
On retrouve avec Downtown Cuckoo la joie du rock garage efficace, celui qui sait être direct quand il le faut et un peu crade parfois. D'une manière générale, les compositions semblent claires, avec basse et guitare pour les premiers rôles. Quelques brûlots montrent ainsi la voie, comme « Rachel » ou « Downtown Cuckoo », véritables cœurs névralgiques de l'album. Ce sont là les premiers titres qui marquent vraiment dès les premières écoutes, ceux qui semblent le mieux convenir au groupe.
Les tentatives de morceaux calmes en contrepoids sonnent au contraire faux.. car il s'agit souvent (toujours) d'une fausse piste. « Man Abroad » a peut-être un chant à la frontière du susurrement mais fini, par deux fois, dans un relatif bruitisme bien plus plaisant. Il s'agit de ne pas être trop évident, de savoir se poser un peu pour mieux saisir l'auditeur. Pour cela, « Bare Bones » s'amuse de plusieurs lignes musicales qui se font, se défont et reviennent, preuve de l'ambition que n'hésite pas à avoir Downtown Cuckoo. Le groupe montre également qu'ils savent ne pas être trop dans la précipitation. Le début de l'album joue sur l'attente à la perfection en laissant entrer progressivement chaque instrument.
S'il ne devait rester qu'une influence (française), ce serait Sloy. Non que Downtown Cuckoo offre une même folie ; au sens où écouter ce premier album ne relève pas d'une épreuve où on est en permanence sollicité et contrebalancé à droite et à gauche, notamment grâce à un chant qui est plus « sensé » ici. Mais la rugosité est posée en valeur-clé. Mais ça resterait réducteur de les y laisser. C'est ensuite, à partir de ce postulat, que Downtown Cuckoo dresse son univers musical, y intégrant des éléments plus ou moins rock, parfois même pop (sur « Bottle Of Tears ») ou électro quand le synthétiseur prend temporairement le dessus sur la basse. Cet univers qui est alors plus riche qu'à la première vue, celle des brûlots susnommés.
Mais l'origine géographique du groupe passe totalement à la trappe au final. Plus exactement, ils arrivent brillamment à la faire oublier. Ils pourraient être un groupe de Bristol, cela ne choquerait pas. D'autant que du nom du groupe à l'artwork, rien ne trahit cette appartenance. L'illusion pourrait être parfaite et la présence aux TransMusicales n'y est qu'une suite logique. C'est alors que Downtown Cuckoo, en assumant pleinement et sans réserve son caractère anglophone, réussi un album de très bonne facture, car « digne » de ne plus être français.
.: Tracklist :.
01. Bando
02. Brittany Calling
03. Bare Bones
04. Rachel
05. Downtown Cuckoo
06. Man Abroad
07. Rainy Sunday
08. Blazing Coral
09. Mister Crook
10. Bottle Of Tears

