
Raunchy semble avoir définitivement trouvé son style, désormais bien détachable des influences des débuts qu’étaient Fear Factory ainsi que Strapping Young Lad. A l’image de Mnemic, formation avec laquelle les danois partagerons de fortes similitudes, Wasteland Discotheque présente des ambitions popisantes toujours plus poussées. Le matériau de base restent fort heureusement le même, les musiciens se fendant d’un mélodeath synthétique carré et ultra-efficace, rappelant par certains côtés le In Flames de la bonne époque, le tout se voyant bardé d'éléments cybernétiques (le très bon « Straight To Hell », « To The Lighthouse »). Si les constructions de guitares ne présentent rien de bien novateur, ces dernières demeurent extrêmement bien pensées et dressent une série de compositions entraînantes et énergiques, bien que l’ossature ne diverge à aucune occasion de la formule gagnante couplet / refrain / couplet. Mais à ces squelettes basant toutes leurs cartes sur un côté accrocheur et immédiat s’ajoutent les différentes interventions du binôme Jeppe Christensen / Jesper Tilsted, qui viennent apporter un indiscutable côté rafraîchissant à des morceaux qui ne font par ailleurs pas preuve d’une technicité exacerbée pour se démarquer de la concurrence. En charge de l’habillage électronique de la musique de Raunchy, les deux musiciens suffisent presque à lui conférer une dimension originale, les musiciens usant du sample et des claviers avec un véritable savoir-faire. La composante s’avère une nouvelle fois loin d’être superficielle, et greffe au morceaux des parties hypnotisantes et futuristes qui s’accordent à merveille à une dimension mélodique toujours plus prégnante (l’introduction de « Warriors », reprise quelques secondes plus tard par une guitare chantante, le break de « A Heavy Burden »).
Mais si Raunchy se dirige à grand pas vers un cyber-metal à forte dominante mélodique, c’est avant tout grâce à la participation de son chanteur Kasper Thomsen, qui aura réussi en seulement deux albums à faire prendre un virage bien marqué à la formation. Si son timbre vocal demeure toujours aussi proche de son prédécesseur, Thomsen présente une palette encore plus large que sur Death Pop Romance, et pose sur bandes quelques envolées vocales superbement maîtrisées qui suffiront à attribuer aux morceaux un incontestable potentiel « tubesque » (« Showdown Recovery », la reprise du classique des eighties « Somebody’s Watching Me », qui présente des refrains propices à une véritable démonstration de chant clair). Le gaillard n’en bâcle pas pour autant ses parties plus virulentes, et adjoint aux couplets des performances totalement convaincantes en matière de hurlements burnés (le rapide « Somewhere Along The Road »). Le travail de Kasper Thomsen est d’autant plus bluffant que celui-ci fait preuve dans ses vocaux d’une véritable cohérence, le chant clair plus présent que par le passé se mariant sans problème à la violence du côté obscur du frontman. Redoutable.
Doté d’un chanteur capable d’accoucher de refrains de haute volée, Raunchy aura une nouvelle fois réussi à lui laisser un terrain d’expression adéquat en composant des instrumentations propices à l’intégration de mélodies imparables. Wasteland Discotheque ne laisse pas pour autant s’insinuer un quelconque sentiment d’opportunisme, et s’inscrira sans peine dans l’évolution des derniers travaux du groupe. Une totale réussite.
.: Tracklist :.
01. This Blackout is Your Apocalypse
02. Somewhere Along the Road
03. The Bash
04. Warriors
05. Straight to Hell
06. Welcome the Storm
07. Wasteland Discotheque
08. Somebody's Watching Me
09. A Heavy Burden
10. To the Lighthouse
11. Showdown Recovery
12. The Comfort in Leaving

