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RDR 2018 : Un vendredi très psyché!

C’est à la fois excités et impatients que nous arrivons le plus tôt possible sur le site du Fort Saint Père. Excités par une programmation très très alléchante et impatients car malheureusement ce sera la seule et unique soirée de concerts pour nous.

#L’insouciance du Villejuif Underground:

Pinte de bière fraîche à la main, casquette sur la tête, lunettes de soleil, on est fin prêt à voir pour la 3ème fois les gars du Villejuif Underground. Ils débarquent sur scène vraiment pas stressés malgré un problème de boîte à rythme pourtant essentielle à leur musique. Une fois ce problème réglé, le concert peut débuter. Le public, déjà nombreux en cette fin d’après midi va rapidement se dandiner sur le titre éponyme “Villejuif Underground”. Emmené par l’australien Nathan Roche “monté sur piles”, comme à son habitude, le groupe enchaîne les morceaux pop façon garage en n’oubliant pas de lâcher des blagues et des petites anecdotes entre chacun d’entre eux histoire de véritablement détendre l’atmosphère. 
C’est spontané, sincère, cool, dansant, marrant et pas trop énervé. Une mise en bouche idéale pour ce début de soirée.

#La reconnaissance méritée de “The Limiñanas”

A peine le temps de remplir le gobelet que The Limiñanas est déjà en train de jouer les premières notes “d’Ouverture”, ce morceau qui porte bien son nom car il introduit l’excellent dernier album “Shadow People” du couple Cabestanyencs (Pyrénées Orientales) . On va pas se le cacher, on fait parti de ceux qui découvrent assez tardivement la qualité du travail de Marie et Lionel Liminanas. C’est même la première fois qu’on les voit sur scène alors que les occasions ont été nombreuses durant les deux dernières années. Première surprise ils sont 7 sur scène (3 guitares, 1 basse, 1 batterie, 1 clavier et 1 tambourin cymbalettes) cela leur permet de réaliser de prenantes envolées tout au long de leur set. Seconde surprise, Marie et Lionel ne chantent presque pas. C’est le second guitariste et ce que l’on pensait être une choriste qui se chargent du chant. Au final, on oublie vite ce détail même si on aurait bien aimé voir débarquer Bertrand Belin pour nous chanter le planant “Dimanche”. Faute de Bertrand Belin, on se contentera d’Anton Newcombe le leader de Brian Jonestown Massacre et producteur de leur dernier album. Anton n’est pas dès plus enjoué (comme souvent), et il aura même besoin d’une feuille volante pour ce rappeler des paroles d'”Istanbul is Sleepy”. On l’attendait mais ce ne fut clairement pas le meilleur moment du concert. On retient surtout la qualité de l’ensemble des morceaux pop garage parfois aux accents Yéyé. Si leur dernier album est plutôt sombre, sur scène la puissance des guitares et le rythme effréné de certains morceaux donnent une autre dimension à leur musique. On finit le concert le sourire au lèvres et conquit par un groupe de rock français qui mérite amplement sa popularité injustement tardive.



#La Pop atmosphérique de Grizzly Bear

C’est également la première fois qu’on a la chance de les voire. Même si le dernier album “Painted Ruins” est moins emballant que les deux précédents “Shields” et “Veckatimest”, on a hâte de voir ce que  cela donne en live. Le groupe originaire de Brooklyn débarque sur scène dans une ambiance plutôt feutrée. Les premières notes de “Four Cypresses” ont à peine débuté que je me vois obligé de mettre les bouchons d’oreilles que je pensais pourtant ne pas avoir à sortir devant un groupe au style plutôt détendu. Les basses sont omniprésentes, elles cachent le chant et gâchent indéniablement le début du concert. La faute à l’ingé son certainement, car quelques morceaux plus tard les basses redescendent à un niveau plus acceptable même si c’est encore loin d’être parfait. On se laissera tout même emporter avec plaisir par les magnifiques “Sleeping Ute”, “Yet Again”, “Mourning Sound” et “Two Weeks”. On finit le concert forcément un peu déçu tant on n’a l’impression qu’être passé à côté d’un moment qui aurait pu être magique avec une basse moins présente.

