
Le premier morceau « Knocked Up » dure 7 minutes et c’est déjà un changement pour les Kings Of Leon qui nous avaient habitué aux titres courts (trop ?). 7 minutes de riffs imposants et de chant captivant teinté d’amertume. L’angoisse d’être père voila ce qui motive cette complainte colérique de Caleb Followill, surprenant et ironique pour un fils de pasteur. On remarquera la batterie tantôt ancrant la rythmique par des roulements bien lourds, tantôt laissant libre cours à la ligne de basse. On se rapproche des Pixies The Edge et Joy Division avec les titres « Charmer » ou « On Call » où l’intro au clavier et le claquement de la basse dessinent une transe bien seventies. Et là transparait ce qui pourrait être le fantasme du groupe à savoir s’approcher du terrain de leurs illustres ainés. Ca n’est pas très risqué mais ca se laisse écouter. Le batteur montre toute son inventivité et sa maitrise dans un « Mc Fearless » porté par la guitare saturée et le chant lancinant de Caleb. On trouve aussi des toiles d’araignée rythmiques telles que « My Party » : une maille de basse a l’endroit, un riff de guitare à l’envers, un passage de batterie à l’endroit, un rang de basse à l’envers. Une expérience assez étrange. Cette première moitié d’album est complètement énervée, rapide, grunge, ne lâchant pas le morceau. Apres cette déferlante les chosent s’apaisent et l’ambiance est plus à l’introspection. Les morceaux deviennent moins facilement mémorisables mais sont quand même bien construits et interprétés. « The Runner » par exemple évoque ce qu’aurait pu chanter un soldat Sudiste sur le retour à la fin de la guerre de cessetion, on s’y croirait. Tout cela se termine sur un « Arizona » délicieusement trainaillant qui sonne comme un adieu à quelques anciennes valeurs effacées par le temps et la désillusion, on osera évoquer la ressemblance à Neil Young. Un final tout à fait dans le ton et dans le temps d’une Amérique perdue entre passé et réalités du présent.
Le chant de Caleb Followil peut poser problème car il est particulier, un chouilla plaintif et on en voudra pas a ceux qui auront du mal à accrocher. En gros on aime ou on aime pas. Cependant ce la reste un détail car l’ensemble tient largement la route. La façon dont évolue le groupe est de manière générale intéressante même si on craint qu’il ne glisse sur le sentier du tout public et finalement perde de son âme et de ce qui fait qu’on ne peut le classer. Because of the times fait transparaitre une certaine maturité musicale qui pour quelques un d’entre nous n’est pas du meilleur effet.
.:Tracklist:.
01. Knocked Up
02. Charmer
03. On Call
04. McFearless
05. Black Thumbnail
06. My Party
07. True Love Way
08. Ragoo
09. Fans
10. The Runner
11. Trunk
12. Camaro
13. Arizona

