pourriez-vous « délocaliser » le festival pour l’agrandir et renoncer à la proximité de la mer, du fort ?

Le lieu fait trop parti de l’ADN fondamental de cet événement ! Il en est l’âme, l’écrin, le point de départ de l’ensemble de la réflexion que nous menons !

Quelle est la forme de financement de ce festival ? Parce que le tarif est exceptionnellement bas !

Nous travaillons beaucoup à la lisibilité du modèle économique du festival. Le financement global est articulé en 3 tiers quasi équilibrés :

– 1/3 d’autofinancement : il représente la part d’indépendance artistique.

– 1/3 de financements privés : accompagnement du challenge technique, logistique et organisationnel.

– 1/3 de financements publics affectés en quasi-totalité sur l’application d’une politique tarifaire permettant l’accès à tous. Nous considérons que l’argent public doit revenir dans la poche des publics !

Combien de personnes travaillent sur le festival ? A l’année et pendant les trois jours. Faites vous appel à des bénévoles ?

Nous sommes six personnes à l’année, un mélange d’emplois annuels, CDD et intermittents. Sur l’événement nous sommes pratiquement 120 sur l’ensemble de la période, dont une cinquantaine de bénévoles.

Vous avez volontairement choisi une date en dehors des grandes vacances dans ce lieu très touristique l’été pour favoriser un public local. Répond-il présent ? Avez-vous un public local de fidèles qui reviennent chaque année ?

Cela fait là aussi parti de l’ADN des Nuits Carrées. Nous souhaitons que cet événement soit profondément inscrit dans son territoire et destiné aux publics qui le composent !

Le festival s’inscrit-il dans une démarche éco-citoyenne et responsable depuis les débuts ? Est-ce une grosse contrainte à gérer en plus du reste ?

Le site historique et préservé que nous exploitons depuis 2007 nous a imposé une certaine ligne de conduite. Nous avons donc toujours mené des actions éco-citoyennes et responsables en faveur des publics et productions accueillis. C’est un petit peu dans les gênes de l’événement et de notre manière de travailler, on ne considère donc pas ça comme une contrainte !

Vous avez à cœur de dénicher les talents de demain avec les « découvertes nuits carrées ». Le passage au festival a-t-il « boosté » la carrière de certains ce des groupes ?

Nous considérons avoir un rôle à jouer dans l’accompagnement des artistes émergents et en voie de professionnalisation. Nous essayons de mettre les belles ressources que nous avons acquises durant ces années au profit des pratiques et de leur structuration. Nous ne sommes qu’une des passerelles, qu’un outil de mise en relation avec les publics, les carrières d’artistes dépendent de beaucoup d’autres choses, d’une alchimie de tous ces outils.

Le festival est-il profitable à la région et comment est-il perçu par la municipalité ? Par les Antibois ?

Nous avons toujours été très bien accueillis par les collectivités, la ville d’Antibes Juan-les-Pins, notre premier partenaire en particulier, ainsi que par la population.

Comment gérez-vous le compromis entre la « foi » sur certains groupes et les risques commerciaux ?

Il faut trouver le bon équilibre des choses, des plateaux artistiques. Le risque existe mais il doit être détaché, en tout cas dans notre cas, d’une simple mise de programmation. Le discours que nous portons auprès des publics va au-delà de ça et notre grande satisfaction est d’échanger avec des personnes qui viennent au festival chaque année sans connaître aucun artiste.

L’introduction du metal dans le festival est assez récente. Est-ce le succès des festivals metal qui vous a incité à faire ce choix de programmation ? Programmer du metal à Antibes aurait tendance à booster les ventes de billets ou au contraire les freiner ?

 Le chemin que nous avons ouvert vers les esthétiques rock et alternatives est apparu l’an dernier lorsque nous avons décidé, après une première décennie de festival, d’ouvrir une troisième soirée. Nous ne voulions pas que cette nouvelle soirée soit un copié collé des deux autres. Nous nous sommes aperçus qu’il y avait un manque d’événements d’envergure proposant ces esthétiques au public sur le territoire régional.

