
Petit rappel historique : ce duo britannique fondé en 1989 est composé des frères Hartnoll, Paul et Phil, qui avant d’écumer clubs et salles de concerts avec un franc succès dans les années 90 et 2000, ont avant tout fréquenté, comme bon nombre d’artistes «Techno» de cette époque, les Rave parties de cette fin de siècle, où ils cotoyaient notamment les Spiral Tribe entre autres, restés eux dans l’underground. Comme les Chemical Brothers, ils ont à la fois une culture musicale Rave et Club, mais aussi un cachet parfois Rock et ouvert sur d’autres styles… comme en 1997, où le groupe réalise la BO du film «The Saint» qui propulse le groupe à des sommets de popularité, déjà atteints en 1994 après leur concert au festival de Glastonburry, considéré outre-manche comme la performance live de l’année. Les années 2000 verront le duo s’essouffler clairement au niveau de la créativité, leur style ayant sûrement atteint ses limites, happé par la nouvelle vague Electro. Ce Wonky incarne le retour créatif du groupe à des niveaux qu’il avait connu dans les années 90, celui d’un groupe culte de la fin de siècle technoïde mais peu connu des nouveaux protagonistes des clubs…
… et le contenu est à un peu à échelle variable, à l’image de la carrière d’Orbital. Tantôt franchement séduisant lorsque l’on retrouve ces maîtres de l’Electronica, agréable à l’oreille sur des titres emprunts de petits sons cristallins et de nappes plutôt voluptueuses, un peu ennuyeux lorsqu’ils nous offrent des boucles maintes et maintes fois entendues et quand ils s’essaient au Dubstep, un genre définitivement pas de leur génération. Mais c’est vraiment un plaisir de retrouver certaines sensations quasi-oubliées, des sonorités très années 90, des beats en 4 mesures loin des pérégrinations très breakées d’aujourd’hui et des arrangements sophistiqués. C’est souvent planant, à la limite de l’ambiant, et quelques incursions House s’infiltrent quasiment sans que l’on s’en rende compte, preuve de la cohérence de l’ensemble. Les featurings de voix féminines, Zola Jesus sur « New France » et Lady Leshurr sur « Wonky » sont bien amenés et servent bien les titres, tandis qu’on s’évade un peu vers l’ambiance perdue des raves sur « Stringy Acid », sans remontées lysergiques pour autant, car le cadre reste très structuré.
Orbital a donc bien encore sa place sur la scène Electro d’aujourd’hui, une place bien sûr pour les nostalgiques d’un son et d’une manière de composer propres à la fin de siècle, mais aussi parce que leur approche quelque peu « vintage » de l’électronique est diablement à la mode. Cela n’était pas gagné d’avance pourtant, car les albums «come-back» sont souvent des coups dans l’eau ou des coups ratés tout court, mais celui-ci déroge à la règle : c’est un album solide, dans lequel on piochera surtout les titres du début («One Big Moment», «Straight Sun») qui sont de vrais réussites planantes, plutôt que les tentatives plus agressives de la fin («Beelzedub») qui correspondent moins à leur univers.
. : Tracklist :.
1. One Big Moment
2. Straight Sun
3. Never
4. New France [ft. Zola Jesus]
5. Distractions
6. Stringy Acid
7. Beelzedub
8. Wonky [ft. Lady Leshurr]
9. Where Is it Going?

