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Interview de Turbowolf – “On ne veut pas se restreindre artistiquement”

Quelques mois après la sortie de “The Free Life“, en pleine tournée de promotion aux Etats-Unis, Chris, le chanteur de Turbowolf a accepté de répondre à nos questions.

J’ai le sentiment personnel que Turbowolf a atteint un autre niveau depuis la sortie de son précédent album, “Two Hands“. Cela est probablement dû à différents facteurs, partagez-vous cet avis ? Comment l’expliquez-vous avec le recul de ces deux dernières années ?
Chris : Nous avons certainement appris de nombreuses leçons en produisant notre premier album, pour obtenir ce résultat avec “Two Hands”. Cet album marque aussi le début de notre collaboration avec notre très bon ami et producteur, l’extraordinaire Tom Dalgety. Il était fait pour cet album dont nous sommes fiers aujourd’hui.

Comme sur votre premier album, vous avez enregistré votre nouvel opus à la maison avec Tom Dalgety. Pourquoi faire ce choix de ne pas aller en studio et quel impact cela a pu avoir sur le résultat final ?
Chris : Nous avons enregistré la batterie en studio, mais le reste s’est fait dans nos appartements. Cette façon de faire signifiait pour nous de pouvoir passer plus de temps à expérimenter avec les sons et obtenir l’exact résultat, ou aussi proche, que nous le souhaitions. Nous sommes vraiment très satisfaits du résultat.

Nombre de vos amis apparaissent sur l’album (Chantal Brown de Vodun, Mike Kerr de Royal Blood, Joe Talbot d’IDLES, Sebastian Grainger de Death From Above 1979…). C’était une volonté dès le départ d’inclure autant de monde ou est-ce venu au fur et à mesure de l’enregistrement ?
Chris : Nous savions que nous voulions faire intervenir d’autres artistes sur cet album. Nous avons été suffisamment chanceux pour réussir à impliquer autant de personnes aussi talentueuses. Et, ça s’est très bien combiné. Nous leur avons demandé s’ils voulaient chanter ceci ou cela, et nous sommes arrivés à faire participer nos artistes favoris sur l’album !

“The Free Life” est un album encore plus saturé et fuzzy que le précédent. Il dégage une énergie intense et profonde avec des touches psychédéliques. Que souhaitiez-vous atteindre ?
Chris : Nous voulions écrire les meilleurs morceaux possibles, et sonner quelque part entre les deux premiers albums. Je me sens particulièrement satisfait du résultat.

Vous avez diffusé une première version du titre “The Free Life”, presque un an avant la sortie de l’album. La version finale a été remasterisée ultérieurement. Pourquoi l’avoir diffusé si tôt ? Etait-ce un moyen d’obtenir des retours de vos fans en vue du futur album, ou un simple moyen de capter leur attention ?
Chris : Nous avons diffusé ce morceau au début du cycle de production de l’album, ce qui est justifié à notre époque. C’est un moyen de laisser chacun savoir que nous étions de retour et que la sortie d’un nouvel album approche. Rien de plus, rien de moins sinistre que ça.

J’ai lu que vous avez passé près de deux ans à composer l’album. Cela explique probablement sa diversité. Comment avez-vous maintenu une certaine cohérence au final ? Je suppose que vous avez dû jeter des tonnes d’idées pour vous concentrer sur le meilleur ?
Chris : Nous avons toujours pour objectif de produire un album que tu as envie d’écouter du début à la fin. Cela t’en dit plus sur le genre de morceaux qu’on écrit et où on le place dans la tracklist. Je pense que la cohérence vient du fait que nous composons seuls, Andy et moi.

Chris, tu as changé ta façon de chanter. J’adore “Blackhole” où tu dégages une énergie incroyable dans le plus pur style punk, et tu es très créatif dès qu’il faut monter dans les aiguës. A l’opposé, Andy semble plus direct dans son jeu de guitare massif. Ça doit être difficile de mettre toute cette créativité en boite ?
Chris : Je pense que nous essayons juste rester excités quand il s’agit de composer, et surtout de ne pas nous restreindre artistiquement. Le reste se met en place naturellement.

J’adore vos vidéos, très “bizarres”, avec des tonnes de références au cinéma horrifique, avec des ambiance tziganes, etc. Comment vous est venu l’idée de vos récents clips, “Cheap Magic” et “The Free Life” ?
Chris : Nous essayons de faire en sorte que les vidéos correspondent à l’esthétique de notre musique, et du groupe plus généralement. Cela a toujours été important pour nous de communiquer la vision du groupe.

Comment avez-vous rencontré Ewan Jone Morris et Casey Raymond, à l’origine de vos clips ?
Chris : Ils avaient produits des vidéos, autres que pour des groupes de rock, qu’on avait beaucoup apprécié. Nous voulions travailler avec des artistes qui partagent le même état d’esprit distordu que nous, mais qui provenaient d’univers artistiques différents. Ils étaient non seulement talentueux, mais aussi très heureux de collaborer avec nous. Du coup, on a réalisé 4 clips avec eux !

Les paroles de l’album semblent liés par l’idée de liberté. Le morceau le plus expressif est votre single “The Free Life”, avec un refrain direct (“Science / Magic / All things in between / Freedom / Free will / Free life is a dream”). Comment cela t’es venu ?
Chris : J’ai fait un rêve, et en me réveillant j’avais ces mots qui tournaient en boucle dans mon esprit…

Bristol – la ville d’où vous provenez – est profondément connectée à l’histoire artistique britannique. Portishead, Massive Attack, Tricky, Idles ou Banksy viennent tous de Bristol. Est-ce que la ville a joué un rôle dans votre expansion ?
Chris : Bristol est une ville incroyable pour grandir en tant que groupe. C’est une ville abordable pour vivre et faire de la musique. Aussi, il y énormément de groupes de musique et d’artistes plus généralement, non seulement intéressants, mais qui ont aussi été une source d’inspiration. Bristol fut un très bon point de départ, néanmoins, nous avions toujours les yeux tournés vers l’ailleurs, et l’envie de voyager à travers le monde.

Turbowolf n’a pas beaucoup joué en France ces dernières années. Peut-on s’attendre à vous voir en 2018 ?
Chris : Oui ! Nous devrions être là !

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