Une fois n’est pas coutume, notre jolie ville de Rouen accueille un groupe parisien de métal/fusion plein de promesses, Furykane, dont on m’a dit beaucoup de bien, et qui pour un jeune groupe a déjà de belles dates à son actif. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’on n’a pas été déçu… Pour ceux qui ne connaissent pas notre belle capitale normande, plantons d’abord le décor: la scène de l’Emporium Galorium, lieu mythique des soirées rouennaises, est une jolie cave voutée de pierre blanche au charme indéniable. Petite salle donc, mais où l’ambiance est souvent au rendez-vous. C’est ici que Furykane a choisi de faire découvrir à mes compatriotes normands leurs créations, et c’est loin d’être le pire des endroits, même si le groupe a déjà fréquenté des salles d’un autre calibre (Elysée Montmartre, Trabendo ou la Boule Noire, par exemple).
Le groupe ouvrant la soirée est une bonne surprise: Fairy Dust, jeune ensemble métal/screamo venant du Havre, assure très correctement sa prestation, qui tire plus vers l’émocore du style de Bullet For my Valentine, et qui nous livre un show carré et sans trop d’anicroches. Il n’en sera pas de même pour le groupe suivant, Cherry Dark, venant aussi du Havre, mais qui, notamment à cause d’un son mal réglé et des compositions peu originales, ne m’aura pas emballé.
Puis très vite arrive Furykane. Tous vêtus de blanc, Jenn, la chanteuse perchée sur ses hauts talons, on se dit déjà qu’on a affaire à un groupe pas comme les autres. Le groupe commence avec la chanson STFU: grosse intro de guitare qui nous rappelle les grandes heures de Korn ou du Néo en général. Puis vient la voix, et la on se demande si Jonathan Davis et Zach de la Rocha n’ont pas fusionné en une petite blonde parisienne… Ca s’appelle du Crunk, c’est du chant rappé à 10 000 volts, donc on s’attend à du pur son fusion. Mais non, la demoiselle se met à hurler, remettant à leur place bon nombre de mes camarades masculins dans cet exercice. Et comme si ça ne suffisait pas, voilà qu’un refrain mélodique s’envole, d’une justesse qui met tout le monde d’accord: comme peu de chanteurs, ce petit bout de femme excelle dans tous les domaines vocaux du métal.

Le groupe est déjà déchainé depuis le premier titre, on prend la batterie pour une batterie électronique tellement le rythme est carré et le son, notamment des cymbales, malgré la petite taille de la salle, n’englobe jamais les autres instruments. La section rythmique, à savoir le couplage basse-batterie est rôdé à bloc, et ça se sent, malgré le fait que le bassiste saute dans tous les sens et se lâche de plus en plus. Côté guitare, l’apport indéniable de la 7 cordes permet un savant mélange d’accords destructeurs et d’harmoniques aiguës d’une grande précision.

Les morceaux du Maxi 5 titres déjà sorti (en prévision de l’album en préparation pour 2010) s’enchaînent, l’énergie ne déclinant pas une seule seconde. Le public, bien que peu nombreux pour un groupe aussi doué est conquis et en redemande (ça faisait longtemps qu’on avait pas vu ça avec un groupe de Métal à Rouen…). Le concert s’achève sur l’excellent Altering Faces, et une composition toute récente intitulée simplement Test. Malgré la faible affluence, Furykane sort visiblement très satisfait de l’ambiance de la soirée et nous confie qu’il est préférable de jouer dans une petite salle avec un public déchaîné que dans une grande salle avec un public statique…

Un dernier petit conseil à mes collègues normands ou d’ailleurs, si vous avez l’occasion de vous promener en Normandie le 13 février prochain, le groupe se reproduira au même endroit (cette fois-ci accompagné d’un groupe de métal progressif rouennais) et à mon humble avis, vous vous délecterez d’un groupe doté d’un bel avenir et qui mérite de s’exprimer sur de bien belles scènes…

.: Setlist :.
STFU
Holy Mary
Soft
AOSD
Absolute disgrace
MAJ Z
Boogie
Altering faces
Test

