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Interview du groupe de death metal progressif Fractal Universe

Interview de Vince (guitare-chant) et Valentin (basse) du groupe de death metal progressif Fractal Universe à l’occasion de la sortie de leur 2e album, Rhizomes of Insanity, le 19 avril chez Metal Blade Records.

Une petite présentation du groupe pour ceux qui ne vous connaissent pas encore ?
Vince : le groupe s’est formé fin 2014 aux alentours de Nancy. On a sorti un premier Ep Boundaries of Reality début 2015 suivi d’un premier album Engram of Decline en avril 2017 et la sortie de notre 2e album Rhizomes of Insanity est prévue pour le 19 avril 2019.

Une belle régularité !
Vince : on essaie de garder la cadence d’une sortie tous les deux ans.

Ça n’a pas dû être facile de trouver le temps de composer compte tenu de la tournée de 76 concerts dans 15 pays dont Hellfest Open Air, MetalDays qui a suivi la sortie du premier album
Vince : c’est un processus qui s’étend sur une assez longue plage de temps. On a commencé à écrire l’album avant même que le premier soit officiellement sorti donc on avait déjà quelques maquettes prêtes à ce moment là et du coup ça s’est étalé sur un an et demi de travail de composition, ça s’est fait sur la durée, en parallèle de toutes les dates de concerts.

Qui compose dans le groupe ?
Vince : c’est principalement moi, paroles et musique. J’enregistre des pré-productions, je leur envoie, on en discute, on travaille les détails, les arrangements tous ensemble, chacun apporte sa patte.

C’est toi qui compose également la basse, la batterie ?
Vince : j’écris les lignes directrices.

Votre style musical oscille entre death metal brutal et rapide et metal prog, quelles sont vos influences principales ?
Valentin : c’est du death metal progressif. On nous compare souvent à Obscura.
Vince : Obscura, Gorod, Necrophagist, c’est le genre de groupes qu’on a beaucoup écoutés quand on était ados et même maintenant. Après, au-delà de ça, je pense qu’on écoute tous beaucoup d’autres styles de musique aussi.

Pourquoi ce choix du death metal progressif comme mode d’expression ?
Vince : c’est un style dans lequel on est assez libres au niveau de la composition, on peut se permettre d’avoir une plage de dynamique assez impressionnante. Dans tout ce qui est metal extrême on peut vraiment se lâcher, il n’y a pas de limites dans ce qu’on peut faire au niveau de la brutalité, de la vitesse mais d’un autre côté on peut aussi se permettre de faire des plages très aérées.

C’est toi qui a choisi le nom du groupe Fractal Universe ?
Vince : De mémoire c’est Hugo et moi, un peu par hasard, on trouvait que ça sonnait bien, après on a fait des recherches sur ce qu’impliquait le concept et c’est assez intéressant parce que le concept d’un univers fractal c’est qu’on retrouve des similarités à la fois dans des structures microscopiques et macroscopiques donc ça sous entend que finalement les mêmes lois gouvernent l’infiniment grand et l’infiniment petit et ça rejoint quelque part une certaine théorie du tout que les scientifiques recherchent encore aujourdhui et par rapport au concept de fractal, je trouve que ça reflète assez bien notre musique parce qu’une fractale c’est quelque chose dont on peut saisir la forme au premier regard, on saisit une forme générale, mais plus on zoome sur cette forme plus on va trouver des détails et c’est à l’infini et quelque part c’est aussi ce qu’on cherche à faire dans notre musique, avoir quelque chose qui est intelligible à la première écoute , avoir des éléments qu”on retient, quelque chose qui nous touche mais au fil des écoutes quand même avoir des nouveaux détails qui nous surprennent, réussir à découvrir des nouvelles choses et c’est un peu comme ça qu’on écrit nos morceaux

Compte tenu de la recherche au niveau du thème, des paroles, peut-on vous qualifier de groupe de death metal intellectuel ?
Vince : la musique et les paroles c’est un peu deux univers qui se rejoignent forcément mais qui peuvent exister indépendamment. On peut très bien écouter la musique sans pour autant se pencher réellement sur les paroles, ce n’est pas ce que j’encourage de faire forcément mais c’est tout à fait possible.
La musique et les paroles sont liées, on essaie d’écrire les paroles en fonction de la musique pour que ça colle à l’atmosphère de chaque partie et forcément, après, le style de chant coule un peu de source. C’est pour ça qu’il y a une réelle diversité au niveau du chant.

Le premier album était également un concept album ?
Vince : oui, il était basé sur un livre de Nietzsche “Ainsi parlait Zarathoustra”, un concept assez poussé, grosse modo ça traite de la conscience, à la fois de comment émerge la conscience et de son rapport à la société d’aujourd’hui, comment des concepts comme la religion sont liés à notre perception d’humain.

Le choix de la folie comme thème du dernier album, tu peux m’en dire un peu plus ?
Vince : C’est une expérience de pensée sur la folie. On a choisi d’aborder ce thème sous différents angles, à la fois essayer de comprendre où se situerait une frontière entre la raison et la folie et aussi comprendre quelle part de nous et de la société la folie occupe. C’est tout un tas d’interrogations qu’on a essayé de soulever avec cet album.

