Kitty, Daisy & Lewis ne forment pas un groupe ordinaire. Les trois frères et sœurs concoctent un mélange intelligent de RnB & blues, de country trempée dans le whisky, de percussions issues tout droit de la jungle hawaïenne et un bon coup de beatbox avec Daisy ! Il n’est pas évident de les classer d’ailleurs. On imagine la prise de tête des disquaires au moment de mettre leur album dans une catégorie quelconque.
Ils sont montés pour la première fois sur scène pour un jam de country et de rockabilly dans un pub au nord de Londres. Des années plus tard, cette petite famille obsédée par la musique des années 50, la mode et la technologie s’est construite un public solide grâce au bouche à oreille et après avoir été reçue avec les honneurs au cours des concerts et des festivals. Kitty nous a parlé de comment ils ont enregistré « The Third », qui est sorti en mars 2015, juste avant de poser leurs instruments dans la salle de l’Atelier à Luxembourg le 30 octobre 2015.
Bonjour Kitty ! Parle-nous un peu de ton enfance ! Depuis combien de temps fais-tu de la musique ?
Bonjour Nathalie ! Je fais de la musique aussi loin que je m’en souvienne. Quand nous étions petits, mon père avait pour habitude de jouer de la guitare et de chanter. Il vient d’une grande famille en Inde et en fait c’est ce que lui a toujours vécu étant enfant, donc il a repris ce même schéma. Ma mère aussi aime beaucoup la musique. Nous avions un piano à la maison et quand nous avions de grandes réunions de famille, tout le monde ramenait des guitares. Nous avions aussi pour habitude d’aller au pub en famille pas loin de chez nous et il y avait de la musique tous les dimanches après-midis. Un jour le propriétaire de ce pub, nous a demandé de venir jouer de la musique. Ensuite d’autres gens ont voulu qu’on aille faire de la musique chez eux et ça a fait boule de neige. On peut dire que tout est arrivé un peu par accident.
Quelles sont tes influences musicales principales ?
C’est très dur de répondre à cette question. Je ne veux pas commencer à citer tel ou tel artiste, car je vais en oublier la moitié. Je vais donc citer mon père et ma mère. Ce sont les deux personnes qui nous ont fait découvrir la musique. Mes influences comprennent donc tout ce que nous avons pu écouter quand nous étions petits : des disques inconnus des années 1960, que j’affectionne tout particulièrement aujourd’hui, en passant par des artistes archiconnus comme Elvis Presley par exemple.
Qu’est-ce que tu écoutes en ce moment dans ta voiture ou sur ton iPod ?
Je ne pourrai pas te citer de noms, mais j’écoute des remixs techno, des instru de guitare et aussi du jazz de la Nouvelle-Orléans. C’est donc très éclectique.
Les professionnels ont souvent du mal à vous classer dans un courant musical en particulier. Quelle description te frustre le plus ?
On dit souvent que nous sommes « rockabilly », ce qui est mensonger pour moi. On a des influences parfois rockabilly, oui, mais notre musique ne l’est pas du tout. C’est assez frustrant de lire ça. Nous incorporons des influences de blues, surtout dans l’album avant celui-ci et dans le dernier. C’est pour cette raison que je trouve cela injuste de dire de nous que nous sommes « rockabilly ». C’est assez réducteur.
Sais-tu dans quelle catégorie, les disquaires vous classent ?
La dernière fois que j’y ai jeté un œil, ils nous avaient mis dans la partie « alternative ». (rires !)
La catégorie « fourre-tout » en somme.
Tout à fait !
Tu y as fait mention, parlons donc maintenant du dernier album « The Third » ! Raconte-nous dans quelles conditions vous avez enregistré les morceaux !
Cela faisait un moment que nous voulions avoir notre propre studio pour pouvoir enregistrer mais aussi répéter les morceaux. Nous voulions avoir notre propre matériel mais rester dans l’analogique. Nous avons acheté un ancien restaurant indien qui était à l’abandon depuis 15 ans au moins. Cela nous a pris trois ans pour enlever toutes les horreurs qu’il y avait à l’intérieur. Les anciens propriétaires avaient tout laissé. Tout ! Il y avait de la nourriture moisie, des rats et beaucoup d’autres choses indéfinissables. Au bout de ces trois ans, nous avons commencé à installer le matériel, ce qui fait que le délai de sortie de cet album a été décalé à plusieurs reprises. Maintenant, on est heureux. On a notre propre studio et le son de l’album s’en ressent. Nos albums précédents nous les avions enregistrés dans une petite arrière-salle et le son était très « petit ». Là, on peut dire que le son est plus « grand » et légèrement « posh ».
Comment avez-vous approché Mike Jones pour qu’il produise cet album ?
Nous le connaissions déjà depuis un bon moment. On se croisait souvent dans Londres ou dans ses environs. Quand on s’est posé la question de savoir qui allait le produire, le nom de Mike est venu tout de suite à l’esprit. Lewis l’a croisé au Notting Hill Carnival et lui a proposé de venir jouer des morceaux avec nous. Il est venu, a pris sa guitare et a joué nos morceaux avec nous pendant cinq mois. Nous pensions qu’il allait produire une ou deux chansons, finalement il a produit tout l’album. Le fait qu’il répète avec nous a fait qu’il connaissait presque mieux que nous les morceaux et il n’a pas arrêté de nous encourager, même quand nous doutions ou quand nous étions en manque d’inspiration. Grâce à lui, les enregistrer en studio, a été un jeu d’enfant.
J’ai lu dans une interview précédente que celui qui écrivait la chanson était aussi celui qui la chantait. C’est toujours le cas ?
Oui, absolument. On pense tous que quand quelqu’un écrit un morceau, c’est parce qu’il a quelque chose de spécial à dire et à faire sortir. Je ne trouverais pas cela juste de chanter la chanson de Lewis ou de Daisy. En puis on aime alterner dans notre tour de chant et on laisse à chacun son style de chant bien particulier. C’est ce qui fait aussi notre force.
Enfin notre question rituelle: Beatles ou Rolling Stones et pourquoi ?
Je vais prendre les Rolling Stones pour leurs influences blues. Ma mère avait des disques d’eux et j’ai donc grandi en écoutant leur musique. Je pense que le blues a eu une grande influence sur ma façon de composer donc je vais leur rendre hommage ainsi.
Propos recueillis par : Nathalie Barbosa pour Vacarm.net



