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Interview Slave Machine – “On n’est pas là pour jouer à la dînette”

Avec leur premier album Disconnect, le groupe français bichonne la scène métal  par des titres d’une brutalité sans égale. Cumulant dix années d’expériences diverses dans la musique,  Slave Machine envoie des boums et des bangs à vos oreilles. Rencontre avec Nico (chant) pour un peu plus de précisions, sur ce groupe prometteur aussi sensible que furieux.

Peux-tu nous présenter le groupe ?

David (guitariste) et Kevin (batteur) se connaissent depuis 2011 et jouent dans différentes formations depuis plus de dix ans. Au début, Ils se sont réunis pour composer sans véritablement formé un groupe. J’ai rencontré, David un peu par hasard. A l’époque, je jouais dans différentes formations, Kandjar, Elijaah… Il m’a présenté son projet qui m’a paru très ambitieux, le son était carré, très pro. J’ai donc quitté Elijaah pour m’investir totalement dans celui-ci. Slave Machine a vraiment pris forme en 2013 avec la programmation de la sortie de l’album Disconnected. C’était une expérience très enrichissante pour moi : De septembre 2012 à mars 2013, je me suis enfermé dans le studio pour travailler mon chant, les textes…C’était extrêmement éprouvant mais c’était juste trop le kiff ! Ensuite les rencontres se sont enchaînés jusqu’aux frères Potvin du DOME Studio (David et Franck). On les a niqués au babyfoot, ce qui nous permis de faire avancer les négociations (rires).

Comment s’est passé l’enregistrement ?

Génial. David Potvin est aussi chanteur donc je savais qu’il allait me pousser à fond.Le son de leur prod est juste hallucinante. Ce qui nous plaisait énormément, c’est d’avoir un son américain fait par des français. Il n’y a qu’à écouter les sons des derniers T.A.N.K, de One Way Mirror ou de Lysanxia…que tu aimes ou que tu n’aimes pas le style, tu ne peux que reconnaître la qualité de la prod.

En tant que chanteur tu as eu carte blanche sur tes lignes de chant  ?

J’avais envie de gros son pour la scène, et le projet de Slave Machine entrait en parfaite équation avec ce désir. Dans mon groupe précédent, c’était chouette mais  je ne pouvais pas pleinement m’exprimer. C’était soit trop mélodique, soit trop agressif, ce qui ne me permettait pas de respirer énormément et de pousser ma voix. Avec Slave Machine, c’est direct, c’est brut. Il y a un peu de chant clair pour aérer mais ce que j’aime, c’est que les compositions sont taillées pour la scène.

Malgré la qualité du son de l’album, Slave Machine est plus un groupe de scène que de studio finalement ?

Lorsque je compose un morceau, j’imagine comment ça va se passer sur scène, comment entraîner le public… Je tente de créer un maximum de rythme en fonction de ça. Mais Slave Machine, c’est un peu les deux : un groupe de scène et de studio. On aurait pu faire un garage band, jouer sur scène et n’en avoir rien a branlé du reste mais nous voulions aussi que le public reconnaisse la qualité de notre musique, pas seulement sur les compos mais aussi sur la production. Notre objectif, c’est aussi de ramener un maximum de gens en concert et qu’ils aient envie d’headbanger à fond jusqu’à se péter la nuque.

Vous avez joué pendant dix ans dans différentes formations et maintenant ? C’est fini ? Il n’y a plus que Slave Machine ?

Oui. Personnellement, quand j’ai commencé à écrire pour Slave Machine, j’étais un peu le cul entre deux chaises avec Elijaah et clairement je n’ai pas le temps de tout faire à la fois. Mais le projet avec Slave Machine me dévorait les tripes. J’écoutais les compos en boucle. C’était extrêmement éprouvant de consacrer ton corps, ton âme…c’était inenvisageable de faire les deux en même temps. Alors j’ai choisi.

Votre premier album Disconnected, c’est un peu comme une grosse claque dans ta face sur chaque titre. Comment cet album a-t-il été pensé ?

C’est un album sans concession. Il faut que quand tu écoutes cet album, il te défonce le crâne. Quand j’écoute l’album Iowa de Slipknot, je retrouve toujours cette impression de rage à l’état brut. Corey Taylor quand il chante, il ne joue pas à la dinette. Il s’est arraché la gorge et les veines pour faire Iowa. Mon rêve, c’est que quelqu’un me dise qu’il ressent la même chose à l’écoute de notre album.  Dans le métal, tu dois prouver ce que tu as dans le bide. Pour moi, c’est aussi ça la musique : t’accrocher les tripes.

