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Aluna Festival #11 : samedi 16 juin, Catherine Ringer, Patrick Bruel, IAM

L’Ardèche Aluna Festival a entamé sa deuxième décennie sous le soleil et dans la bonne humeur : ShakaPonk, Suprême NTM et Catherine Ringer ont donné de la voix devant 50 000 festivaliers !

Pas un nuage à l’horizon ! C’est chaussé de lunettes de soleil que le duo Cats on Trees a enchaîné les douces mélopées à l’Aluna festival. Les Toulousains ont proposé plusieurs titres de leur nouvel album « Néon » sorti en mars 2018, toujours aussi doux et entraînants.

Une silhouette juvénile s’est glissée en dansant sur la grande scène de l’Aluna ; sous son béret crocheté, la tresse interminable de Catherine Ringer ondule comme une queue de chat. L’artiste a enchaîné les titres comme autant d’histoires échangées avec le public, une rétrospective de tout ce qui a été partagé avec lui pendant ces décennies. Et dans le public, les éclats de voix vont bon train ; on se raconte les souvenirs liés aux chansons en chaloupant sur Marcia Baila, les vieux amis rient en improvisant une chenille sur Le petit train… Les concerts de Catherine Ringer s’apparentent davantage à des invitations dans son univers extraordinaire et on est ravis de ces rendez-vous délicieusement fantasques.

L’Aluna aura été sa préférence à lui ; l’immortel Julien Clerc a posé sa valise, et malgré la qualité indéniable de sa prestation, l’enchaînement avec Catherine Ringer aura été douloureux. La différence de style est telle que l’interprète de Mélissa nous paraît antédiluvien (et un poil soporifique).

Il était en haut de l’affiche, mais le bras cassé de Charles Aznavour l’a forcé à annuler sa venue. C’est le coeur pincé que l’on a rejoint la grande scène pour voir son remplaçant. Et pourtant, vingt ans après s’être dit rendez-vous dans dix ans, « Patriiiiiick » Bruel fait toujours crier les groupies. La tentation de le trouver ringard était forte, mais Patriiiiiiick a le sens de la scène et un show pensé pour faire bouger le public.

L’ambiance était rock n’roll jusqu’à l’arrivée de son nouveau single, « Ce soir on sort », dédié aux victimes des attentats de Paris. Si l’intention était bonne (appeler à sortir et à rire malgré la peur) et les briquets de sortie, c’est un parpaing bien lourd qui est tombé dans l’estomac des spectateurs lorsque Patrick s’est mis à fredonner la Marseillaise.

Alors Patrick, regarde un peu. Dans un festival, foule oblige, les sentiments sont simples et de masse : on est comme dans un match de foot. Oui, ta Marseillaise sera reprise, chantée bras dessus, bras dessous, ou même poing levé. C’est efficace, c’est facile, tu l’as bien compris et calculé. Mais tu te donnes la peine d’ériger l’acte simple et sain de sortir s’amuser en arme la plus belle et la plus efficace contre l’horreur. Pourquoi foutre en l’air cette belle idée en la faisant suivre d’une Marseillaise complète ? Je ne compte pas les échanges de regards effarés que j’ai vus ce soir-là, lorsque résonnait « qu’un sang impur abreuve nos sillons ». Le malaise était palpable dans des groupes entiers.

Mais après tout, pourquoi refuser d’invoquer un symbole national, dans une lutte pour la liberté au pays des droits de l’Homme ? Simplement parce que si l’hymne national est censé rassembler, il n’en est pas moins une chanson sanguinaire qui rabaisse le Français au même niveau de bêtise crasse que les terroristes dénoncés. Il appelle à une violence justement honnie. Appeler à la violence dans un festival, un lieu de partage potentiellement menacé où on doit justement lutter en riant et en écoutant de la musique, simplement, c’est plus que maladroit. Appeler à l’horreur face à l’horreur, en se l’appropriant d’une voix douce et émue, ça démontre simplement la malhonnêteté de la démarche, l’appropriation d’un sujet douloureux mais universel pour lancer un nouvel album.

Alors Patrick, garde-la ta chanson si tu veux, mais vire-moi cette partie Marseillaise indélicate. Pense à ceux qui luttent vraiment pour la paix face au terrorisme et respecte-les.

C’est donc avec les oreilles bourdonnantes et une humeur légèrement maussade que l’on accueille les tant attendus IAM. Si le groupe  aurait pu avoir sa place dans la soirée de vendredi davantage axée hip hop, le jeu de scène minimaliste n’aurait pas tenu la comparaison avec leurs comparses de Suprême NTM. Le set se veut plus contemplatif, dans un décor impressionnant entièrement pensé autour de l’album mythique l’Ecole du micro d’argent. Une expérience qui fait la part belle à l’écoute des paroles, toujours tristement d’actualité malgré quelques adaptations mineures de certains textes à mesure des années.

La soirée s’est clôturée avec la venue de l’anglaise Lily Allen, reconnue il y a une dizaine d’années pour ses chansons pop aux accents ensoleillés. Changement de couleur de cheveux, changement d’environnement : la chanteuse axe ses nouvelles chansons vers une electro plus mature et aussi plus sombre parfois. On sent sa nervosité à proposer ses nouveaux titres au public français qu’elle avait délaissé depuis quelques années, mais pas de souci à se faire pour elle ! La réception a été très positive et le festival joliment clôturé grâce à sa prestation.

 

Photos : Ugo Schimizzi

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