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Funny Ugly Cute Karma, l’interview !

Cette petite araignée s’appelle Doreline, je ne pense pas qu’elle serait heureuse de l’apprendre parce que c’est un mâle en fait !

Adeline “Chaos Heidi” Bellart (ex-chanteuse d’Asylum Pyre et guest chez Mylidian ou Elferya), également prof de chant à Paris spécialisée voix saturées au sein d’Inside the Scream, présente son nouveau projet Funny Ugly Cute Karma avec un Ep prometteur de quatre titres dont une reprise de System of a Down, composé et enregistré avec Dorian Gilbeau, guitariste multi-instrumentiste. Le 18 septembre, Vacarm a pu poser quelques questions à Adeline au Feelgood des Halles (Paris). Retour sur cet entretien.

Peux-tu m’en dire un peu plus sur ta rencontre avec Dorian ?

On se connaît depuis quelques années déjà, je suis arrivée en région parisienne courant 2015, on s’est rencontrés à ce moment là. Il était prof de guitare, j’étais sur mes cours de chant. Intéressé par le chant, il est venu prendre des cours et avec le temps on a sympathisé. On habite dans la même ville, à 500 mètres, donc on se croisait assez régulièrement, on suivait un peu ce que chacun faisait, lui avait des petits projets de groupes, il a eu beaucoup de trucs qui ont démarré mais qui ont capoté, il n’a pas eu de chance. A l’époque, j’étais avec mon ancien groupe Asylum Pyre et quand je suis partie d’Asylum je ne savais pas trop ce que j’allais faire, je n’avais pas spécialement prévu de plan B, je savais juste que j’étais arrivée à la fin avec ce projet là. J’ai été contactée immédiatement après par un groupe qui se montait, avec un projet intéressant, on a bossé ensemble pendant quelques mois et ça n’a pas abouti, c’est des choses qui arrivent. Pendant ce temps là j’avais fait des textes, des lignes de chant, j’avais des idées de compos et je suis repartie avec. C’était dommage, il y avait des trucs qui me plaisaient bien. J’en discute un peu avec Dorian avec l’intention de lui proposer de remonter un truc en partant de ce que j’avais fait avec ce groupe et il m’a devancée en le proposant lui-même. Les grands esprits se rencontrent !

C’était il y a combien de temps ?

Printemps 2017. Je lui ai filé les idées que j’avais, les textes, les lignes de chant, les ambiances. Ce n’était pas facile pour lui parce qu’on part plus souvent de l’inverse, de la musique sur laquelle on met du chant et ça a super bien fonctionné. Le tout premier morceau qu’on a commencé à bosser ensemble c’était “Shelter” et comme on était contents du résultat on a continué. Au début on ne tirait pas trop de plans sur la comète et on s’est pris au jeu, ça a fonctionné, on a persisté et on est partis sur un projet construit avec un vrai objectif quand on a vu qu’on était sur des bons rails. Le projet est né comme ça.

Une fois que l’Ep a été prêt, qu’on a tout composé et finalisé à deux, parce que c’était plus pratique comme ça, on a voulu la vraie énergie d’un groupe pour jouer nos titres, à deux c’était un peu dommage. On est donc partis à la recherche de trois musiciens*, un deuxième guitariste et basse/batterie pour compléter, et on est au complet depuis fin avril/début mai.

*Mortek à la 2nde guitare (ex-Mylidian), Nacim à la basse (ex-Sideblast, HoldyourHorses), Axel à la batterie (Wreck Plus, Elfika)

Vous allez « étrenner » cette formation à cinq le 19 octobre pour la release party. Avec un Ep de quatre titres dont une reprise, qu’allez-vous proposer ce soir là ? Vous avez d’autres titres en « stock » ?