Corey Taylor ne joue pas la dinette avec Slipknot certes mais avec Stone Sour, les derniers albums tendaient vers le métal de « midinette ». Ce n’est pas le but de Slave Machine ?

Je l’ai fait avant dans d’autres projets et puis Slave Machine n’a rien à voir. Sur sept titres, tu as quand même de la mélodie et du chant clair pour aérer. Le but ce n’est pas de se la jouer rockstar ou faire du métal de midinette comme tu dis, mais c’est de rester ouvert. La violence pour la violence, ça n’a pas de sens. Notre musique reste optimiste sur la manière de prendre des décisions, de se positionner dans la vie ou de réfléchir différemment. Le chant clair, c’est aussi une manière d’entretenir cet esprit qui te tire vers le haut et de souffler. Et puis pour la scène, ça permet de te poser un peu ! (rires).

Et pour être un peu plus généraliste, c’est quoi tes influences ?

Forcément du Dillinger Escape Plan, je suis un grand fan et en particulier de l’énergie qu’ils dégagent sur scène. Ils ont l’air de psychopathes aux yeux de ceux qui n’écoutent pas cette musique mais je peux te dire que quand tu es musicien, ils sont très inspirants ! Pour parler plus de groupes français, ma référence, c’est l’Esprit du Clan ; leurs textes, leur attitude cash, la reconnaissance de leur public…Après, j’écoute un peu de tout du rock (Jeff Buckley, Radiohead…), du hip hop de temps en temps (NTM, Assassin qui sont plus de mon époque) jusqu’à la musique classique. J’ai pas de style particulier et je ne suis pas un fan de la radio qui ne fait que te faire écouter en boucle ce qu’ils ont envie que tu écoutes donc ton choix est faussé. Du moment que c’est fun et ça groove, ça me branche et ça change selon mon humeur.

Les orientations musicales de chacun ont-ils posés des difficultés lors de la composition de l’album Disconnected ?

On se prend quand même méchamment la gueule. Dans la forme, ça se passe assez simplement. Le guitariste, David écrit les morceaux et balance les maquettes. Je les travaille chez moi, je pose un texte et en répét on fait la mise en place. Mais nous nous prenons le bec parce que nous sommes tous très exigeants. Quand il y a un truc qui merde, nous sommes les premiers à le dire. Il n’y pas de question d’ego surdimensionné. Si ton riff à la guitare il est pourri et bien je vais te le dire c’est tout ! On ne se vexe pas, si ma ligne de chant est nulle, ok on passe. Cette honnêteté nous fait gagner énormément de temps mais du coup, ça nous demande aussi beaucoup de créativité. Tu dois te remettre en question quotidiennement.

Tu peux nous dire deux trois mots sur votre single “Relevant” ? Pourquoi ce titre ?

Relevant parle surtout de l’incohérence du lien entre l’être humain et la société dans laquelle on vit qui reflète notre côté indus. Ça raconte l’histoire d’un mec qui est en train de crever la gueule ouverte et qui est totalement asphyxié par toutes les nouvelles pressions de notre société : toujours plus de fric, toujours plus de pouvoir etc.. pour finalement de moins en moins d’humain. C’est aussi le titre que nous avons choisi pour le clip parce que c’est le morceau le plus dynamique et le plus court. Sur ” Relevant ” tu ressens la violence dès le début, il est directement monté à bloc. Il n’y a pas d’intro, pas de chichis, c’est BIM dans ta face! C’est aussi pour cette raison que nous l’avons tourné en version live,  pour augmenter cette impression de brute.

C’est quoi votre valeur ajoutée sur la scène métal française aujourd’hui ?

Je ne dirais pas « valeur ajoutée » parce que ce serait une manière de descendre ce qui existe déjà. Notre force, c’est que nous sommes des mecs, nous aimons échanger avec notre public. Au Warm up, il y a un mois, il n’y avait personne. Pourtant nous avons joués et surkiffés avec les personnes qui étaient présentes. Ce qu’il y a de chouette dans Slave Machine, c’est cet échange, ce partage et l’envie de tout casser. On aime être sur scène, nous sommes des musiciens heureux. Même si je crie, même si les textes sont violents et que c’est du métal, nous avons envie d’être positif et de partager avec notre public.

Vos ambitions pour la suite ?

Tout déchiré et bouffé de la date à mort ! Nous sommes en recherche actuellement et on a les crocs ! Nous pensons à un deuxième clip et nous travaillons déjà sur un deuxième album.

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