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Interview du groupe Death Awaits pour la sortie de Rapture Smites.

Le 16 janvier 2020, au Black Dog (Paris), Tommy (batterie) et Olivier (guitare) du groupe Death Awaits sont venus parler de leur dernier album Rapture Smites, sorti le 11 octobre 2019.

“Les thèmes abordés sont une interprétation contemporaine du mythe des cavaliers de l’apocalypse. On a décidé d’associer à chacun des cavaliers un des enjeux contemporains que connaissent nos sociétés actuelles, notamment le capitalisme, la guerre, la catastrophe écologique et ce qu’on a appelé la mort de la pensée avec la place que prennent les écrans dans nos vies.”

Tommy, ton arrivée dans le groupe est très récente, tu n’as pas participé à l’enregistrement de l’album, peux-tu nous raconter comment tu as intégré le groupe ?
Tommy : Je suis arrivé dans le contexte de la fin de la tournée de Solve Coagula en décembre 2017, pour du travail de session. J’ai effectué une quinzaine de dates avec eux depuis cette période et ils ont décidé de m’intégrer définitivement après le départ de Julien en décembre 2018. Il y a eu plusieurs changements de batteurs dans le contexte de mon arrivée, c’était la solution facile de m’intégrer de manière définitive.
Les batteurs sont une denrée rare dans la scène du metal extrême et la plupart ont beaucoup de projets. Pour moi, c’était un plaisir de pouvoir intégrer la formation de mon frère (guitariste dans le groupe) et je me plais aussi dans la direction artistique de Death Awaits, mon intégration s’est donc faite naturellement et simplement. Et même si ce n’est pas moi qui joue sur l’album, j’ai contribué à l’écriture de toutes les parties de batterie qui ont été enregistrées par Kevin Paradis (Benighted).

Pourquoi ce n’est pas toi qui les as enregistrées alors ?
Kevin est un ami de longue date, il était au lycée avec Jordan et a naturellement accepté de nous aider à enregistrer cet album. Il fait un travail absolument exceptionnel, moi je suis loin de pouvoir rivaliser avec ses qualités d’enregistrement et ses compétences dans la batterie, c’est un professionnel. Je suis très heureux de pouvoir défendre ses parties sur scène.

Tu as dit qu’il y avait très peu de batteurs dans ce type de metal. Tu sais pourquoi ?
Je ne me l’explique pas non.

Pourquoi ce choix de la batterie et de ce style de metal ?
La batterie c’est venu parce que tout simplement je tapais partout, sur mes cuisses, j’étais insupportable donc il y a eu rapidement la nécessité de me mettre derrière l’instrument. La musique extrême est venue avec mes goûts, naturellement j’avais envie de jouer le plus vite et le plus fort possible et petit à petit avec la pratique je me suis orienté vers des styles comme le death metal. Trouver une formation ça a été très facile. J’ai eu beaucoup de propositions même si j’entends me consacrer exclusivement à Death Awaits. Pour l’instant, je n’ai pas le temps de me consacrer à d’autres projets, derrière les fûts en tout cas. Je suis également pianiste, j’ai commencé le piano au conservatoire. Je joue du metal extrême au piano aussi, j’ai une chaîne youtube consacrée à tous ces arrangements de death metal technique, black metal aussi que je transcris au piano et que j’interprète.

Tu aimerais qu’il y ait un autre album avec Death Awaits dans lequel tu serais à 100 % intégré dans la composition et l’enregistrement ?
J’aimerais beaucoup avoir l’expérience d’enregistrer un album et d’avoir le résultat de mes prises sur disque.

Revenons à l’album, qui compose dans le groupe ?
La musique c’est notre guitariste. Les textes c’est moi. A l’origine, les textes c’était notre chanteur Florian qui les écrivait mais on écrit en anglais et j’ai un niveau d’anglais plus approprié. La trame de fond c’est moi mais l’inspiration vient de notre chanteur, j’ai été son ghostwriter en quelques sortes sur cet album (rires).