Oui. L’idée c’était de faire ce premier Ep pour sortir quelque chose qui soit un peu une “carte de visite”, montrer qu’on est là, poser notre univers et commencer à faire travailler un peu la fan base pour arriver après avec un album qui ne sort pas de nulle part. On fait faire le sale boulot à notre Ep en quelque sorte ! (rires). On a continué à composer une fois l’Ep prêt, on avait encore d’autres idées et là on a trois morceaux de plus finalisés et d’autres encore en chantier. Pour le moment, on va faire surtout des petits concerts, des premières parties, on n’a pas une heure et demi de set, ça viendra plus tard. On continue à travailler sur les morceaux qui figureront sur le prochain album, on va en rajouter au fur et à mesure de l’année et ces morceaux vont passer l’épreuve du live avant l’enregistrement.

Revenons sur le nom du groupe. L’idée c’était de trouver un nom à partir du mot Fuck ?

Il y a un peu de ça. Se trouver un nom, c’est toujours une phase épineuse pour les groupes, on voulait un truc un peu percutant, qui interpelle, qui retienne un peu l’attention, parce que c’est de la com hein le nom du groupe ! Avec « Fuck » il y avait quelque chose mais tout seul c’est un peu vain, un peu facile et je trouvais sympa l’idée de l’acronyme parce qu’on ne le dit pas immédiatement que c’est « fuck ». Et quand on a cherché les mots qui pouvaient convenir avec F U et C K, on a trouvé ces mots là et en fait il y a une cohérence dans le tout, ça correspond vachement bien à l’esprit du groupe. Le côté funny, alors clairement la partie fun est hyper importante dans ce qu’on fait, ugly/cute j’aime bien l’opposition, le fait qu’on ait deux choses complètement différentes, ça peut aussi se rapporter à la pochette, le fait d’avoir mis l’araignée, elle est à la fois mignonne et ça reste une araignée, un truc qui souvent génère un petit côté répulsion chez les gens, et puis karma j’aime bien. Karma, l’idée de destinée, de ce que tu ne maîtrises pas, du chemin de vie qui t’amène tu sais pas encore bien où, ça résume bien l’esprit du projet, la personnalité de Dorian et moi. Une fois qu’on a eu collé ces mots là on s’est dit parfait ça nous va bien et ça a du sens pour nous

A l’écoute de l’Ep, il y a des choses tellement différentes qu’on se demande un peu quelle sera la “couleur” de l’album, le style musical dominant.

Le fait qu’il y ait peu de titres sur un Ep, seulement trois compos, c’est moins facile de trouver la ligne directrice que sur un album, je pense qu’avec le live et les autres titres ça va déjà donner des indications là-dessus. C’était vraiment une volonté de notre part de ne pas se mettre de barrières. C’est vrai qu’il y a des couleurs un peu différentes sur ces trois morceaux mais à l’intérieur desquels tu trouves quand même des choses qui sont cohérentes musicalement, sur la construction, sur les façons de jouer, sur le type d’harmonies, sur le chant. Je pense que ça va s’affiner avec l’album mais on continuera à avoir une espèce de champ un peu large.

Le choix du français pour “Nuage de maux” ?

Celle-ci on l’a faite en français parce qu’elle est venue comme ça. L’ambiance du morceau, ce qui s’en dégageait etc, j’ai entendu du français. Je le sentais bien comme ça, ce n’était pas spécialement calculé. Même si l’anglais sera certainement majoritaire dans nos compos, on ne se ferme pas la porte. Si on sent qu’on va pouvoir donner quelque chose d’intéressant en français on le fera. J’aime aussi l’idée d’aller défendre un petit peu ça. Il y a une musicalité dans l’anglais qui colle très bien au metal mais quand on réussit à aller caser du français et à en être content je trouve ça bien parce que le français est souvent rejeté quand même dans le metal. Ça rappelle tout de suite soit les vieux groupes de heavy des années 80, soit des trucs un peu ringards. C’est facile de se planter avec le français (rires).

“Nuage de maux” n’interpelle pas seulement parce qu’il est en français mais aussi par rapport à tes variations dans le chant. On pourrait presque imaginer qu’il est interprété par deux ou trois chanteuses différentes.

