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Castle Rat – The Bestiary

Castle Rat avait buzzé l’année dernière avec son premier album Into the Realm. La formule : du doom vintage tendance stoner avec une pointe de heavy, et tout un imaginaire sword & sorcery porté par une chanteuse qui se la joue Red Sonja. Ce genre de groupe « à formule » risquait fort de s’épuiser et de se péter la gueule. Est-ce que leur nouvel album The Bestiary confirme ou est-ce que Castle Rat va retourner dans les oubliettes ?

Castle Rat se présente comme un Medieval Fantasy Heavy Metal band, mené par la Rat Queen, entourée de personnages carrément ringardos – The Count, The Plague Doctor et The Druid – ça fait un peu peur, oui, mais sont-ils au moins bons musiciens ? On y vient… La mission de ces intermittents des donjons : défendre « The Realm » contre leur ennemie jurée, Death Herself, alias The Rat Reaperess. Une direction artistique qui pourrait sembler parodique à force de références – l’heroic fantasy sauce D&D, les pochettes volontairement kitsch (un cheval déguisé en licorne !), les clips aux filtres VHS – mais qui finit par convaincre. Pourquoi ? Parce que la musique suit. Elle est même sincèrement super cool, tout en restant complètement raccord avec cette DA éclatée.

Avec The Bestiary (sorti le 19 septembre 2025), Castle Rat signe un disque plus affirmé et plus varié que son prédécesseur. Là où Into the Realm posait surtout l’univers et la recette, avec des titres assez imparables il faut bien le dire(nous avions d’ailleurs classé l’album dans les meilleurs de 2024), The Bestiary élargit la palette : riffs doom épais mais accrocheurs, accélérations heavy, passages plus mélodiques voire orchestraux, et toujours cette touche stoner brumeuse. La production est volontairement rétro mais suffisamment claire pour laisser respirer les compos, et la voix de la Rat Queen trouve ici plus d’ampleur et de nuances, capable de passer du chant clair à des inflexions plus rugueuses.

Les critiques anglo-saxonnes soulignent que The Bestiary réussit le pari de transformer un gimmick en identité : on vient d’abord pour l’univers fantasmatique, mais on reste parce que les morceaux tiennent la route. Et c’est là la vraie surprise : derrière le cosplay et la DA over the top, Castle Rat balance un heavy doom qui accroche et qu’on retient. L’album est constellé de titres fédérateurs, que j’ai hâte de découvrir sur scène (au Westill Fest, par exemple). Ainsi, Wolf I, ouverture massive et fédératrice, où le riff principal claque comme un appel aux armes.

Ou encore Wizard, titre plus mélodique, très catchy, et sans doute un des morceaux qui résume le mieux l’équilibre entre ironie et sérieux qui fait le charme du groupe.

On pourrait aussi parler des riffs énormes de Siren ou de Dragon, des envolées cinématographiques de Crystal Cave. Les « Castle Rats » ont pris du poids et la prod de l’album a gagné en épaisseur par rapport au précédent opus.

Bref, Castle Rat réussit à transformer l’essai. The Bestiary confirme qu’ils ne sont pas qu’un feu de paille TikTok, que la Rat Queen n’est pas qu’un appât à gros stoners beaufs ou un énième clone doom revival, mais un groupe capable de construire un univers cohérent et finalement assez fun, avec assez de musicalité pour donner envie d’y retourner.

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Tracklist

1. PHOENIX I 02:15
2. WOLF I 04:37
3. WIZARD 04:57
4. SIREN 03:41
5. UNICORN 06:30
6. PATH OF MOSS 01:34
7. CRYSTAL CAVE 04:55
8. SERPENT 03:21
9. WOLF II 03:20
10. DRAGON 03:19
11. SUMMONING SPELL 02:37
12. SUN SONG 06:12 13. PHOENIX II 01:17

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