Grâce à des événements européens et français d’envergure dédiés au metal comme le Hellfest, tout ça a été dédiabolisé, tout le monde a pris conscience que le public metal était en attente, multigénérationnel et fidèle aux rendez-vous. L’apparition de ces esthétiques sur les Nuits Carrées a créé un nouvel engouement mais nous devons rester très attentifs à la qualité des plateaux que nous proposons, rien n’est jamais acquis, le public rock est un public exigeant.

Quels sont les critères pour entrer dans la programmation ?

Le coup de cœur !

Avec une programmation éclectique, ce n’est pas trop difficile de vendre des pass trois jours ?

Si ! mais il est agréable de voir qu’il existe de vrais passerelles entre hip-hop et métal !

Savez-vous déjà, en fonction des préventes, quelle soirée semble la plus attendue ?

Cette année nous avons une soirée hip-hop exceptionnelle, elle est très attendue par le public !

La programmation 100 % metal français du jeudi trouve-t-elle un écho parmi la population locale dans une région que l’on imagine (à tort peut-être) pas très branchée metal ?

Au contraire, il y a une très belle dynamique autour de ces esthétiques sur notre territoire. Beaucoup de pratiquants et d’initiatives très intéressantes ! Cette soirée rencontre un vrai succès, nous en sommes ravis !

Les portes ouvrent à 19 h 00, les concerts commencent à 20 h 00 et avec quatre groupes, je suppose que ça se termine très tard dans la nuit. Vous n’avez pas songé à commencer un peu plus tôt, notamment pour que le jeune public tienne le coup ?

Les portes ouvrent à 19h le jeudi, 18h30 le vendredi et 18h le samedi pour se terminer chaque soir à 2h30. Ce sont des amplitudes horaires importantes en effet.

Sur la côte d’azur et particulièrement sur notre site de festival, il fait très très chaud à la fin du mois de juin. Des concerts en journée seraient difficilement tenables.

Y a-t-il des activités proposées sur le site en dehors des concerts ?

Flâner, échanger, partager, boire un verre, bien manger dans des espaces aménagés et scénographiés chaque année !

Pour les spectateurs venant de loin, est-il possible de planter sa tente sur le site ou à proximité ?

Oui, il y a beaucoup de campings très sympas à 5 minutes du festival !

Quelles sont vos principales attentes pour cette année ?

Un public au rendez-vous, des concerts de qualité et plein de soleil !

Des innovations pour les années futures ?

Nous réfléchissons justement au développement d’une zone entièrement dédiée aux familles, aux enfants, qui pourrait ouvrir l’après-midi. La liste des idées venant consolider le contenu est longue…

Pouvez-vous nous raconter une anecdote, un souvenir marquant du festival ?

La première grande anecdote du Festival Nuits Carrées est en fait apparue avant même l’ouverture des portes de la première édition en 2007, à l’occasion d’une présentation officielle du projet à Antibes. Se déroulant au pied du monumental Fort Carré en bord de mer (construction Vauban), l’association Label Note, porteuse du projet, n’avait pas eu de difficultés à nommer son futur événement « Les Nuits Carrées » qui portait bon nombre d’indications sur le lieu alors inexploité et de valeurs de travail bien fait.

C’était sans compter un autre sens que certaines générations de la population pouvaient y voir et que nous n’avions absolument pas vu venir…  « Les Nuits Carrées » faisaient alors référence, dans certains esprits, aux « Parties Carrées », autrement dit de manière plus actuelle, « les partouzes ». Soulèvement d’une (petite) partie de la population ne souhaitant pas de « partouzes » culturelles dans leur ville. Les Nuits Carrées verront malgré tout le jour en juin 2007 et continueront, après plus d’une décennie, à offrir à la population des orgies de bonheur musical à ciel ouvert. En 12 éditions, aucun festivalier ne s’est présenté à l’entrée de l’événement pour autre chose que la programmation musicale, l’ambiance conviviale et le contenu culturel des Nuits Carrées !

Un dernier mot pour les lecteurs de Vacarm ?

Je trouve que la phrase que nous avons accolée au festival l’an passé va bien avec Vacarm : « L’esprit qui fait du bruit fait du bien ! »

Toutes les infos par ici : http://nuitscarrees.com/

Un grand merci à Sébastien ainsi qu’à Elodie de HIM-MEDIA !

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