Tu vas nous dire de quoi parle l’album. La construction est un peu particulière avec ce triptyque au milieu.
Au départ le triptyque était un seul morceau de 10 minutes mais ça ne correspond pas du tout aux canons du style et si on a envie de le jouer sur scène, c’est bien qu’on puisse prendre une partie indépendamment de l’autre et que ça garde son sens. On a donc décidé de le découper et ça fonctionne comme ça.
Sinon les thèmes abordés c’est une interprétation contemporaine du mythe des cavaliers de l’apocalypse. On a décidé d’associer à chacun des cavaliers un des enjeux contemporains que connaissent nos sociétés actuelles, notamment le capitalisme, la guerre, qui est traitée dans le triptyque « Trumpeting Butchery », la catastrophe écologique et ce qu’on a appelé la mort de la pensée avec la place que prennent les écrans dans nos vies (sur « Shrine of Mediocrity » notamment).

Et le titre de l’album ?
Rapture Smites c’est un peu la trame de fond apocalyptique de la chose. Rapture c’est le ravissement au sens biblique et le ravissement qui frappe les hommes tout simplement. C’est assez sombre mais ça correspond à l’esthétique de la musique, c’est plus un constat sur le climat actuel dans lequel on vit que vraiment une orientation politique ou quelque chose qu’on souhaite défendre. Ce sont des sujets que Flo notre chanteur avait envie d’aborder.

L’espoir, s’il y en a, se trouverait où selon toi ?
A titre personnel j’arrive à m’épanouir et à sortir de ces idées sombres à travers la musique. Sinon je ne suis pas particulièrement optimiste pour la suite.

L’album est sorti le 11 octobre donc depuis quelques mois déjà, les premiers retours ?
Ils sont plutôt encourageants, on a eu beaucoup de chroniques positives un peu après sa sortie. Tout le monde s’accorde à dire que le groupe a franchi un cap. C’était l’objectif. On a consacré beaucoup de temps et d’investissement financier sur cet album. On apprécie énormément qu’il plaise autant. On peut compter sur le soutien indéfectible de notre fan base lyonnaise et ça fait chaud au coeur de voir qu’on n’a pas fait ça pour rien et que cet album peut nous apporter un peu de succès.

Vous l’avez déjà défendu sur scène cet album ?
On a fait une dizaine de concerts à l’automne, on a joué en Angleterre, en Ecosse et également en Espagne. C’était une expérience très éprouvante parce que ça fait beaucoup de route mais c’était très agréable de pouvoir défendre cet album hors de nos frontières et de voir qu’il a été bien reçu également à l’étranger.

Concernant le clip. Un mot sur le choix du titre « Loot Thy Neighbour » ?
On a choisi un des titres les plus accrocheurs de l’album et travaillé avec Pickture Prod sur Saint-Etienne, un jeune homme enthousiaste et regorgeant d’idées. C’était un tournage assez intense et une expérience réussie je pense car le résultat a été au-delà de nos espérances. Par la suite, on va certainement continuer à collaborer avec lui.

Olivier le guitariste nous rejoint.

Un mot sur la dualité des guitares sur « Better Think Twice » notamment ? comment vous vous arrangez entre guitaristes ?
Olivier : il n’y a pas de dualité en fait, c’est composé pour que ça discute, rythmiquement et mélodiquement ! Dualité je ne le vois pas comme ça, complémentarité je dirais plutôt. Certains passages des chansons tombent sous le sens, correspondent plus à l’un ou à l’autre, guitaristiquement comme humainement. Après il y a des choix, des solos, des parties mélodiques où a été établi dans la compo qu’à ce moment là il y aurait une mélodie mais elle n’est pas encore écrite donc forcément cette mélodie va correspondre au guitariste qui l’écrit, à son jeu, son intention etc, pour les solos c’est pareil. C’est vraiment une complémentarité.

C’est l’autre guitariste qui a composé l’album, ça ne te dérange pas ?
Olivier : J’ai eu la chance de rejoindre le groupe alors que l’album était composé, en juin 2018, et il restait quelques dates avant l’enregistrement de l’album. On m’a dit c’est ok tu rentres, tu t’occupes pas des dates, t’es dans le groupe et tu nous rejoins vraiment pour enregistrer l’album. Par contre on m’a dit clairement l’album est composé, tu ajoutes, tu changes ce que tu veux, après on en discute mais tu mets ton nez où tu veux et même si tu veux on peux envisager facilement de virer des chansons et on en rajoute qu’on fait ensemble. C’est ce qui s’est passé, on n’a pas viré de chansons, on en a rajouté une où je suis vraiment à l’origine de la composition, le bonus track, et puis tout au long de l’album sur mes parties guitare j’ai pu mettre ma touche, mes modifications à moi, mes arrangements donc je ne me suis pas senti « interprête ».

