Vacarm.net
Image default

Wilko Johnson + Dallas Frasca – Divan du Monde (Février 2013)

C’est la mine un peu triste que l’on se rend au Divan du Monde, Wilko Johnson, légende du rock et père fondateur de Dr Feelgood vient d’annoncer être entré dans la phase terminale de son cancer du pancréas (Ambiance :s !) Malgré la maladie il n’a rien perdu de sa superbe et Dallas Frasca le soutiendra par sa fureur et Manu Lanvin par sa douceur. Ce dernier, fils de l’acteur renommé offre un show blues aseptisé pour le grand public mais qui ne manque pas de mordant. Déjà cinq albums solos dont le dernierMauvais Casting (2012) pour Manu Lanvin, « fils de » mais pas que, un musicien passionné voir possédé (il enchaîne les titres sans setlist) qui envoûte l’audience par des compositions rock’n’boogie plutôt bien trouvés.

DALLAS FRASCA

Dallas Frasca incarne à elle seule toutes les divas rock que l’on aime ou que l’on aurait voulut être: une voix à faire pâlir Janis Joplin, un déhancher aussi sensuelle que Beth Ditto, la trash-attitude de Courtney Love, le look de Siouxie remixé version 2013 (les cheveux rouges rasés sur les côtés), la poésie de Patti Smith et le féminisme d’Aretha Franklin. C’est la première fois qu’elle vient en France pour une tournée française qui commence ce soir au Divan du Monde. Le patron des lieux lui-même et le directeur du label montent même sur scène pour la présenter avant son arrivée. Adulée par les médias spécialisés depuis la sortie de son dernier album Sound Painter , elle impose sa voix dès le premier titre. Et ça décoiffe ! En particulier, quand un micro est réglé trop fort pour une voix particulièrement puissante. D’ailleurs à quoi il sert ce micro ? Accompagnée de seulement deux musiciens, un batteur et guitariste, on est surpris de l’effervescence musicale qu’elle engorge. Ses compositions blues/rock sont groovy et authentiques : on swingue, on tape du pied au son d’une chanteuse charismatique totalement déchaînée. Malheureusement le public n’est pas tout à fait adapter ce soir à l’énergie de Dallas Frasca qui tente tant bien que mal d’improvisé un slam dans une petite piscine gonflable. Mais ces petits problèmes techniques ne l’ont aucunement empêché de séduire par des vrais « hits » en puissance tel que « Anything Left To Wonder » « I like you better when you’re straight » ou encore le splendide « All my love » qui conclut ce show électrique, révélateur de talent.

WILKO JOHNSON

Alors que le public est en furie, l’espace d’un instant, le silence se fait lourd lorsque Wilko Johnson entre en scène, le temps s’arrête ; la mine grise, le visage creusé, un corps squelettique qui se cache tant bien que mal dans un complet noir s’avance et…..envoie la sauce ! Soudain tout s’éclaire, la foule respire et la bonne humeur reprend le dessus. Malgré une voix quelque peu fatiguée, Wilko Johnson ne ménage pas ses efforts pour ravir son public. Il est concentré sur ces morceaux, conscient de leurs valeurs pour le public. Il ne veut aucune fausse note. Même si nous n’assistons pas à des solos de guitares transcendants et à une explosion de fureur rock’n’roll, les fans restent fidèles au poste et pour certains ça fait plus de trente cinq ans que ça dure ! Alors quand la voix faiblie, ils reprennent en cœur le refrain des tubes du Dr Feelgood ou de ses albums solos et ils s’extasient son doigté de guitariste. Pendant plus d’une heure et demie, Wilco nous ravie des titres et quand à fin du rappel, il entonne son « Goodbye, bye Johnny », la dernière note nous ramène brusquement à la réalité.

 

 

 

Photos : ©Peggy Cremin

Laissez un commentaire

Le webzine qui fait du bruit
Vacarm.net est un site d'actualité musicale. Chaque jour retrouvez de nouvelles chroniques des dernières sorties d'album, des interviews de vos artistes rock / metal favoris et des live report des meilleurs concerts et festivals français.