Voici un side project des plus étonnant. Depuis quelques temps déjà, Aaron Bruno, l’esprit créatif d’AWOLNATION, rêve de gros riffs et de chaos. Alors que l’artiste cumule des millions d’écoutes avec ses singles electro-pop, le voici de retour avec un projet parallèle, The Barbarians of California, sur lequel il invite notamment Darryl Tarberski de Snapcase, pour envoyer tout valdinguer. Exit les petites mélodies sympatoches pour faire vibrer la corde sensible sur une BO de film pour quinquagénaire. Aaron Bruno prend un virage à angle obtus vers des sonorités plus métalliques, flirtant avec le hardcore, le deathcore et le nu metal.
Dès les premières notes de « The Library », l’auditeur est catapulté à des années-lumière de l’univers pop d’AWOLNATION. Ce projet semble être né sans contraintes ni attentes, comme une pure expérience sonore où l’énergie brute s’exprime de façon spasmodique. Imaginez un mélange explosif de Slayer, System of a Down et une bonne dose de hardcore, le tout survolé par une touche pop caractéristique d’AWOLNATION. Un objet sonore aussi inédit qu’addictif.
La recette de The Barbarians of California est un joyeux capharnaüm avec une bonne dose de fun, à l’instar de The Walrus, titre frénétique, totalement foutraque où l’on entend même Aaron Bruno siffloter son break bien gras. L’enchainement avec « Bazooka » est d’une rare violence. Le titre s’ouvre sur une lourdeur métallique aux teintes deathcore, digne de Knocked Loose, avant de s’emballer dans un groove frénétique puis de céder place à des envolées de guitare en tapping. Ce titre est tout bonnement addictif et donne envie de tout casser. D’ailleurs, le groupe excelle lorsqu’il sombre dans une noirceur hypnotique, à l’instar de Dopamine Prophecy, une véritable sauvagerie !
L’album invite aussi Tim McIlrath de Rise Against sur « Three Letters ». Bien que sa participation soit discrète, elle ajoute une teinte vocale intéressante. Le morceau s’achève dans une ambiance planante au son d’un refrain aussi ironique qu’entêtant « Here come the bombs, baby / Here come the bombs darlin’ / Here come the bombs for me and you », de quoi nous décocher un petit sourire narquois à chaque écoute. « Mr Microphone » est un autre titre totalement déjanté avec son refrain aux influences 8bit hardcore.
Voici un album radical, qui tranche forcément avec la musique douce et sucrée d’AWOLNATION. Une découverte des plus surprenantes à faire immédiatement, en espérant que le groupe daigne traverser l’Atlantique pour nous dégourdir les oreilles…

.: Tracklist :.
- The Library
- No Sir I Won’t Wear Your Jacket
- The Walrus
- Bazooka
- Dopamine Prophecy
- Three letters
- Where are the punks ?!?!
- By The Time I Get To Mexico
- Mr. Microphone
- Far Out, Bro