D’où le côté schizo ! (rires)

C’est facile de passer d’un chant à l’autre sur scène ?

J’ai l’habitude. C’est devenu simple parce que je le pratique. Je donne des cours de chant clair comme saturé. Je me suis spécialisée sur les voix saturées rock, metal, etc avec Inside the Scream, j’ai beaucoup d’élèves qui viennent pour ça, pour apprendre à faire les sons saturés correctement. J’ai commencé à chanter comme tout le monde d’abord sur du chant clair normal donc je pratique les deux, je peux enseigner les deux aussi et j’aime bien quand c’est varié. Je m’ennuie quand ça chante tout le temps pareil. Et j’aime bien varier à l’intérieur d’un même morceau plein de types de chants différents parce que ça t’emmène ailleurs, ça amène du relief, de la variété, parfois ça peut surprendre, certains adhèrent d’autres pas, tant pis, moi je ne peux pas faire autrement et puis ça colle bien avec ce qu’on fait. Je crois que Dorian est aussi taré que moi donc ça part dans tous les sens.

Vous avez trouvé un label ?

On a signé avec un petit label français, M&O Music. Un premier Ep ce n’est pas facile à sortir, à distribuer mais je voulais avoir une distribution correcte parce que pour donner une chance à ton Ep d’être vu, entendu, vendu etc, si tu le vends que de la main à la main à tes potes c’est pas gagné. J’avais donc contacté quelques labels en France qui soient cohérents en terme de taille avec un nouveau groupe et qui avaient une distribution professionnelle. Ça collait avec M&O qui était intéressé par le projet, a bien voulu le signer, le supporter et grâce à ça on a une distribution chez Season of Mist et un peu à l’étranger aussi. C’est un bon départ pour avoir des bonnes bases et arriver ensuite avec un album qui aura déjà une présence, un public, une oreille attentive. L’Ep sert à faire ce travail là.

Les titres de l’Ep seront repris sur l’album ?

Au début on se disait que ce serait le cas et puis finalement ce n’est pas sûr du tout, peut-être qu’on n’aura que des inédits.

L’album devrait sortir quand ?

On vise la première moitié de 2020, ça fera un an et demi après la sortie de l’Ep, ça nous paraît pas mal. Mais si ça doit prendre trois mois de plus ce n’est pas grave. Il faut privilégier le fond plutôt que de se dépêcher de sortir un truc.

En dehors de la release party vous avec des dates de concerts prévues ?

Ça se travaille, c’est le gros dossier ! La release party c’est ce qui va tout lancer, on va pouvoir montrer un peu ce que ça donne sur scène. Tout va se débloquer, se concrétiser dans les mois qui viennent et le but c’est de jouer un maximum sur 2019 pour aller chercher un peu le public et aller défendre cet Ep sur scène. Le live c’est très important surtout dans le rock metal. C’est une musique vivante.

Vous avez sorti un clip, un autre est en préparation avec un invité, Manard du groupe Ultra Vomit. Tu peux m’en dire un peu plus ? C’est un pote à toi ?

Il est invité dans le clip en tant que figurant, je ne veux pas trop spoiler pour l’instant. Pote c’est un bien grand mot parce qu’on ne se connaît pas énormément mais on était en contact depuis quelques années, on avait déjà discuté plusieurs fois, on s’était un peu croisés et puis comme on a fait un choix thématique un peu “geek” sur ce prochain clip et que ça lui va bien, j’ai tout de suite pensé à lui. Je suis allée lui proposer et il était dispo au moment où on tournait le clip, il est venu sur Paris, on s’est bien marrés c’était super sympa. Ultra Vomit est très exposé, c’est quelque chose de cool pour nous de l’avoir dans le clip c’est évident mais ça s’est fait très simplement. Le clip devrait sortir au mois de novembre, un mois après l’Ep.

Un mot sur la reprise Radio/Video (SOAD cover)”. Pourquoi celle là et pas une autre ?

