Il est de ces albums qui sont de parfaites bandes-son pour des week-ends ensoleillés, des hymnes légers pour des ballades estivales, lunettes de soleil vissées sur le nez et cheveux au vent… Never Sleep de The Narcoleptic Dancers pourrait faire partie de ceux-là, à coup de douces mélodies, voix de feutrine et guitares délicates, même s’il n’est pas à prendre totalement à la légère, tant certaines compositions sont solides et incarnent une belle promesse de début de carrière pour ce duo familial au destin pour le moins original.The Narcoleptic Dancers est l’histoire de la rencontre d’un frère et d’une sœur qui ne se connaissaient pas mais qui avait pour lien un père hollandais footballeur professionnel dans les années 70, qui au gré de ses pérégrinations footballistiques a eu un fils en France et une fille aux Pays-Bas. Au crépuscule de sa vie dans les années 2000, le patriarche réunit pour la première fois les deux enfants, qui perdent alors un père mais gagnent un amour fraternel et une rencontre musicale à la créativité débordante. Anton Lois Jr. est un musicien multi-instrumentiste émérite alors que Melody Van Kappers s’illustre depuis toute petite au chant et dans l’écriture… C’est Axel Concato (Hushpuppies) qui réalisera le premier opus de cette expérience fraternelle et musicale unique, à situer entre The Do et The Breeders, bourré d’influences diverses tirées du Folk, du Rock et de l’Electro.
Si la majeure partie des titres de ce Never Sleep sont de jolies petites chansons légères, presque des comptines Folk («Sweet and Soft », «Moon Thrill», «Life Goes On ») où la douce voix mignonne de Melody berce, sur des guitares Folk et des arrangements piano légers, la vraie force de l’opus réside dans d’excellents morceaux au potentiel presque un peu inexploité, tant les mélodies sont émotionnellement fortes et réussies: tout d’abord, le single «Not So Evident» n’est pas près de vous lâcher avec sa mélodie entêtante et ses cloches enchanteresses; puis viendront les autres influences de l’album, peut-être les plus intéressantes, à savoir le Rock-Pop de «Dusty Cowboy» (trop court, hélas!) et son orgue vintage diablement groovy sur une thématique qui donne des envies de Far-West, les expérimentations Electro de «Rastakraut» et enfin le sublime «Again And Again» qu’on pourrait sans problème aller chercher dans le répertoire des Dandy Warhols… On ira même trouver de l’exotisme, une envie de partir sur les îles avec une guitare au son d’Ukulélé sur «Bakerloo», belle preuve de la capacité musicale cosmopolite du duo…
Pour résumer, un album complet, qui n’hésite pas à voir dans d’autres univers ce qui s’y passe, même si le dénominateur commun reste la douce et délicate voix de Melody qui en irritera certains et en enchantera d’autres. La touche psychédélique et Rock 70’s donnée par les arrangements précis et franchement réussis vous embarque avec succès dans une sphère cotonneuse aux accents British, une nostalgie émotionnelle et musicale, pimentée de modernisme Electro-Pop acidulé. L’histoire de la rencontre de Mélody Van Kappers et Anton Louis Jr. est belle et unique, sa traduction discographique en est une remarquable représentation artistique.

