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Interview : Flying Donuts – Motocultor 2014

À vingt ans de carrière quasiment, les Flying Donuts sont loin d’avoir pris la grosse tête. C’est dans la bonne humeur que nous avons croisé les auto-proclamés “popeux” du Motocultor Festival.

Bonjour, pour commencer, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs qui ne vous connaissent pas ?

Ben, je suis batteur du groupe.
Salut, moi je suis Manu, le bassiste.
Et Jérémy, je joue de la guitare et je chante.

Est-ce que vous pouvez nous parler du concert de ce festival ? Vous jouez du nouveau ou du vieux ?

On a sorti un nouvel album en avril. Après une vingtaine de dates, on clôture la série de concert de l’été ce week-end, après nous faisons une pause en septembre. On joue pas mal de nouveaux morceaux, et on pioche dans notre répertoire d’anciens, aussi, les morceaux les plus énergiques, pour coller à l’esprit métal du festival.
On est super contents d’être ici, mais on se sent un peu les « popeux » de ce festival (rires).

Donc vous vous sentez un peu en décalé, par rapport à cette affiche métal ?

C’est le première fois, vraiment, qu’on joue dans un festival typé métal. Il y a plein de groupes qu’on veut voir ce weekend. Après, au fond, on reste un groupe de rock, notre recette c’est mélodie et énergie, donc ça passe super.

Le métal fait tout de même partie de vos influences, donc ?

Oui complètement, ça fait partie des trucs qu’on écoute. C’est marrant, parce qu’au fond pour les métaleux, on est trop punk, et pour les punks trop métaleux (rires).
On a toujours le cul entre deux chaises, mais on réfléchit pas trop à tout ça, on joue ce qu’on aime sans se prendre la tête sur le style. Si on veut mettre des breaks métal dans des titres bien punk, on se prend pas la tête, on le fait.

Quatre mois après la sortie de votre album, vous ressentez la réception comment ? Au niveau des fans et de la presse ?

Plutôt bien ! Je t’avouerai qu’heureusement qu’il y a des webzines pour chroniquer nos disques ! On a rien dans la presse nationale, on y a plus accès, dans ce qu’il reste. Tu vois, on a commencé en 1996, ça fait presque vingt ans, on a connu l’avant internet, le fanzine papier, et tout le folklore autour : cassette, correspondance par timbre, et compagnie. Beaucoup des magazines qu’on aimait ont disparu, et heureusement qu’aujourd’hui il y a les webzines, pour des groupes comme nous. La presse nationale qui existe encore, au fond, ne correspond plus à ce qu’on fait.
On a eu beaucoup de nos morceaux dans des samplers, et ça aidait beaucoup. Tu le voyais, en concert, c’est le morceau du sampler qui était le plus repris par le public. Aujourd’hui, c’est différent, on est un peu noyés dans la masse. Et l’économie générale du disque a changé, les distributeurs n’en vendent quasiment plus, parce que les gens téléchargent, et les magasins finissent par disparaitre. Même si on reste toujours super attachés au physique.

C’est quoi votre secret de longévité pour arriver à vingt ans de carrière ?

Déjà, on est que trois ! (rires) Il y a une fratrie, aussi. Mon frère et moi avons grandi dans une famille de musiciens, et avec Manu on est potes d’enfance. On répète toujours à la maison, on y va quand on veut, on a pas beaucoup de contraintes par rapport à ça.
Aussi, on a tous évolué, dans nos vies personnelles, en même temps. On a été intermittents à une époque, on s’est mis à fond dans le musique. Et au bout d’un moment, on s’est assis autour d’une table et on s’est mis d’accord sur le fait qu’il fallait qu’on reprenne un job, alimentaire entre guillemets. Et de continuer à faire de la musique de façon passionnée.
Le jour où l’on arrête de rigoler en tournée, aussi, on comprendra qu’il sera temps d’arrêter.

Est-ce que vous comptez faire un truc particulier pour vos vingt ans, dans deux ans ?

On devait faire un truc pour nos dix ans et on attend toujours (rires). On aimerait bien, mais on verra.

Votre titre « Great Power of Adaptation », ça parle de vous ?

Oui, plus ou moins. Ce morceau vient des expériences personnelles, et ce pouvoir qu’on a eu chacun de nous d’adapter nos vies professionnelles et notre passion pour la musique. Si tu t’adaptes, tu gagnes en puissance.

Pour vous, qui représente l’avenir du punk en France ?

Oula, c’est une question complexe. Il y a dix ans, les Burning Heads disaient nous, et aujourd’hui, tu vois bien, on n’est pas les têtes d’affiche (rires).
Je pense qu’il y a toujours un avenir pour les gens qui sont passionnés, de toute façon. Même si aujourd’hui, le hardcore mélo, ou encore le punk à roulette, c’est un peu dans le creux de la vague, ça n’est pas pour ça que les gens passionnés arrêtent. Et ça, c’est le principal. J’ai pas d’exemple en tête, mais il y a aura toujours des groupes pour faire vivre le style, même si on ne prête plus trop attention, nous.
J’ai envie de retourner un peu la question, et dire : qui aujourd’hui, met encore une claque en concert ? Et c’est les Burning Heads qui me viennent en tête. C’est les vétérans du punk, et ils sont encore là. Ça fait plaisir de voir des mecs de quasi cinquante ans qui font encore ça avec le sourire.


Et vous vous voyez encore faire ça dans dix ans ?

Carrément, on espère, si on est toujours aussi motivés. Même si ça passera par de l’adaptation. De toute façon, la musique, c’est une addiction, donc à mon avis, on continuera, quoi qu’il arrive.

On vous a sûrement déjà posé la question, mais votre nom, ça vient d’où ?

Ah oui, on vient de nous la poser, ça doit interroger pas mal !
La vraie histoire, c’est qu’il y a pas trop d’histoire. On a fondé le groupe à 15 ans, on était fan des Simpsons. Enfin pour gratter un peu plus, on était aussi fans de la mouvance grunge, particulièrement des Smashing Pumpkins, et il y avait pas mal de groupes avec des noms qui ne voulaient rien dire, et on n’avait pas spécialement envie de faire passer un message particulier, donc voilà, ça sonnait bien, c’était fun.

Et José Records ?

C’est notre structure associative, qui gère le groupe. Qui nous permet de rester indépendants.

Pourquoi ce choix de bosser en autoprod ?

Et bien déjà, ça a longtemps été une obligation ! On vient de la culture DIY, et on a fait les choses nous même, et on continue de se dire que sans faire les choses nous même, on n’aurait peut être jamais rien fait. Et pour être honnête, on garde quand même le contrôle.

C’est le conseil que vous donneriez à un groupe qui débute ?

Complètement. Il faut savoir se sortir les doigts du c**, sans griller les étapes. Il y a beaucoup de jeunes groupes, qu’on voit aujourd’hui, et je suis super choqué de voir qu’après le concert, il n’y a pas de disque mais déjà des t-shirts et du merchandising.

Un groupe à pas manquer ce weekend ?

Kreator. Mais aussi Entombed.

 

Propos recueillis par Colin Fay pour Vacarm.net.

Merci au trio pour son temps.

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