Tu as remplacé un guitariste ou ils ont décidé d’en prendre un deuxième ?
Olivier : J’ai remplacé un guitariste.
Tommy : le précédent guitariste c’était Damien, qui était à l’origine du projet depuis 2002, c’était son groupe. Malheureusement, avec les ambitions qu’on a aujourd’hui et les dates qui tombent de plus en plus souvent, il n’était pas en mesure de continuer avec nous. Il travaille en tant que régisseur pour Michael Jones et n’était plus disponible pour être avec nous tout le temps, il a préféré laisser la place à Olivier. On le salue d’ailleurs pour son travail qu’il a pu faire avec nous notamment à Saint-Etienne en décembre dernier.
Olivier : d’ailleurs ça me permet de souligner que c’est un petit peu l’histoire du line up qui a pu changer plusieurs fois chez Death Awaits, ça a toujours été ce genre de choses, notamment depuis Solve Coagula où le groupe a une volonté de donner plus pour se diffuser un maximum, ça demande pas mal d’investissement et c’est à l’origine de tous les changements de line up.
Tommy : Il ne reste que le chanteur du line up d’origine.

Il doit y avoir une différence d’âge avec toi !
Tommy : Oui, en 2002 j’étais en couches culottes ! (rires)

Les relations se passent comment ?
Olivier : ça se passe bien, déjà on est très matures (rires). Death Awaits doit rester un groupe de potes comme ça l’était avant. Quand j’ai rejoint la formation j’avais très envie d’un point de vue musical et les gars me semblaient bien mais je les connaissais peu. Par contre ça faisait clairement partie des choses que je leur ai dit : les gars j’ai envie de jouer avec vous mais faut qu’on soit copains.
Tommy : que ce soit une aventure humaine et pas seulement un projet musical.
Olivier : c’est ça, moi je viens pas pour faire de la session et ça a été vrai pour moi mais aussi pour tous les membres du groupe

Vous réadaptez l’album pour la scène ou vous restez fidèles à l’enregistrement ?
Olivier : on appuie sur d’autres choses, sur des passages, sur les lumières pour donner un autre relief en live aux morceaux mais ils sont globalement comme sur l’album.

Tu es la première personne qui me parle de l’importance de la lumière en concert !
Olivier : ça fait pourtant une différence de fou.
Tommy : surtout sur des petites scènes où ça apporte une plus value exceptionnelle d’avoir de la fumée, des lumières
Olivier : tu te dis là ils ont préparé un show et c’est notre but

Qui est votre lighteux ?
Olivier : C’est Jordan qui s’est occupé de la programmer et c’est un ordinateur qui gère la lumière. On a tout le set sur un projet, Tommy joue au clic et les lumières partent quand elles doivent partir comme on l’a décidé. Sur une grosse scène ça va pas nous apporter grand chose parce qu’il y a des systèmes de light de ouf mais sur les petites et moyennes scènes, ça fait une grosse différence, ça donne un ensemble, c’est le 6e membre du groupe en fait.

Vous avez un titre préféré dans l’album ?
Tommy : moi si j’en ai un que je peux citer en particulier c’est “Evergreen House”. Un titre que je n’aimais pas trop (rires), j’avais des réserves sur son écriture, sa composition, je le trouvais un peu en-dessous des autres jusqu’au moment où il a fallu l’apprendre pour pouvoir le jouer et maintenant c’est un de ceux que je préfère jouer.
Olivier : je dirais peut-être la 2e partie de “Shrine of Mediocrity” que j’aime beaucoup et les “Trumpeting”.

Un mot sur l’artwork ?
Olivier : Stan W. Decker nous a fait la pochette de l’album avec quasiment carte blanche et il a fait exactement ce qu’on voulait.

Retrouvez Death Awaits en concert, les dates sur l’affiche ci-dessous !

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