On a choisi System parce que ça faisait partie de nos influences et moi de mes groupes préférés et ce titre avec chant clair, chant saturé, le côté ça chante super cool et d’un seul coup ça hurle, collait très bien avec l’esprit de FUCK. On a choisi de faire une reprise pour une raison un peu stratégique. Nouveau groupe, nouveau projet, faire une cover c’est aussi un autre moyen d’aller chercher du public, des gens qui vont peut-être s’intéresser au groupe par le biais de la cover, plus facilement que par le biais des compos. C’est aussi pour donner un peu des indications au public sur ce qu’est notre univers, nos influences. Ça permet de nous situer parce que comme tu l’as dit toi même, c’est très varié, ça peut être compliqué de ressortir de quelle étiquette on vient et le fait est qu’on ne vient pas d’une étiquette.

Vous avez les mêmes influences ?

On en a en commun, on se retrouve sur plein de choses mais c’est très vaste. Dorian va écouter des choses hyper variées même dans du classique, du jazz, des trucs je sais même pas d’où ça sort. Moi c’est un peu pareil. Même si j’ai une base très rock metal je vais facilement écouter des choses dans la pop, le rock, l’électro, le classique aussi et quand tu vas digérer tout ça forcément tu as des petits trucs qui ressortent à droite à gauche, on a une base musicale extrêmement large et on ne s’interdit pas d’aller piocher dans des choses qui sont pas que metal.

Parlons un peu de l’araignée sur la pochette de l’Ep

C’est une photo que j’ai prise. Si tu regardes bien, c’est écrit « affranchir au tarif poste ». L’araignée est sur l’emplacement d’un timbre poste, ça te donne une idée de sa taille ! Elle est minuscule, quelques millimètres. J’aime bien la macro-photographie, je photographie beaucoup d’insectes. Pour la petite anecdote, j’étais arachnophobe à la base, je me suis soignée en prenant les araignées en photo et quand j’ai découvert qu’il existait des trucs aussi rigolos, aussi what the fuck que des araignées comme ça avec des yeux vert métallisé, des pattes orange j’ai trouvé ça dingue. C’est quelque chose que j’aime bien et je trouve que ça collait bien avec l’esprit du groupe parce que la macro-photographie c’est mettre d’un seul coup en très gros plan des choses que personne ne remarque, tu passes à côté, tu les ignores, et puis essayer de rendre un peu sympathique voire mignon un animal qui à la base va plutôt suggérer la répulsion chez la plupart des gens, personne ne va faire ça parce que ce n’est pas très sexy.

Cette araignée serait plus le symbole du groupe que de l’Ep ?

Oui. Au tout début on ne l’a pas vraiment fait exprès et puis on s’est dit qu’il y avait quelque chose avec cette araignée, qu’on pouvait jouer dessus. On va garder un peu ce concept d’avoir une espèce de mascotte. On lui a donné un nom, elle s’appelle Doreline pour Dorian et Adeline (rires). Voilà cette petite araignée s’appelle Doreline, je ne pense pas qu’elle serait heureuse de l’apprendre parce que c’est un mâle en fait !

Comment tu sais ?

J’ai lu pas mal de bouquins sur les araignées. Celle-ci est une espèce d’araignée que l’on appelle les araignées sauteuses, son petit nom latin c’est SaitisBarbipes et c’est un mâle. T’es contente de l’apprendre hein ? rires

Le mot de la fin ?

On espère qu’on va avoir un max de gens sur scène, on a envie de rencontrer notre public, on a eu des supers retours sur ce clip qui est sorti depuis même pas une semaine donc tout ça est hyper encourageant.

Merci à Adeline et bien évidemment à Roger de Replica Promotion pour ce sympathique échange !

Before It Was Cool : Sortie physique et digitale prévue le 12 octobre 2018 via M&O Music/Season of Mist. Tracklist : “On the Run”- 3’52 – “Shelter”-4’05 – “Nuage de Maux”-5’39 – “Radio/Video (SOAD cover)”-4’22

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