#La fougue de shame

Pourtant pas convaincus pour leur album “Songs of Praise” sorti en ce début d’année sur le label Dead Ocean, on attendait tout de même avec impatiente de les voir sur scène car on a entendu beaucoup de bien de leurs concerts.

A peine les 5 gars de Brixton sont montés sur scène, qu’ils vont nous envoyer en pleine gueule leur titre “Dust On Trial” histoire de réveiller ceux qui ce sont endormis devant Grizzly Bear. Emmené par l’énergie débordante de leur chanteur/ leader Charlie Steen, le groupe va enchaîner les morceaux s’en laisser le temps au public de reprendre son souffle. Leur morceaux post-punk prennent alors un tout autre sens que sur leur album. Certains pourront dire qu’ils en font un peu trop, nous on trouve cela cool de voir un groupe aussi jeune mettre autant d’énergie et de sincérité dans leur performance sur scène. Cette fougue fera même quelques victimes, notamment 3 ou 4 micros présents sur scène. Sous un jeu de lumière intensifiant leur set, le groupe va même nous gratifier d’un nouveau morceau et de leur tube “Gold Hole”. Shame sur scène c’est effectivement une bien belle expérience. 

#Galette saucisse 1 – 0 Etienne Daho 

Littéralement affamé après ce coup de fouet donné par Shame, il est tant d’aller manger un bout. La galette saucisse c’est ce qui devrait aller le plus vite… Penses-tu, l’attente sera longue, tellement longue, qu’elle nous fera presque louper le début du concert des Black Angels. On s’était pourtant dit qu’on voulait laisser une chance à Etienne même si ce n’est pas notre came. Ce ne sera pas pour cette fois si. On entendra du bon et du moins bon au sujet du concert. Certains s’agacent de le voir programmer à la Route du Rock, d’autres s’en réjouissent et trouvent que Mr Daho aura eu le mérite de rassembler plusieurs générations.  Désolé Etienne, la galette saucisse l’a emporté cette fois-ci, en plus il paraît que tu n’aimes pas ça.

#Le bon trip avec The Black Angels

Nombreux sont ceux à avoir fait l’impasse sur le concert de Daho pour pouvoir être dans les premiers rangs. Programmés sur la petite scène (agrandie pour l’occasion), les texans débarquent dans la pénombre. On comprend vite que nos yeux vont essentiellement être happés par la vidéo projection psychédélique qui colle parfaitement à la musique du groupe. C’est parti pour un voyage dès plus agréable entre son rétro 60/70’s et son actuel. La recette c’est une batterie et une basse aux rythmiques lourdes et lancinantes, des guitares puissantes, la voix si caractéristique d’Alex Maas, des machines et une bonne grosse dose de reverb. Le groupe jongle entre ses cinq albums, tout cela fonctionne à merveille. Finalement la seule déception durant ce concert sera de ne pas avoir eu l’occasion de tirer quelques tafs sur un p . . . . . ! Le trip aurait pu être encore plus jouissif.

#Le final (un peu) décevant des BJM

Quoi de mieux que The Brian Jonestown Massacre pour finir une soirée de concerts aux accents clairement psyché . Le groupe emblématique américain vient de dépasser les 25 ans de carrière et presque autant d’albums et d’EPs à leur actif. Leur dernier album en date est sorti assez discrètement cette année sur le label d’Anton Newcombe (A. Records), leader du groupe. Ce n’est pas une révolution dans la musique du groupe mais ça reste un très bon album. “Les BJM sur scène c’est presque une équipe de foot”! Effectivement ils sont nombreux, 8, 9 voir 10 musiciens sur scène pour certains morceaux. On aurait pu attendre des montées explosives à répétition avec autant de guitares mais malheureusement ce ne sera que rarement le cas. Non pas que le concert a été mauvais car entendre des morceaux comme “Vad Hände Med Dem” ou “Pish” en live c’est quand même énorme. Mais au final le cumule de la fatigue plus le manque d’énergie et d’enthousiasme du groupe laissera un sentiment d’insatisfaction. Peut-être avait-on mis la barre un peu trop haute pour ce dernier concert.

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