Un mot sur le titre bonus en acoustique ? pourquoi bonus ? il n’a rien à voir avec les autres ?
Vince : Il ne fait pas partie intégrante de l’album. Le label voulait un titre bonus pour la version européenne de l’album. C’est un arrangement acoustique d’un titre de l’album précédent.

Pourquoi acoustique ?
Vince : Pour tester quelque chose de nouveau et l’expérience nous a plu.

Vous avez trouvé un label en fin d’année dernière, Metal Blade Records. Grâce au premier album ?
Vince : Une des personnes qui travaille chez Metal Blade connaissait le groupe depuis déjà quelques années et avait partagé quelques uns de nos morceaux, on l’a contacté, on avait les pré-productions du deuxième album et ça lui a plu. Il a décidé d’en parler à toute son équipe et ça les a bottés. On a tout de suite été emballés parce que c’est vraiment un des piliers du metal.

Ça change quoi d’avoir un label ?
Valentin : beaucoup plus de visibilité déjà
Vince : le label avance une partie des frais qui peut servir notamment pour les clips, ils nous mettent en relation avec d’autres personnes, que ce soit des agents de promo, des tourneurs, donc je pense que pas mal d’opportunités vont se développer grâce à ça. Rien que le nom Metal Blade va nous ouvrir des portes selon moi.

Une tournée prévue ?
Vince : On vient tout juste de signer un contrat avec une boîte de booking, je ne peux pas encore l’annoncer. Nous allons faire la première partie de The Black Dahlia Murder pour les dates françaises au mois d’avril. On aura quatre dates : Paris, Angers, Mulhouse et Lyon
Valentin : l’album sort le 19 avril, tous les shows sont prêts
Vince : on fait une release party au Gueulard Plus à Nilvange, c’est une salle qui nous soutient depuis les débuts du groupe, on a déjà fait notre dernière sortie d’album là-bas, on a notre public dans notre région, on connait bien la salle, les personnes qui y travaillent. On va jouer l’album en intégralité à cette date là. On sera donc prêts pour les dates qui suivent

Flavien Morel au mix a apporté quoi à l’album ?
Vince : Flavien Morel travaille sur nos albums et Ep depuis le début et il sait maintenant bien ce qu’on attend au niveau du son, ce qu’on cherche à exprimer au niveau de la musique. C’est un processus assez interactif, on se voit, on lui dit ce qu’on veut et lui après a les compétences pour retranscrire ça dans le son.

L’artwork c’est toujours la même personne aussi, une équipe fidèle donc ?
Vince : On attache pas mal d’mportance au fait de travailler avec les mêmes personnes parce que ça contribue à créer l’univers autour du groupe, il y a un son et une image caractéristiques. L’artwork est de Shad, un ami d’enfance de notre guitariste, maintenant il sait bien ce qu’on attend au niveau artwork. Il a eu carte blanche, on lui a laissé écouter la musique, présenté le concept et il nous a envoyé trois jets complètement différents en nous expliquant à chaque fois ce qu’il entendait par là, on s’est dirigés vers celui qui nous parlait le plus et on a essayé de développer cette idée là en particulier

Un mot sur la participation de Jean-Marc, le père du guitariste Hugo Florimond, qui a composé des parties de saxophone sur certains titres
Valentin : on l’avait déjà fait sur l’album précédent et on a décidé de renouveler l’expérience parce que ça colle plutôt bien avec la musique qu’on fait
Vince : ça apporte une couleur différente qui au final garde l’intérêt de l’auditeur

Un concert qui vous a particulièrement marqué ?
Valentin : le Motocultor en 2016, une des premières fois où on faisait un concert devant plus de 2 000 personnes et les gens étaient vraiment réactifs, c’était vraiment un bon concert. Et puis on avait plutôt bien joué.

Le pire souvenir de concert ?
Vince : on a fait une date en Roumanie et l’ingé son comprenait très mal l’anglais, c’était très compliqué pour dialoguer, on n’arrivait pas à lui faire mettre le métronome dans nos écouteurs et pas dans la façade, on a dû faire une croix là-dessus sinon le public aurait entendu le métronome pendant tout le concert (rires). Malgré ça c’était notre première fois en Roumanie et on a été super bien accueillis donc ça reste un bon souvenir.

C’était en première partie d’un groupe la Roumanie ?
Vince : Non, c’était une tourné européenne qu’on avait montée nous mêmes, on a fait Roumanie, Lituanie, Pologne, Allemagne. On a été surpris par l’accueil en Roumanie et par le nombre de cd qu’on a vendus. C’est un des pays les plus pauvres d’Europe mais les gens sont parmi les plus généreux qu’on ait pu rencontrer, je pense quils apprécient vraiment le fait que les artistes se déplacent pour aller chez eux.

Une annonce pour terminer ?
Valentin : on a une tournée prévue avec The Black Dahlia Murder et une date avec Cannibal Corpse au mois de juillet dans une salle qui a l’air bien grosse donc je pense que ça va être une belle expérience ça aussi.

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