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GOLD – “Maintenir une tension c’est quelque chose de très cool, mais à un moment il faut la libérer…”

Nous vous parlions récemment du quatrième album de GOLD, « Why Aren’t You Laughing ? ». Le sextuor hollandais a produit l’effet d’une bombe dans nos playlists, avec leurs ambiances étranges, contrastées et bourrées d’énergie. Bref, ce groupe inclassable est notre coup de cœur du moment, et alors qu’ils effectuaient leurs balances sur l’une des scènes du Hellfest, on a pas pu résister à l’envie de leur envoyer un message. Chose incroyable, Thomas a décroché son téléphone quelques minutes avant de monter sur scène pour nous donner rendez-vous ! C’est parti pour une interview totalement improvisée…

Comment vous sentez-vous en sortie de scène ?

Milena : Heureux ! Oui, je suis heureuse !

Thomas : Oui ! Heureux, aussi ! Il y avait vraiment beaucoup de monde face à nous, même si jouions tôt ce matin. C’est la première fois qu’on joue au Hellfest en tant que Gold, mais pour certains des membres du groupe c’est la 7e fois qu’on joue ici. On a même joué au Fury Fest !

On a découvert GOLD avec votre dernier album en date, un véritable coup de cœur pour nous, quels retours du public et de la presse avez-vous reçus depuis sa sortie ?

Thomas : On a reçu de supers bons retours. Les gens ont vraiment compris ce que l’on voulait transmettre avec notre musique : des émotions. Le public a réagi de manière très émotionnelle, certains ont pleuré en l’écoutant pour la première fois… c’est dingue ! On a mis beaucoup d’efforts et de nous-même dans cet album et franchement, le résultat dépasse toutes nos attentes. Les médias ont vraiment bien cerné ce que l’on voulait faire. J’ai trouvé que les articles décrivaient particulièrement bien notre musique.

Why Aren’t You Laughing? est votre quatrième album. On vous découvre seulement maintenant en France, quels sont vos principales réussites avant cela ?

Thomas : Je pense qu’à chaque sortie d’album on a réussi à toucher notre propre public de niche. Au fil des années, le projet GOLD est devenu plus clair pour nous : qui on est, comment on veut sonner, … Tout le reste ce sont des à-côtés : toucher plus de monde, jouer au Hellfest. Le plus important ces dernières années, c’était de se concentrer sur nous et notre musique. On revient en France en septembre, on est impatient de voir comment le public va réagir !

Ce quatrième album a obtenu une meilleure couverture que les précédents ?

Thomas : Oui ! En France c’est incroyable, on a eu une couverture beaucoup plus importante ! Et puis, on joue devant plus de monde. Par exemple, pendant un concert au Hellfest, on joue face à plus de personnes que pendant toute une tournée !

Milena : C’est une sorte de reconnaissance, qui nous fait très plaisir.  

Votre musique est très riche et il est difficile de définir ce qui vous influence – on y trouve du post rock, du black metal, de l’ambient – que cherchiez-vous à atteindre avec ce nouvel album ?

Thomas : On voulait juste créer la musique que nous seuls faisons. Tous les membres du groupe sont des individualités qui amènent un peu de leur force créatrice. J’ai toujours trouvé bizarre qu’en tant que musicien tu fasses ce que beaucoup d’autres personnes ont déjà fait avant toi…   

Milena : On évite de produire une musique trop stéréotypée et pleine de clichés. C’est beaucoup plus facile de jouer la musique qui nous plait, et si c’est cliché alors tant pis ! On ne se bride pas, on n’essaye pas de produire quelque chose de tendance. Au contraire, on écrit ce qui nous vient à l’esprit pour produire une musique qui nous fait envie. D’ailleurs, nos morceaux évoluent beaucoup durant le processus de composition, les nouvelles idées abondent notre musique de manière très organique. Ca aurait été plus « facile » pour nous d’être étiqueté comme appartenant à tel ou tel genre – notre public nous comprend parce qu’il nous écoute en concert ou sur album, mais pour les personnes qui nous lisent ou ne nous ont pas encore découvert, c’est beaucoup plus compliqué de comprendre quel genre de musique on joue.

Il y a une certaine violence latente dans votre musique, une énergie très contenue qui a un moment se libère…

Thomas : C’est marrant ! Lors de la sortie de notre précédent album, on nous reprochait souvent que cette énergie restait contenue sans jamais exploser.

Milena : C’est un peu comme un repas dans ma famille ! (rires) On essaye de se retenir de pas dire la vérité qui fâche, jusqu’à ce que tout le monde se crie dessus !

Thomas : Maintenir une tension c’est quelque chose de très cool, mais à un moment c’est bon pour tout le monde que cette énergie se libère : pour le public et même pour toi en tant qu’artiste. Ça donne du relief à ta musique, ça évite que cette tension paraisse juste superficielle.

C’est une direction vers laquelle vous souhaitez évoluer ?

Thomas : On n’a pas écrit une seule nouvelle note depuis la sortie de l’album, donc c’est difficile de dire comment nous allons évoluer. Ca ne me dérangerait pas de produire un album plus violent !

Milena : Qui sait ?…

On retrouve aussi cette violence dans la pochette de l’album. La scène est très étrange, on ne sait pas s’il s’agit d’un viol ou d’amour…

Milena : On a choisi cet artwork justement parce qu’on ne sait pas exactement ce que l’on regarde. On ne sait pas si cette femme va bien ou si elle a besoin d’aide. La femme est à la fois vulnérable et très sauvage. Les hommes en costumes donnent aussi un côté glamour à l’image, avec beaucoup de contraste.

Thomas : Il y a tellement d’interprétations possibles ! Certaines personnes disent que c’est un acte de violence, d’autres qu’il s’agit d’une scène sexuelle, d’une scène de fuite… Bizarrement, personnellement, je l’interprète comme un acte de réconfort ! Il y a tellement d’interprétations possibles et je pense qu’elles sont toutes bonnes, dans une certaine mesure.

Milena : On a travaillé avec une photographe en Hollande, Daniëlle Van Ark. On la connait depuis un moment. La photo existait déjà dans un format beaucoup plus grand, on a travaillé avec elle pour en faire la pochette d’album.

Vous êtes six sur scène, c’est beaucoup ! De plus en plus de groupes rationnalisent leur modèle pour des raisons économiques, mais aussi parce qu’il est plus facile de se coordonner à deux ou trois musiciens plutôt qu’à cinq ou six… Comment gérez-vous cette complexité ?

Milena : Artistiquement, je considère que c’est véritablement une force. Surtout avec trois guitares, on peut superposer différentes nappes… Je ne voulais pas avoir un groupe uniquement pour l’argent, et avec GOLD on peut jouer ce que l’on veut sur scène !

Thomas : Si on pouvait, on ajouterait carrément d’autres instruments, pour avoir encore plus de possibilités pour composer ! On a un super groupe en ce moment, on s’entend vraiment bien, et il n’y a aucune raison de changer cela !

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