L’avantage avec un festival, c’est que l’on peut pousser les murs ! Les organisateurs de l’association Hidden Socx l’ont bien compris. À peine arrivés sur place, les premiers spectateurs découvrent que, cette année, l’entrée se fera juste au bord de la voie menant au parking du stade, à l’intersection de l’avenue du Parc à Socx. L’an passé, les véhicules pouvaient encore y circuler. Pour cette édition 2024, l’accès devenu piéton propose ici des stands en tout genre : foodtrucks, tatoueurs, créateurs, et même le poste de secours de la Protection Civile.

Autre nouveauté cette année, le camping : c’est la première fois que Hidden Socx le propose. En plus, il est totalement gratuit ! Il suffisait de s’inscrire par mail afin de réserver et recevoir le règlement de cet espace de vie commune. Peu avant l’ouverture, les usagers finissent de s’installer en montant leur tente dans la bonne humeur. Ceux qui sont arrivés plus tôt profitent même de leur premier apéro en plein air entre deux camping-cars. La perturbation qui a traversé la région a bel et bien quitté le secteur vers le sud. Il fait beau et chaud, c’est un vrai temps estival.

Alors que points de restaurations et buvettes sont pris d’assaut, Little Odetta se prépare en backstage, dans une atmosphère mêlant excitation et trac. Audrey Lurie, la chanteuse, termine son échauffement avec le sourire. Le groupe entre sur scène dans une énergie incroyable. Cet ouragan du rock emporte le public sur son passage, attirant même les retardataires restés au comptoir. Alex Detammaecker, président de Hidden Socx, promettait du « lourd » cette année. Ce ne sont pas les 1.500 personnes, scotchés dès la première partie, qui le contrediront.






Entre deux concerts, un disc-jockey assure l’ambiance. Les corps ne se refroidissent pas avant l’arrivée de Knuckle Head. En coulisses, les alsaciens semblent détendus. Jock Alva, le batteur tatoué même sur le visage, explique que le stress monte deux minutes avant de commencer pour redescendre trente secondes après. Généreux, le duo de dark country captive immédiatement avec ses sonorités mêlant stoner, blues et metal. Jack et Jock sont récompensés par des acclamations nourries. La satisfaction se lit sur leur visage alors qu’ils quittent la scène.






La nuit tombe sur Socx. Tandis que le fond de l’air se rafraîchit, trois filles et deux garçons s’encouragent mutuellement et poussent leur « cri de guerre » avant de mettre le feu. Les fans d’AC/DC sont déchaînés : Back:n:Black est venu de Suisse pour reprendre les titres culte du légendaire groupe de rock ! Grimé en Angus Young, Rockin’ Dave prend son rôle à merveille ! Il va et vient sur scène en imitant les mimiques du célèbre guitariste. Et lorsqu’une enfant sera déposé près de Robie, celle-ci n’hésitera pas à la faire participer en grattant sa guitare. Touchant !






Il est 15h00 en ce samedi lorsque les portes de Woodsocx se réouvrent. Le soleil est au beau fixe mais le public tarde à arriver. Peut-être a-t-il préféré regarder l’équipe de France de rugby à 7 dominer les JO 2024. Un peu plus tard, C’Family! monte sur scène. Les locaux de Douai ne tardent pas à amasser la foule près d’eux en revisitant les classiques rock des années 70 et 80. Entrainée par une section rythmique efficace, la voix de Claire, la chanteuse, entonne à merveille les plus grands classiques de Led Zeppelin, ou encore de Deep Purple. Ils repartiront sourire aux lèvres.






Plus tard, un groupe de rock vintage des années 60 et 70 lui emboîte le pas. Il s’agit de The Red Goes Black. Le quintette finistérien de Douarnenez revendique fièrement ses racines bretonnes en guise de présentation, apprenant même aux festivaliers à dire « Santé ! » dans sa langue, avant de reprendre une gorgée de bière… Locale, forcément ! Et quand la chaleur des gens du Nord se mélange à l’authenticité de ceux de Bretagne, on peut être sûr de vivre une communion haletante. Woodsocx en avait d’ailleurs fait l’expérience avec la venue de Cachemire, l’an passé.






Le soleil tape aussi fort que la musique en ce samedi. Les spectateurs se ruent en nombre vers les buvettes afin de s’hydrater au son de la musique de club du DJ, toujours présent aujourd’hui. Soudain, un moustachu et son équipe montent en backstage. Il s’agit de Johnny Montreuil, tout droit venu de la région parisienne. Il semble concentré. Redoutable et infaillible, il entre en piste avec sa contrebasse et ses potes. Dès les premières notes, il déboîte tout sur son passage. Kik Liard et son harmonica l’accompagnent de manière virevoltante en offrant un concert de qualité.






Les organisateurs sont inquiets. Le dernier groupe, ayant joué la veille au Portugal, est bloqué à Paris à cause des JO. Finalement, tout est mis en œuvre pour permettre sa venue. La nuit est déjà tombée quand Komodrag & the Mounodor débarque sur scène. Comme s’ils exprimaient leur délivrance d’avoir pu prendre part à la fête, ils se déchainent sur scène pour un final magistral ! Classic rock, hard rock, progressive rock, ils font danser en régalant les amateurs de percussions grâce à leur configuration à deux batteries. Croisé dans le public, Alex, le président de l’association, lâchera un : « C’est bon ça ! ». Tout est dit.






Au terme de deux jours d’une intensité remarquable et tonitruante, Woodsocx Festival 2024 ferme ses portes. Ce cru 2024 laissera un succulent goût en bouche, très prometteur pour les prochaines années. À force de vieillir, ce rassemblement prend une maturité intéressante qu’il conviendra de surveiller de très près. Il a certainement encore de beaux jours à vivre et à faire vivre. Mon petit doigt me dit que l’année prochaine sera même à marquer au fer rouge. Il paraît même que plus c’est rouge, plus tu bouges. Affaire à suivre…


