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The Clash, “maintenant tout ça c’est derrière nous”

Trente ans qu’ils n’avaient pas mis les pieds à Paris. The Clash, pour la première fois réunis depuis des décennies, ont donné une conférence de presse unique au Palais des glaces de Paris,  à l’occasion de la sortie de l’anthologie « The Clash : Sound System ». Le coffret regroupe comme le dit lui-même Mick Jones « le meilleur de notre musique sans les Face B pourris et les chutes inutiles ». Costumes trois pièces, feutres et grosses bagues en or serties de pierres précieuses, Mick Jones et Paul Simonon s’adonnent à jouer les Dillinger et les Luciano tout en gardant un flegme et un humour « so british ». Topper, après avoir vécu une  longue traversée du désert, torturé par des problèmes de drogues et d’alcool apparaît comme Monsieur Tout le monde.

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La question qui brûle presque toutes les lèvres des journalistes est : à quand le retour de The Clash ? Des « dinosaures du rock » reviennent tous les ans à la charge : les Rolling Stones, The Who et même cette année Fleetwook Mac, alors pourquoi pas The Clash ? : « Non, on ne retrouvera jamais ce que l’on a vécu dans les années 70 ou 80. C’était une belle époque mais maintenant tout ça c’est derrière nous » déclare Topper. « Joe n’est plus là et Topper ne joue plus. Ça n’aurait plus aucun sens » ajoute Paul Simonon « De toute manière, dans le futur nous deviendrons comme beaucoup d’autres des hologrammes et vous pourrez alors assister à notre concert et  même aux Hologrammy Awards qui sait ! » s’esclaffe Mick Jones. Et quand on leur demande alors ce qu’ils pensent des « papys du rock » qui se reforment chaque année pour une tournée (fiscale), Paul Simonon dégage la question d’un revers de la main, « on s’en tape, ce ne sont pas nos affaires ».

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The Clash, c’est surtout le moteur de toute une génération, des icones du mouvement punk qui se retrouvent aujourd’hui sur des t-shirts vendus chez H&M : « C’est Paul qui a dessiné les t-shirts, malgré ce que l’on peut croire on garde toujours un contrôle sur notre image » se défend Mick Jones. « Je sais bien qu’il y en a qui disent que, maintenant, on est des vendus, mais franchement on en a rien à foutre. On a toujours fait ce qu’on voulait, The Clash c’est notre identité et personne ne pourra nous l’enlever », s’irrite Paul Simonon. Ironique quand on pense que les enfants terribles de Londres ont toujours pris le contre-pied des modes, même musicales. « Quand les Stones et les Who surfaient sur les mêmes modes, nous, nous sortions toujours un album totalement différent », ajoute Paul Simonon.

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Et comme le rappel si bien le journaliste Olivier Cachin présent dans la salle, The Clash ont été les premiers à mélanger la culture hip-hop avec d’autres styles comme le reggae dans leur propre musique : « Qui aurait pensé à l’époque que le rap deviendrait la musique la plus écoutée du monde ? (…) Nous avons découvert le hip hop alors que ce dernier n’avait même pas franchi les frontières de New York au début des années 80 (…) Au début, nous avons rencontrés des artistes de graffs (…) Un peu plus tard, nous avons été impressionnés par ces gamins qui dansaient le break dance à côté de ces gros « sound system » (…) Il y a trois choses que l’on aime dans le hip-hop : les graffitis, le break dance et le rap (…) j’aime bien Jay Z mais ça n’a plus rien à voir avec le hip-hop que nous avons connu » sourit Mick Jones. Paul Simonon rebondit alors pour rappeler qu’ils ont été les premiers à faire jouer des groupes de hip-hop en premières parties de leurs concerts alors que personne ne voulait d’eux. « Même si le public n’aimait pas, on s’en foutait. Pour nous c’était gagnant-gagnant, on avait la chance de voir des groupes que l’on aimait bien en concert et de jouer après ». Est-ce que ces groupes de hip-hop ont créés des émeutes parmi un public mécontent ? « Bien sûr, mais il y avait toujours des émeutes dans nos concerts » rigolent les trois compères. Comme à Paris dans les années 80. Ces années-là, The Clash s’élèvent au rang d’icônes mais au lieu d’investir les stades, ils préfèrent donner sept concerts d’affilée dans des petites salles. « Vous avez déjà vu un concert dans un stade ? On ne voit rien, on n’entend rien ! Nous, nous aimons être proche de notre public » déclare Topper.

Un jeune fan s’élève alors parmi la foule de journalistes, il leur demande leurs souvenirs de Paris ces années-là : « Le premier soir où nous sommes arrivés à Paris, on s’est fait attaqué par une bande de loubards qui pensaient que l’on faisait partie d’un gang. Ils nous ont coincés contre un mur. On leur disait « Cool les gars, nous sommes un groupe anglais, les Clash » raconte Topper. « Je me souviens alors qu’une grosse limousine noire s’est arrêtée à notre hauteur. La porte s’est ouverte. Un type au look de maquereau avec des cheveux et une barbe aussi longs que vos ancêtres les gaulois a fait un signe à ces types. Ils nous ont relâchés et nous sommes montés dans la limousine »,  s’amuse Mick Jones. « J’ai vraiment eu peur ce soir là. D’ailleurs, après ça, je me suis acheté un gourdin médiéval que je trimballais tout le temps avec moi. Je l’ai même ramené à Londres et les douaniers n’ont même pas moufetés », se souvient Topper. Paul Simonon se remémore quant à lui, un dîner au restaurant le Pied de Cochon avec un Vince Taylor déprimé, en plein délire mystique « Il était tellement loin de l’image que je m’étais fait de lui que j’ai pensé qu’il était un imposteur jusqu’au moment où nous avons posé avec sa Cadillac garée à l’extérieure ».

Cette photo comme d’autres pièces collector sont exposées en ce moment dans une boutique éphémère, The Black Market Clash, au 75 Berwick Street dans le quartier de Soho à Londres. L’opération est un tel succès que des pourparlers sont déjà engagés pour faire voyager cette exposition de Paris à Tokyo. La conférence se termine par une séance de dédicaces, créant quelques bousculades entre fans et journalistes qui, malgré toute l’indifférence que certains tentent de feindre, ne résistent pas à aller faire dédicacer son vinyle favori ou encore d’offrir un livre. Et pendant que Louis Bertignac tape la causette avec Topper, Mick Jones et Paul Simonon font leurs show ss’adonnant aux photos sous les yeux désespérés d’une attaché de presse collet monté exaspérée. L’âge passe mais les rebelles restent, longue vie aux Clash !

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2 commentaires

Vacarm.net | Une rencontre avec Von Pariahs, « On est rien, on est nous-mêmes. » 17 septembre 2013 at 9 h 47 min

[…] marge de la conférence de The Clash, nous avons retrouvé quelques membres de Von Pariahs parti en équipée belle pour une tournée […]

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Ranx Ze Vox 7 mai 2014 at 19 h 49 min

Clash et le Hi Hop, c’est de l’or en barre. C’est mon plus grand regret quand Mick et Topper se sont fait jeter, si le groupe avait continué dans la veine de leurs derniers enregistrements (Rat patrol from Fort Bragg par exemple) ça aurait été démentiel tellement Mick Jones avec tout pigé au Hip Hop naissant.
Ok, il a fait Big Audio Dynamite (dont je suis fan absolu) mais, bordel, l’osmose que ces 4 là avait était irremplaçable.
Hugo Spanky

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