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Interview : Philippe Lavil

Philippe Lavil sera dimanche 7 juin 2015, jour du référendum national, sur la scène du Chapito au CASINO 2000 à Mondorf-les-Bains.

Auteur et interprète de tubes inoubliables tels que « Il tape sur des bambous », « Kolé séré », « Elle préfère l’amour en mer », « La chica de Cuba », « Avec les filles »… Philippe Lavil revient sur scène, accompagné de ses Caribbean’s friends ! Zouk, salsa, reggae, calypso, en l’espace d’un concert, il fera voyager le public au cœur des Caraïbes et enchantera la soirée. Dépaysement garanti aussi dans notre interview où Philippe se livre sans tabous sur sa vie, son passé et sa popularité.

Bonjour Philippe! Tu es arrivé en métropole de ta Martinique originelle très jeune et c’est à peu près à ce moment-là que tu as voulu devenir chanteur. Que s’est-il passé exactement ?

Quand je suis arrivé, j’étais petit. Je devais avoir 13 ans et ça a été un choc de découvrir ce qu’écoutaient les jeunes de mon âge. Sur mon île, il n’y avait pratiquement que de la musique caribéenne: il y avait Radio Cuba ou encore Radio Caracas. J’ai eu un déferlement de musique en pleine face. Il y a eu le rock & roll, avec les Beatles. Ça a été un choc pour toute une génération. J’ai eu la chance d’avoir un prof d’anglais qui dès qu’il se mettait à chanter avec sa guitare, avait des étincelles plein les yeux. C’est là où je me suis dit que c’était ce que je voulais faire pour le reste de ma vie.

Tes parents étaient-ils du même avis ?

Non, ils étaient loin d’être du même avis. Je ne peux pas trop leur en vouloir, car ils savaient que je rentrais dans un monde où je n’aurais pas de plan de carrière et que je serais dépendant et à la merci de l’inspiration. Ils m’ont quand même énormément aidé : ils m’ont hébergé pendant longtemps. En tout cas tout le temps qu’il fallait pour que je puisse prendre mon envol et gagner assez d’argent pour avoir mon chez moi. Je leur en serai éternellement reconnaissant. J’aime cette vie où l’on vit plus longtemps et l’on meurt moins vite.

J’ai eu la chance de parler avec Hugues Aufray concernant la fin de carrière. Il ne conçoit pas la notion-même de retraite pour les artistes. Qu’en penses-tu?

Je n’aime pas le mot « retraite ». C’est un mot qui me hérisse et qui ne fait pas partie de mon vocabulaire. Ça a une connotation militaire. On parle de « retraite de Russie » par exemple. Ça implique une introspection et une absence. Moi, mon bonheur, il est sur la scène. Je pense à tous ces gens qui, après une dure journée, font l’effort de venir nous voir et je trouve cela très gratifiant. C’est un privilège en fait. Tu sais, et c’est surtout vrai en politique, quand on a des privilèges, on essaie de les garder à tous prix ! (rires !)

Tu es resté très terre-à-terre. Penses-tu que c’est ça qui a fait, et qui fait encore, ta popularité aujourd’hui ?

Je n’ai pas d’égo, tu sais. Je ne mets pas de lunettes noires dans la rue, sauf quand évidemment il y a du soleil. (Rires!) Je ne me cache pas. Je sors dans la rue et je fais mes courses. Je n’ai pas de signes extérieurs de vedette.

D’ailleurs, je vais te raconter une anecdote. Un jour, j’étais en terrasse avec des amis. On venait d’enterrer un de nos amis proche et on avait tous les larmes aux yeux. On était vraiment mal. Une personne passe, me reconnaît et me fait signe. Je ne réponds pas, car je ne m’en sentais pas la force. Sur ce, cette personne s’énerve et me dit que je ne suis même pas capable de dire “bonjour” alors qu’à la télé, je passe pour le gars super sympa. Bref, j’ai regretté. Finalement j’aurais dû faire bonne figure.

Je pense que les gens m’aiment bien car je ne suis pas prise-de-tête. Je ne donne pas de leçons. Je ne suis pas un chanteur à message. Je chante le bonheur, la gaieté. Je n’aime pas la guerre. Et très franchement, après ‘Manhattan-Kaboul’ de Renaud, que veux-tu chanter de plus? Je ne peux pas changer le monde, mais j’essaie d’y mettre un peu de fantaisie.

Justement, en parlant de fantaisie : comment sera ton concert au Luxembourg dimanche ?

On va faire un spectacle avec des musiques caribéennes et d’Amérique de Sud. Il aura une couleur inhabituelle avec des percussions très marquées. On vient avec cette envie de s’éclater et de s’amuser. On veut faire rire les gens. Ce sera aussi l’occasion pour montrer que j’ai un peu plus que trois chansons à mon actif.

Quels sont tes prochains projets ?

J’ai quelques dates de prévues pour cet été. J’ai un autre projet personnel mais je ne sais pas trop comment l’aborder. J’ai des envies de chansons, mais la profession a énormément changé. Je dois trouver un moyen ludique de parvenir à mes fins.

Je regrette le temps où on était loin de l’égoïsme parisien pas comme aujourd’hui. J’étais à un spectacle des Copains de l’Espoir à Genève, il y a quelques semaines. Il y avait Bénabar, MC Solar, Grégoire etc. On a fini autour d’une table avec une bonne bouteille de pinard. C’était un moment magique.

Enfin, ma question rituelle: Beatles ou Rolling Stones et pourquoi ?

Je n’ai pas à faire de choix. Je choisis donc les deux. Les deux ont révolutionné la rock musique. Ce sont deux manières d’appréhender le son. Dans les années 1960, il y avait des gens qui défendaient l’un ou l’autre. Un peu comme pour la rivalité entre Johnny Hallyday et Antoine. Ils s’envoyaient des pics dans leurs chansons mais au fond ils s’adoraient. En tout cas, je suis impressionné par l’héritage immense qu’ils nous laisseront tous les deux. On ne peut pas se permettre de choisir. C’est comme si on me demandait de choisir entre Bach ou Beethoven. Les deux sont incontournables !

 

Propos recueillis par : Nathalie Barbosa pour Vacarm.net

 

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